Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /2006 10:56


Un article du www.lejournaldel'environnement.net fait le point sur les dernières discussions concernant la directive air: c'est peu encourageant!


 

Directive sur l'air: position peu ambitieuse du Conseil

24/10/2006 14:28
Lors du Conseil environnement, lundi 23 octobre, les Vingt-cinq sont parvenus à un accord politique concernant la prochaine directive sur l’air. Leur position, qui va dans le sens des propositions de la Commission, ne prend pas en compte les inquiétudes des professeurs européens de santé publique.

Gouverner
par Claire Avignon



Le 23 octobre, les déclarations du Conseil de l’environnement et de la Commission européenne ont été l’occasion d’assister à un décalage entre les déclarations officielles et la réalité des mesures annoncées. Tout le monde s’accorde sur le diagnostic. Ainsi, selon le Conseil, «il est reconnu que, malgré des améliorations significatives de la qualité de l’air en Europe dues à la législation et d’autres facteurs, la pollution atmosphérique continue à avoir de sérieux effets sur la santé et l’environnement.» De son côté, Stavros Dimas, commissaire européen à l’environnement, explique: «Chaque année, 370.000 personnes en Europe meurent prématurément de maladies liées à la pollution de l’air, 350.000 d’entre elles à cause des particules fines, dites PM-2,5.»

Pour autant, le Conseil a repris la plupart des propositions de la Commission européenne, critiquées par les professeurs de santé publique pour leur insuffisance (1). D’abord, il souhaite garder les normes actuelles pour 7 polluants (dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, plomb, PM-10, monoxyde de carbone, benzène et ozone troposphérique). Ensuite, les Etats membres veulent introduire une norme pour les PM-2,5 de 25 microgrammes par mètre cube (µg/m3) en moyenne annuelle (valeur cible pour 2010, puis valeur obligatoire pour 2015). Un plafond qui ne posera problème que dans les régions européennes les plus polluées. Pour comparaison, la norme américaine est de 15 µg/m3 et la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 10 µg/m3.

Enfin, le Conseil veut rendre plus flexible la directive. «Lorsque les Etats membres peuvent démontrer qu’ils ont pris toutes les mesures raisonnables pour mettre en oeuvre la législation mais qu’ils ont besoin de plus de temps pour atteindre les normes de qualité de l’air dans certaines zones, il est proposé de leur permettre de demander, sous certaines conditions, une prolongation limitée dans le temps pour être en conformité dans ces zones», indique le communiqué du Conseil. Ainsi, certains Etats membres pourront avoir une prolongation de trois ans après l’entrée en vigueur de la directive pour les PM-10, et de cinq ans pour le dioxyde d’azote et le benzène.

En raison du blocage de plusieurs Etats membres (Allemagne, Grèce, Pays-Bas, et Pologne) sur toute sévérisation des normes actuelles et de l’absence de volonté au niveau de la Commission, la directive air ne semble pas à la hauteur des enjeux de santé publique. Et ce, malgré le soutien du Danemark, de la France, du Royaume-Uni et de la Suède à une directive plus ambitieuse. Peut-être parce que les mesures à mettre en place ne pourraient pas se limiter à des normes sur les sites industriels et les véhicules neufs. Des limitations plus strictes exigeraient une refonte de la politique de transports publics, difficile à mettre en œuvre à l’échelle communautaire.

Seule avancée de la proposition de directive de la Commission, les Etats membres devront réduire de 20% l’exposition des personnes aux PM-2,5 entre 2010 et 2019. Un objectif qui devrait rester non contraignant après l'adoption de la position commune, au prochain Conseil de l'environnement, et la seconde lecture, qui devrait aboutir à un accord au premier semestre 2007.

Par NOUZILLE - Publié dans : Risques environnementaux
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Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /2006 14:26

Le Monde

Une enquête sur l'exposition professionnelle aux pesticides


 
La Mutualité sociale agricole (MSA) a annoncé, mardi 17 octobre, qu'elle lancerait, en novembre, une enquête épidémiologique nationale sur le rôle de l'exposition professionnelle aux pesticides dans la survenue d'une maladie de Parkinson. Cette étude sera menée avec l'unité 708 de l'Inserm et l'Institut de veille sanitaire. En mai, le tribunal des affaires de Sécurité sociale de Bourges (Cher) a reconnu pour la première fois comme maladie professionnelle la maladie de Parkinson d'un ancien salarié d'une exploitation agricole.

 
Le rôle favorisant de l'exposition professionnelle aux pesticides dans la survenue d'une maladie de Parkinson est "une hypothèse plausible, qu'il faut encore conforter, explique le docteur Alexis Elbaz, de l'unité 708 de l'Inserm. Différentes études ont montré un accroissement du risque chez les agriculteurs, mais il faut démontrer que cela est bien attribuable aux pesticides."

EVALUATION RÉTROSPECTIVE

La démonstration est compliquée. L'évaluation rétrospective oblige à demander à des personnes souvent âgées les produits qu'elles ont utilisés vingt ou trente ans auparavant et pendant combien de temps elles s'en sont servies. De plus, parmi les centaines de molécules utilisées comme produits phytosanitaires, il faut établir lesquelles sont en cause, en excluant d'autres facteurs de risque.

Médecin chef et responsable de la médecine du travail à la MSA, le docteur Jean-Pierre Grillet précise que la Sécurité sociale des agriculteurs a déjà travaillé sur le sujet. "L'étude cas-témoin Terre, menée entre 1999 et 2001 par la MSA et l'unité 708 de l'Inserm, a trouvé un risque de faire une maladie de Parkinson multiplié par 1,9 chez les personnes exposées pendant plus de quinze ans aux pesticides. C'est un surrisque comparable à celui de faire un cancer du poumon pour un fumeur passif."

La nouvelle étude surveillera la fréquence de la maladie de Parkinson parmi les affiliés de la MSA en recensant les produits utilisés et les durées et modalités d'utilisation. Elle démarrera dans quatre départements et régions : Charente-Maritime, Limousin, Gironde et Mayenne. Les résultats ne seront pas disponibles avant plusieurs années. La MSA a aussi lancé en 2005 l'enquête Agrican sur le lien entre les activités agricoles et l'apparition de cancers. Plus de 115 000 personnes y participent. Les premiers résultats de cette étude devraient être connus en 2008.

Paul Benkimoun

Par NOUZILLE - Publié dans : Pesticides
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 16:09
L'association des victimes des pollutions de Gilly-sur-isère se bat contre l'oubli et l'enterrement de première classe du dossier judiciaire sur l'incinérateur de la ville. Cinq ans après l'arrêt de l'usine polluante, l'ACALP organise une conférence de presse demain sur place.
Ci-dessous leur communiqué de presse.


CONFERENCE DE PRESSE  ACALP
Vendredi 20 octobre 2006 à 14 heures
devant l'incinérateur de gilly sur isere
 
La catastrophe de GILLY SUR ISERE,
cinq ans après la fermeture de l'incinérateur :
Une volonté politique de banalisation du mal
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L'Association Citoyenne Active de Lutte contre les Pollutions (ACALP) vous invite à une conférence de presse pour faire le point de la situation 5 ans après la pollution massive de l'environnement par la dioxine.
 
L'ACALP doit en effet faire face à des attaques sans précédents qui visent à « dédramatiser » la catastrophe de GILLY SUR ISERE.
 
●      Le procureur de la république se répand dans la presse pour dénigrer le travail de ses collègues de l'instruction et viole le secret de l'instruction pour dédouaner les responsables de la catastrophe et entraver la sérénité du travail du magistrat instructeur.
 
●      Le Ministre CLEMENT a refusé de lui accorder le statut d'association de victimes de manière à l'exclure de la procédure pénale qu'elle a pourtant été la seule à porter.
 
●      L’ACALP ainsi que l’association Alliance, la CFDT, la Confédération Paysanne sont  déclarés irrecevables par le juge d’instruction.
 
●      Le pourvoi contre l'annulation de la mise en examen du préfet BISCH est juridiquement impossible car le Parquet général n'a pas formé de pourvoi : comme dans l'affaire de l'amiante, les textes protègent les délinquants en col blanc...
 
●      L'étude médico-légale n'a procédé qu'à des analyses de sang alors que les dioxines sont hydrophobes : elle se fixent dans les graisses ; les parties civiles demandent des analyses des tissus graisseux de toutes les personnes malades ou décédées.
 
●      Une étude épidémiologique complémentaire, comparant le nombre de cancers de la zone contaminée par rapport à celle d'une zone neutre, n’a pas été réalisée : à l’inverse, le procureur tente de limiter la pollution dans un secteur d'un kilomètre autour de l'usine. Comme pour TCHERNOBYL, le nuage de dioxines et de métaux lourds se serait arrêté à la limite des zones habitées !
 
Des animations seront organisées dont un lâcher de ballons*  à l’issue de la conférence de presse, symbolisant la dioxine et autres polluants emportés par le vent pendant des années.
* en latex naturel 100 % biodégradable
 
Pour tout renseignement complémentaire,
Merci de téléphoner à Mme Dominique FREY téléphone 06 87 49 64 06 – après 17 h
 
 
Association Citoyenne Active de Lutte contre les Pollutions
Mairie - CD 925 - 73200 GRIGNON
www.acalp.org
Par NOUZILLE - Publié dans : Incinérateurs et dioxines
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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 17:18
Article paru ce jour sur lejournaldelenvironnement.net

Reach: l’autorisation et la substitution divisent toujours

11/10/2006 15:58
Hier, la commission de l’environnement du Parlement européen a présenté les points sur lesquels elle veut se battre jusqu’au bout: la substitution des substances les plus dangereuses, le devoir de vigilance, l’alternative aux tests sur les animaux et les aides aux PME.

Maîtriser

dans le JDLE Reach: le Parlement à nouveau dans la bataille Reach: premier round de la deuxième lecture Reach: le Parlement veut modifier l’information du public

 

pour aller plus loinREACH : Comment vous mettre en conformité

 

Mardi 10 octobre, la commission environnement du Parlement européen a adopté le rapport de Guido Sacconi, député socialiste italien, dans le cadre de la deuxième lecture du règlement sur l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques (Reach). Avec une majorité de 42 voix pour, 12 contre et 6 abstentions, le rapporteur italien se dit conforté pour négocier avec le Conseil.

Le premier point sur lequel la commission de l’environnement ne veut pas transiger est la substitution des substances les plus dangereuses et la limitation de leur autorisation à 5 ans. Une autorisation que les industriels n’obtiendraient que si trois conditions étaient remplies: s'il «n'existe pas de substance ou de technologies alternatives appropriées», «si les avantages socio-économiques l'emportent sur les risques qu'entraîne l'utilisation» de ces substances pour la santé et l'environnement, et si ces risques peuvent être «valablement maîtrisés». Cette position déjà affirmée lors de la première lecture n’est pas du goût du Conseil qui préférerait une lecture plus souple des deux principes. Optimiste, Guido Sacconi a pourtant évalué ses chances d'aboutir à 70%.

Cela devrait être le principal enjeu des négociations qui pourraient s’achever avant même le vote en séance plénière du Parlement. Car les deux institutions aimeraient trouver un accord le plus rapidement possible. En effet, en janvier, l’Allemagne qui prendra la présidence du Conseil ne pourra plus défendre aussi vigoureusement son industrie chimique.

Dans l’amendement 5, Guido Sacconi a introduit le «devoir de prudence», notion voisine du principe de précaution. Selon le député, le devoir de prudence permet de «définir la responsabilité qui incombe à l'industrie pour une manipulation et une utilisation sûres de toutes les substances chimiques», quel que soit leur volume de fabrication. «L'industrie sera tenue non seulement de remplir les obligations spécifiques prévues par Reach, mais également d'honorer les responsabilités fondamentales de l'entreprise dans le domaine social, économique et environnemental», justifie le rapporteur.

La commission de l’environnement a également réitéré sa position sur l’expérimentation animale. «La réglementation Reach devrait assurer la promotion de l'expérimentation  non animale », est-il indiqué dans un communiqué. La commission souhaite donc que la Commission européenne, les Etats membres et les entreprises allouent un plus grand volume de ressources pour l’expérimentation non animale.

Concernant les PME, le rapporteur souhaite que des mécanismes d’aide soient mis en place. La commission «demande que les Etats membres adoptent des mesures d'aide spécifiques pour permettre à ces entreprises la réalisation des essais nécessaires  pour recueillir les informations exigées par le règlement et qu'ils mettent en place, en coopération avec la Commission, un réseau d'assistance générale aux PME», précise le communiqué.

Par NOUZILLE - Publié dans : REACH réglementation des produits chimiques
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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /2006 19:14

Les émanations d'une petite usine métallurgique sèment le trouble en Lozère

LE MONDE | 09.10.06 | 15h54  •  Mis à jour le 09.10.06 | 15h54
MENDE CORRESPONDANCE
Les habitants de Pont d'Archat, petite zone artisanale du nord de la Lozère, à Rimeize, remuent ciel et terre pour fermer l'entreprise Plasma. Celle-ci, ouverte en février 2005, applique sur des plaques métalliques un revêtement de surface à base de nickel et de chrome. Elle emploie dix salariés et travaille pour le compte de Sollac, une filiale d'Arcelor.

Depuis son installation, les riverains souffrent de troubles de la respiration, de démangeaisons et certains ont la langue gonflée. Selon Marie-Hélène Auguoy, la plus proche voisine de l'établissement, "c'est à cause des poussières rejetées dans l'environnement, qui contiennent ces métaux".

La justice s'est saisie du dossier. En juillet, le procureur de la République à Mende a ouvert une information pour "fonctionnement sans autorisation", mais aussi pour "blessures involontaires", sur la base d'une expertise médicale qu'il avait demandée.

DIRECTIVE SEVESO

A Pont d'Archat, Plasma s'est installée sur une zone artisanale dont le cahier des charges stipule que "seuls des artisans peuvent s'installer à côté de leur maison d'habitation". Les riverains affirment que Plasma n'a pas ce statut même si Brigitte Limagne, l'avocate de l'entreprise, estime que "c'est une entreprise artisanale".

Demandé par Plasma, un rapport récent - mais non contradictoire - de l'Apave, un organisme privé de contrôle, semble aller dans le sens de l'industriel. "Ce rapport lève toute ambiguïté sur la pollution supposée. En revanche, comme mon client n'est pas mis en examen, je n'ai pas accès à l'expertise médicale", ajoute Me Limagne.

Le passé de Plasma ne plaide pas pour elle. L'entreprise est arrivée en Lozère alors qu'elle venait d'être fermée pour pollution excessive dans le Puy-de-Dôme. Le préfet y avait d'ailleurs estimé qu'elle relevait de la directive Seveso sur les installations dangereuses. Le préfet de Lozère devra lui aussi vérifier si une telle entreprise est bien adaptée aux zones artisanales et rurales de son département.

Jean-Pierre Amarger
Article paru dans l'édition du 10.10.06
Par NOUZILLE - Publié dans : Risques environnementaux
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