Risques environnementaux

Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /2005 17:57
Lu cette dépêche de l'AFP ce jour, où l'on se croirait revenu au temps des gros mensonges sur le nuage de tchernobyl: selon les britanniques, le nuage noir d'hydrocarbures venant de l'incendie n'est pas toxique "pour le moment". Comment éviter les questions embarrassantes: en effet, la combustion des hydrocarbures dégage des tas de composés volatils, dont certains sont cancérigènes. Mais à part cela, il n'y aucun danger, ni aucun risque...

Dépôt en feu: l'incendie ne devrait pas provoquer de pollution majeure (Officiel) AFP 13.12.05 | 17h13
L''incendie dans le dépôt de carburant de Buncefield, au nord de Londres, ne devrait pas provoquer de pollution majeure, a-t-on appris mardi auprès de l'Agence britannique de l'Environnement.
"Il n'y a pas eu d'eau contaminée évacuée hors du site", a déclaré à l'AFP Dan Taylor, porte-parole de l'Agence de l'Environnement, et la volute de fumée qui se dégage du site "ne va pas provoquer d'impact significatif sur l'environnement" pour le moment, a-t-il ajouté.
Cette volute est "principalement composée de particules de carbone", a-t-il ajouté. "Plus elle reste en l'air, plus elle se dispersera" sur une vaste zone, a-t-il précisé.
Ce panache est actuellement en cours d'analyse par l'Office météorologique britannique (Met Office), qui a fait voler un avion spécialisé à proximité lundi et mardi.
L'avion "vole à proximité de la volute en prenant des mesures de ce qui la compose", a indiqué à l'AFP Barry Gromett, des services de la météo nationale ((Met Office). "Notre travail est d'établir où la volute se trouve dans l'atmosphère, quelle est sa hauteur, prendre des mesures pour nous aider à comprendre quelle est sa composition chimique", a-t-il précisé.
Selon le Met Office "les informations des médias (selon lesquelles) des pluies polluées ou acides vont s'abattre sur Londres sont incorrectes".
Quant aux "eaux contaminées, (elles) ont été contenues sur le site et seront (collectées) lorsque l'opération de nettoyage débutera", a indiqué Dan Taylor.
"Notre principale priorité est de nous assurer que l'eau des pompiers, qui s'imprègne des (produits) contaminants (ne soit) absorbée par le sol et s'inflitre dans les réserves souteraines d'eau", a-t-il expliqué.
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Jeudi 15 décembre 2005 4 15 /12 /2005 09:18
La mise en œuvre du Plan national santé environnement (PNSE) de juin 2004, décliné en 45 actions touchant la qualité de l’air, de l’eau ou des sols, a fait l’objet d’un bilan partiel le 13 décembre, sous l’égide de l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale et du travail (Afsset).

-Légionellose : le ministère de l’Ecologie a avancé que le recensement des tours aéroréfrigérantes, soumises aux réglementations des installations classées, a été effectué et qu’une enquête a été menée auprès de 3800 hôpitaux et autres établissements de santé sur ce risque.

-Satunisme : n décret de la loi de santé publique du 9 août 2004 sur le saturnisme est en cours de préparation. Il généralise l’obligation d’une expertise plomb lors de la vente d’un logement ancien (auparavant, certaines zones géographiques à risques étaient seuls concernéss).

- Plomb, composés organiques et dioxines : pour les émissions industrielles de polluants très toxiques (plomb, cadmium, composés organiques, dioxines), des actions de recensement et de diminution ont été engagées, notamment pour respecter le plan de réduction des émissions polluantes de juillet 2003. Selon le ministère, les émissions de dioxines, après application de nouvelles normes au 1er janvier 2006, seraient 100 fois plus faibles qu’en 1995.

- Eau : le projet de loi, adopté en première lecture au Sénat en avril dernier, est toujours en discussion. Un décret sur les périmètres de protection des captages d’eau potable est en préparation.

- Air intérieur : l’enquête sur plus de 600 logements s’achève en décembre et devrait permettre, selon les autorités, de faire des recommandations pour réduire l’exposition à certains polluants. De nouvelles études nationales seront ensuite engagée sur les écoles et sur les biocides.

-Fibres minérales artificielles, qui ont remplacé l’amiante, un rapport est attendu prochainement sur l’exposition générale de la population et des salariés et des dossiers de reclassification des fibres de verres ont été adressés aux experts européens pour discussion. Par ailleurs, un décret portant sur des valeurs limites d’exposition professionnelle est en cours d’élaboration pour 10 nouvelles substances cancérigènes et toxiques pour la reproduction.

Formaldéhyde : l’étude d’évaluation des risques sanitaires a été engagée en 2005, tout comme sur les risques liés aux composés organiques volatils.

-Recherche : un programme de l'Agence nationale de la recherche (ANR) sur le thème Santé-environnement et santé-travail a été créé, doté pour l'année 2005 de 10 millions d’euros.

COMMENTAIRE : le PNSE se met en œuvre, mais il est encore loin du compte. L’optimisme officiel masque des handicaps lourds, critiqués par maints experts et largement décrits dans le livre « Les Empoisonneurs » : pauvreté des moyens, éparpillement des expertises, loi sur l’eau trop timide, ambitions limitées sur l’air, failles de la future réglementation sur les dioxines et les PCB, faiblesses sur la pollution liée au transport, retards sur l’air intérieur, presque rien sur les risques radiologiques ou le radon, risque amiante encore sous-estimé, absence d’information du public sur les produits biocides, retards sur le domaine santé au travail, recherche toujours en berne. Mais il ne faut, paraît-il, pas regarder le verre à moitié vide…

A SIGNALER: l'AFSSET (www.afsse.fr) vient d'ouvrir (voir bas de la rubrique liens, ci contre) un site web fort instructif, portail sur la santé-environnement-travail, (www.sante-environnement.fr/ ), promis de longue date. Il oriente vers de multiples fiches pratiques à télécharger sur tous les thèmes, très didactiques et accessibles.
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Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /2005 19:24
Une dépêche de l'AFP de ce jour confirme la mauvaise qualité de l'air dans la région de l'Etang de Berre à certaines périodes de l'année, (voir le livre Les Empoisonneurs, p. 396 et suivantes) en dépit des baisses des rejets industriels et des efforts concertés des autorités et des pollueurs.

Risques de pollution: déclenchement du programme STERNES autour de Berre

AFP 19.12.05 | 17h54

La direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE) de Provence-Alpes-Côte d'Azur a annoncé lundi le déclenchement du programme de prévention de la pollution par le dioxyde de soufre autour de l'étang de Berre (Bouches-du-Rhône).
Ce programme, baptisé STERNES, sera mis en oeuvre à partir de 20h00 "pour tenir compte des mauvaises conditions météorologiques de dispersion des masses d'air", en raison de l'absence de vent.
Avec la mise en oeuvre du STERNES (Système Temporaire d'Encadrement Réglementaire et Normatif des Emissions Souffrées), les onze industriels les plus importants de la zone (notamment les raffineries et les industries pétrochimiques) doivent prendre des dispositions pour réduire les émissions de dioxyde de soufre contenu dans les fumées.
Le programme STERNES peut être déclenché du 1er octobre au 15 avril, au vu des prévisions de Météo-France et des observations du réseau de mesure de la qualité de l'air Airfobep. Une dizaine de jours de pollution par le dioxyde de soufre sont enregistrés en moyenne l'hiver.

voir le détail sur le site www.airfobep.org
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Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /2005 11:11
Lu ce jour cette dépêche de l'AFP sur la nappe de pollution au benzène qui progresse de Chine vers la Russie.

Pollution: le benzène venu de Chine a atteint Khabarovsk AFP [ jeudi 22  décembre  2005 - 10h24 ]

KHABAROVSK (AFP) - La nappe polluante de benzène venue de Chine a atteint la ville de Khabarovsk, grand foyer de population en Extrême-Orient russe, a annoncé jeudi le laboratoire d'analyses de l'Académie des Sciences.

L'arrivée de la nappe polluante a été annoncée à la radio aux 600.000 habitants de Khabarovsk. Mais aucun signe de panique n'a suivi. Depuis plusieurs jours, les autorités se préparaient à l'arrivée de la nappe toxique. Un barrage de sable et de ferraille a notamment été achevé mercredi à quelques kilomètres en amont de la ville.

Le gros de la nappe est attendue samedi à Khabarovsk, a précisé Valentina Zozoulina, spécialiste en chef au laboratoire de l'Institut de tectonique et de géophysique de l'antenne d'Extrême-Orient de l'Académie des Sciences. La nappe de benzène, qui a descendu la rivière chinoise Songhua après une explosion dans une usine en Chine en novembre et a rejoint ensuite le fleuve Amour, s'étire sur près de 180 km en territoire russe.

Des milliers d'ouvriers, chinois et russes, ont achevé mercredi un barrage de 300 mètres de long en amont de Khabarovskla cité, après une nuit de travail ininterrompu à pousser sacs de sable, vieux wagons de marchandises et autobus dans le fleuve pour renforcer la digue construite à la hâte à quelques kilomètres de Khabarovsk. Ce barrage a quelque peu rassuré la population car la station de pompage de Khabarovsk (600.000 habitants) est située au bout du chenal de Kazakevitch. L'eau n'a pour l'instant dû être coupée temporairement que dans une banlieue sud de la cité, Krasnaïa Retchka, qui compte 3.000 habitants. Les autorités ont assuré que cette mesure (de quelques heures, afin de vérifier le réseau d'alimentation en eau courante) ne serait pas étendue à l'ensemble de l'agglomération. Dans cette banlieue, des camions citernes ont apporté mercredi de l'eau potable, déjà largement stockée par des habitants qui se préparent depuis un mois à l'arrivée de la nappe de pollution.

Par une température approchant les -15°C, les conducteurs des camions ont dû faire preuve d'ingéniosité pour empêcher l'eau de geler à la sortie de leur citerne, avant de remplir les seaux des habitants venus dans les rues envahies par la neige. Le ministre des Situations d'urgence Sergueï Choïgou a assuré devant les députés à Moscou que "plus de 200 tonnes de charbon actif" avaient été mises en place pour filtrer l'eau. "Si la concentration de benzène dépassait de dix fois les normes, ce volume serait suffisant pour assainir l'eau sans qu'elle ne doive être coupée", a dit M. Choïgou, insistant sur le fait que les résultats des analyses faites dans l'Amour étaient pour l'heure normaux.

"Ce qui est inquiétant, c'est le fait même que ce genre d'incident soit possible", réagit cependant Tatiana Nikolaïeva, une secrétaire de 24 ans. Aujourd'hui, nous sommes parés face à ce malheur, mais on ne sait pas ce qui arrivera demain, quand un accident dans une usine proche du fleuve déversera des matières encore plus polluantes", s'inquiète-t-elle.

Un retraité, Nikolaï Kazakov, relève lui que "les habitants de Khabarovsk se sont habitués depuis longtemps à ce que les eaux de l'Amour soient de plus en plus polluées", évoquant la découverte coutumière au printemps de diverses pollutions dues aux nombreuses usines installées en amont. Les experts craignent que l'on ne prenne conscience de l'ampleur des effets de la pollution au benzène qu'au printemps 2006, à la fonte des glaces sur l'Amour.

Le ministre des Situations d'urgence a dit lui aussi, devant les députés, s'attendre à d'autres catastrophes similaires. "Nous ne pouvons pas empêcher la répétition d'un incident de ce genre, en raison du fonctionnement du côté chinois de l'Amour d'industries polluantes", a-t-il dit, redoutant que le niveau de pollution du fleuve ne continue à augmenter".
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Dimanche 15 janvier 2006 7 15 /01 /2006 19:34
Les rapports scientifiques s'accumulent et convergent sur l'impact désastreux de l'environnement sur la santé. Nous en avons cité un grand nombre dans "Les Empoisonneurs", et leurs conclusions m'ont conduit à avancer des chiffres chocs sur la mortalité en France: au moins 40 000 morts par an, soit 800 000 dans les 20 prochaines années. Bien qu'ils aient souvent surpris les médias ou mes interlocuteurs, ces chiffres n'ont pas été démentis...

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) est venue, ces jours-ci, confirmer l'ampleur du phénomène. Dans un nouveau rapport sur les liens entre environnement et santé, publié en anglais le 1er janvier, l'AEE rappelle que, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la seule pollution de l'air a tué en 2004 quelque 100.000 personne en Europe. Elle souligne également les dégâts - encore difficiles à évaluer- causés par la pollution de l'air intérieur, du fait de la présence de nombreux agents chimiques dans nos immeubles et de la trop ggrande isolation thermique...

Par ailleurs, rappelons que les travaux de la Commission européenne pour préparer le programme CAFE (clean air for europe) ont révélé, en juin dernier, que 350.000 personnes étaient mortes prématurément en 2000 à cause de la pollution de l’air en Europe – notamment par les poussières fines.
Toute la question est de savoir pourquoi, avec un tel impact mesuré sur la santé, les gouvernements ne prennent-ils pas des mesures plus strictes afin d'économiser des centaines de milliers de vies et des centaines de milliards d'euros de dépenses de santé?

Pour télécharger le rapport de l'AEE, se rendre à la page web: http://reports.eea.eu.int/eea_report_2005_10/en (voir aussi la rubrique lien ci-contre)
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