Extraits d'articles de presse sur le livre

Dimanche 15 janvier 2006 7 15 /01 /2006 20:09
Interview dans l'édition du 14 janvier du Dauphiné Libéré
«On peut parler d'un scandale de la dioxine» BOURGOIN-JALLIEU. Vincent Nouzille participera à la conférence organisée mercredi par le groupe écologique et reviendra sur les résultats de son enquête sur les incinérateurs

Vincent Nouzille, journaliste d'investigation: « La France a longtemps été à la traîne au niveau européen ...Il faut maintenant qu'elle rattrape son retard et qu'elle fasse de la santé publique sa priorité »,

Journaliste d'investigation, Vincent Nouzille n'hésite pas à s'attaquer aux sujets sensibles. Après avoir étudié les mafias corses, il se lance durant un an dans une enquête sur les polluants et la multiplication des risques de contamination. Dans"Les empoisonneurs" (éditions Fayard 2006), il consacre notamment plusieurs chapitres aux Incinérateurs et aux risques auxquels s'exposent leurs riverains,

Qu'est-ce qui a motivé le choix d'un tel sujet? .

"C'est un sujet tellement sous-traité ou mal traité par les médias.Je pense notamment à l'amiante. A t-on retenu ta leçon ? La réponse est non, Alors que la contamination ne cesse d'augmenter, Chaque année, on dénombre entre 10000 et 20000 cancers d'origine professionnelle sur 300 000 environ. Seulement 1000 à 1500 sont reconnus.
Lors de mes recherches, j'ai rencontré un ouvrier d’Arkema à Jarrie,cela fait sept ans qui se bat pour faire reconnaître son cancer comme maladie professionnelle liée au benzène. Son employeur conteste devant les tribunaux, On voit là tout l'archaïsme du système de droits et de prévention. On sait aujourd'hui que si les liens directs entre certains cancers et la pollution urbaine ou les pesticides ne sont pas prouvés, les risques ne sont pas nuls. "

Vous avez enquêté sur les incinérateurs en France, que peut on dire ?

C'est un peu le même problème pour les deux millions de personnes qui vivent à proximité des inciné¬rateurs en France, Si on prend le cas de Gilly-sur-Isère, toutes les études auront bien du mal à prouver que le cancer de telle ou de telle personne soit en lien avec l'incinérateur. Mais on sait par les expériences menées en laboratoire que la dioxine accroît le risque. La mobilisation des citoyens peut parfois surfer sur des psychoses, mais le système d'information en France est, dans ce cas là, à la limite du soviet suprême, C'est un peu comme le nuage de Tchernobyl, on a voulu nous faire croire qu'il s'était arrêté juste avant la frontière française.,,
Moi, je suis journaliste, je ne suis pas télécommandé, Je suis là pour expliquer et je peux dire qu'on peut parler d'un véritable scandale de la dioxine, "

Que pouvez-vous dire au sujet de l'incinérateur de Bourgoin-Jallieu?

Il n'y a qu'à visiter le site du ministère de l'Écologie qui publie tous les chiffres, l'usine d'incinération est restée longtemps hors normes, Comment mesurer ce qui s'est passé jusqu'à présent ?La dernière loi entrée en vigueur le 28 décembre 2005 impose des normes de plus en plus sévères. Seront-elles appliquées ?. Les deux analyses par an obligatoires sont-elles significatives ? La France a longtemps été à la traîne au niveau européen il faut maintenant qu"elle rattrape son retard et qu'elle fasse de la santé publique sa priorité. »
Recueilli par Christelle Carmona .

Conférence le mercredi 18 Janvier à 20 h 30 à la maison de quartier Pré-bénit. Seront aussi présents Thierry Billet (avocat dans le procès de Gilly-Sur-Isère) et les représentants de la CLIS de l’usine d'incinération. Renseignements au 04 74 43 97 07.
Par NOUZILLE - Publié dans : Extraits d'articles de presse sur le livre
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Jeudi 2 février 2006 4 02 /02 /2006 10:57
Article dans l'édition de février 2006 du mensuel économique L'Expansion

L'EXPANSION/25/01/2006

Substances chimiques : l'overdose
L'Expansion

Trois livres mettent en cause le lobbying des industriels - et la passivité des politiques - dans la banalisation des produits toxiques.

Attention, notre environnement nuit gravement à la santé. Alors que l'Europe est en train d'adopter la directive Reach (acronyme anglais pour « enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques »), destinée à mieux connaître les effets sur l'homme de 30 000 substances très utilisées mais jamais testées, plusieurs ouvrages nous rappellent que l'explosion des cancers, des maladies neurodégénératives (Alzheimer), des allergies ou des problèmes de stérilité n'est pas étrangère à la diffusion dans la nature d'un inquiétant cocktail de toxiques.

Le journaliste scientifique Frédéric Denhez, dans Les Pollutions invisibles, bat en brèche deux dogmes utilisés par ceux, industriels ou politiques, pour qui il reste urgent de ne rien faire : la « valeur seuil », c'est-à-dire la dose au-dessous de laquelle une molécule n'aurait pas d'effet, et le défaut de preuve irréfutable, souvent « interprété comme la preuve de l'absence de risque ». Il explique comment les scientifiques ont commencé à soupçonner la dangerosité de certains produits (mercure, plomb, cadmium, étain, dioxines, solvants, détergents, pesticides...) sur notre métabolisme.

Dans Les Empoisonneurs, Vincent Nouzille démonte à travers une enquête très fouillée les rouages qui sont à l'origine du scandale de l'amiante (60 000 à 100 000 morts attendus d'ici à 2030) : des industriels qui jouent la montre, des politiques plus attentifs aux risques économiques qu'aux alertes des toxicologues, et une interdiction tardive (en 1997) malgré des risques soupçonnés depuis près d'un siècle. Pour mieux nous faire comprendre ensuite que l'histoire se reproduit, avec les pesticides, les gaz d'échappement des moteurs Diesel, les dioxines émises par nos incinérateurs ou le formaldéhyde, substance classée cancérigène que l'on trouve dans des colles, des peintures, des encres, des cosmétiques, des produits d'entretien, des désodorisants d'intérieur ou le bois aggloméré des parquets et des meubles !

La France, en effet, est un cancre en matière de prévention, et les lobbys s'activent sans mal à freiner les initiatives gênant leurs affaires, comme le raconte André Aschieri dans Silence, on intoxique. Cet ancien député, à l'origine de la création de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale, dont il est vice-président, a vécu de l'intérieur les péripéties de cette institution. Créée par un vote du Parlement en 2000, mise sur les rails en 2002, elle n'est toujours pas dotée de moyens à la hauteur de ses objectifs.

Les trois auteurs placent de grands espoirs dans la directive Reach. Mais les lobbys de la chimie sont déjà parvenus à faire diminuer de 100 000 à 30 000 le nombre de substances concernées, et ont obtenu la suppression de l'obligation de remplacer les produits dangereux...
-Les Pollutions invisibles, Frédéric Denhez, Delachaux et Niestlé, 254 pages, 19 euros.
-Les Empoisonneurs, Vincent Nouzille, Fayard, 480 pages, 22 euros.
-Silence, on intoxique, André Aschieri, La Découverte, 234 pages, 16 euros.
Stéphanie Benz
Par NOUZILLE - Publié dans : Extraits d'articles de presse sur le livre
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