AMIANTE et les suites

Lundi 16 janvier 2006 1 16 /01 /2006 19:15
A lire une enquête intéressante du journal de l'environnement sur les déchet d'amiante. En dépit de dispositions réglementaires, ils sont très mal contrôlés, 30 à 40% environ terminant dans la nature... Dans "Les Empoisonneurs", nous avons soulevé ce problème et cité quelques-uns de ces sites où des déchets sauvages d'amiante se sont accumulés, sans provoquer à ce jour beaucoup de réactions officielles... La question de la gestion des déchets est visiblement encore sous-estimée par les autorités et elle devrait faire l'objet de propositions dans le prochain rapport de la mission d'information parlementaire qui doit achever ses travaux fin janvier 2006.

Déchets d'amiante: retour à la nature
11/01/2006
Les déchets d'amiante peuvent être envoyés dans les 3 classes de décharges. Problème: les contraintes ne sont pas suffisamment élevées sur les classes 3, autorisées par arrêté municipal et peu nombreuses, ouvrant la voie à des abus. La situation pourrait bientôt changer grâce à un décret.
par Christine Sévillano

La destination des déchets d'amiante n'est pas forcément bien prise en compte par les autorités et surtout pas suffisamment contrôlée. Bruno Chevallier, directeur général d'Isotherma et vice-président du Syndicat de retrait et de traitement de l'amiante (Syrta), assure qu'entre les demandes d'autorisation à l'ouverture d'un chantier de désamiantage et ce que reçoivent les centres dédiés, seuls 50% des déchets atteindraient leur destination. Résultat: 30 à 40% des déchets d'amiante finiraient dans la nature ou dans des décharges inadaptées (1). Un chiffre vraisemblable selon Charles Ducrocq, ingénieur conseil de la Caisse régionale de l'assurance maladie d'Ile-de-France (Cramif): il rappelle l'existence de chantiers sauvages, les défauts de diagnostics effectués par des personnes dont la connaissance des principes de construction est insuffisante de certaines entreprises de désamiantage ou le manque de sérieux de certains entrepreneurs. Il évoque également les particuliers qui, soucieux de ne pas perdre la valeur de leur bien immobilier, procèdent eux-mêmes au retrait de l'amiante.

la suite de l'article à l'adresse suivante:
http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=19004&idThema=4&idSousThema=22&type=JDE&ctx=259
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Lundi 23 janvier 2006 1 23 /01 /2006 18:11
Ce lundi 23 janvier, l'association de défense des victimes de l'amiante et le Comité anti-amiante de Jussieu ont annoncé le dépôt d' un nouveau référé au Tribunal administratif de Paris visant à obtenir le rapatriement du porte-avions Clemenceau (qui est toujours bloqué en Egypte). Après avoir été débouté en décembre, ces deux associations mettent en avant, cette fois-ci, de nouveaux arguments juridiques dans une requête en référé-suspension.
Selon leur communiqué commun, ce référé "conteste l’argument central du ministère de la défense, à savoir que la coque du Clemenceau aurait le statut de matériel de guerre". Cete nouvelle demande de suspension concerne non seulement le transfert du Clemenceau en Inde, mais le contrat lui-même signé par l’Etat et la société de droit panaméen SDI qui fonde ce transfert.
Le feuilleton juridique continue donc...
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Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /2006 10:55
Paru dans le journal Le Midi Libre du 23 janvier, cet article, révélateur du combat permanent des victimes de l'amiante partout en France.

Le combat des victimes de l'amiante

Jean-Luc Damour et Jean-Marc Sastre sont entrés à la Verrerie à sa création en 1974. Ils ont travaillé dans le secteur "bout chaud" où l'amiante était présent dans les plaques ou les gants utilisés pour éviter les chocs thermiques.

Ils comptent aujourd'hui parmi la douzaine de salariés (dont deux retraités) chez qui la présence d'amiante a été détectée dans le corps.

l leur aura fallu attendre 2004, et l'initiative du médecin du travail attaché à l'entreprise, pour savoir. Un peu plus de deux cents personnes ayant été en contact avec l'amiante ont en effet été appelées à passer un scanner en vue de détecter sa présence, voire ses conséquences. Ces consultations devraient arriver sous peu à leur terme.

« Douze personnes touchées, c'est peu mais c'est douze de trop, dit Jean-Luc Damour. Quelques jeunes et des retraités ont refusé les scanners, parce qu'ils ont préféré ne pas savoir... »

Le dossier de l'amiante, en France, c'est l'histoire d'un aveuglement collectif aux motifs divers. « On ne se rendait pas compte, reconnaissent ces salariés de VDL qui exercent ou ont exercé, par ailleurs, des responsabilités syndicales. Le désamiantage est intervenu en 1995. Avec le rachat de Perrier, depuis 1992 nous étions plus préoccupés par les plans sociaux et la défense de l'emploi... »

« Aucune information sur les dangers de l'amiante n'a été faite durant la période d'utilisation de l'amiante de 1974 à 1995, affirment par ailleurs les délégués CGT de VDL. L'ensemble des industriels et la médecine du travail étaient au courant depuis des dizaines d'années de la dangerosité de ce produit et malgré cela, ils l'ont utilisé sans aucune protection pour les salariés. »

Le risque a été identifié dès 1906 tandis que les maladies liées à l'amiante ont été reconnues depuis 1945. Reste la question de la réparation...

A VDL, aujourd'hui, six des salariés touchés ont été reconnus par la Sécu après expertise. Quatre d'entre eux ont entamé un recours au tribunal pour « faute inexcusable de l'employeur ». « Parce ce que la réparation ne doit pas être une aumône », dit Jean-Marc Sastre.

Ce que les salariés demandent : « Le maintien du salaire avec la prise en charge des cotisations de points retraite complémentaire et de la mutuelle jusqu'à la retraite pour les départs anticipés autorisés à partir de 50 ans, les mêmes conditions de primes de départ pour les employés qui sont partis avec les plans sociaux. »

Ce qu'ils craignent : « Voir la direction botter en touche. » (1) Ce serait donner encore du temps au règlement du préjudice. Un temps qui a un peu plus de prix chaque jour.

Pierre RIVAS (1) Interrogée, la direction n'a pas souhaité s'exprimer.
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Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /2006 18:48
Lu, ce soir, dans le Monde, cet article sur le début du passage du Clémenceau dans le canal de Suez, en direction de l'Inde. Les questions sur son désamiantage se poursuivent. Le "Clemenceau" a commencé sa traversée du canal de Suez

LEMONDE.FR | 23.01.06 | 09h04  •  Mis à jour le 23.01.06 | 13h27

Le Clemenceau est entré dans le canal de Suez dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 janvier. Dès dimanche, le ministère de la défense avait confirmé que le navire avait reçu l'autorisation de commencer sa traversée après avoir été bloqué au large de Port-Saïd pendant plus d'une semaine."La décision technique de l'Autorité du canal de Suez est tombée à 23 heures. Le Clemenceaupassera le canal cette nuit", a expliqué à Reuters le porte-parole du ministère, Jean-François Bureau.

Les opposants au transfert du Clemenceau vers l'Inde ont dénoncé dimanche "l'acharnement" des autorités françaises à se "débarrasser" de l'ancien porte-avions. L'association Ban Asbestos et la Fédération internationale des droits de l'homme ont écrit à l'ambassadeur de France en Inde pour réclamer le retour du bâtiment vers un chantier naval français. "Représentant la France en Inde, pouvez-vous ignorer les 100 000 morts de l'amiante à venir en France et soutenir un marché qui délibérément met en danger la vie et la santé d'autrui ?", déclare une porte-parole des deux organisations, demandant au diplomate de transmettre cet appel au gouvernement Villepin. Les deux organisations ont en outre déposé un recours devant le Conseil d'Etat français afin d'obtenir la suspension de l'autorisation de remorquage du Clemenceau vers l'Inde.

DÉCISION DE LA COUR SUPRÊME INDIENNE

Désormais, la suite du périple du Clemenceau est suspendue à la décision de la Cour suprême indienne, qui doit décider le 13 février si elle autorise le navire à pénétrer dans les eaux territoriales de l'Inde. La décision de la justice indienne pourrait être liée à la quantité d'amiante encore à bord du navire. Or celle-ci serait bien plus importante que ne l'indiquent les autorités militaires françaises.

"Beaucoup d'âneries ont été dites ces derniers temps, je vais donc jouer la transparence", a expliqué, dimanche, dans Le Parisien, Jean-Claude Giannino, le PDG de l'entreprise Technopure, qui a effectué en France la majeure partie du désamiantage du Clemenceau. "Le ministère de la défense prétend qu'il reste 45 tonnes [d'amiante] à bord, j'ai du mal à le croire. Selon les études de mes ingénieurs, il reste beaucoup plus d'amiante à bord. J'affirme que le bateau contient plus de 500 tonnes d'amiante", poursuit-il. "Technopure a enlevé 70 tonnes d'amiante et aurait pu en retirer beaucoup plus sans risquer de compromettre la navigabilité", affirme-t-il encore, contredisant l'un des arguments avancés par la défense pour justifier l'arrêt du désamiantage en France avant le remorquage vers l'Inde.

Le Monde, Avec Reuters et AFP
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Jeudi 26 janvier 2006 4 26 /01 /2006 19:12
Lu, ce jour, cette dépêche AFP

Clemenceau: les associations dénoncent la dernière proposition française AFP 26.01.06 | 18h13

Deux associations anti-amiante ont qualifié jeudi d'"opération de communication" la proposition du gouvernement français à l'Inde de rapatrier les déchets amiantés qui seront enlevés de l'ex-porte-avions Clemenceau après son démantèlement prévu sur un chantier indien.
"C'est une opération de communication qui ne change rien au problème de fond", a déclaré à l'AFP Michel Parigot au nom de l'Andeva et du Comité anti-amiante Jussieu.
"Le risque pour les ouvriers indiens qui vont désamianter la coque du Clemenceau au chantier naval d'Alang (Etat du Gujurat) restera le même", a ajouté M. Parigot, qui est à la fois vice-président de l'Andeva (Association nationale de défense des victimes de l'amiante) et président du Comité anti-amiante Jussieu.
Le porte-parole du ministère de la Défense, Jean-François Bureau, a annoncé jeudi matin que la France était prête à rapatrier en France les déchets amiantés qui seront enlevés de l'ancien porte-avions.
"Notre ambassadeur de France a indiqué au comité d'experts indien (qui doit donner un avis autorisant ou non le navire à venir en Inde, ndlr) que, si les autorités indiennes le demandent, les déchets amiantés seront rapatriés en France", a déclaré M. Bureau, lors du point de presse hebdomadaire du ministère.
"Cette question ne semblait pas résolue, donc nous avons fait cette proposition pour lever toute ambiguïté et pour le coup, au retour, nous appliquerons évidemment la convention de Bâle sur le transport des déchets dangereux", a ajouté le porte-parole.
"La France veut appliquer la convention de Bâle au retour, mais pas à l'aller", a ironisé M. Parigot.
Paris continue de soutenir, observe-t-il, que l'ex-porte-avions est actuellement un matériel de guerre et ne rentre pas dans la Convention de Bâle. "C'est une astuce car le Clemenceau n'est plus qu'une coque, ce n'est donc pas un matériel de guerre", selon M. Parigot.
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