Risques environnementaux

Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /2006 19:57
Dans son bulletin épidémiologique paru ce jour, l'Insitut de veille sanitaire (www.invs.sante.fr, voir lien ci-contre) publie une synthèse d'une étude scientifique (sous la signature de chercheurs de l'Inserm et de l'IRSN, déjà parue en 2004 dans une revue spécialisée anglo-saxonne) sur les cas de leucémies autour de 29 centrales nucléaires françaises. Les experts n'ont decelé aucun excès significatifs statistiquement de leucémies. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y en ait pas, mais les données ne permettent peut-être pas de les considérer comme significatifs.

voir le bulletin BEH 4/2006
Incidence des leucémies de l’enfant aux alentours des sites nucléaires français entre 1990 et 1998 Mélanie White-Koning, Denis Hémon, Dominique Laurier, Margot Tirmarche, Eric Jougla, Aurélie Goubin, Jacqueline Clavel
En voilà quelques extraits, mais il faut lire l'ensemble pour avoir une idée complète de l'étude.

" Globalement, l’incidence des leucémies de l’enfant observée autour des 29 sites nucléaires français étudiés ne s’écarte pas significativement de l’incidence attendue durant la période 1990-1998. On ne met pas non plus en évidence de diminution du SIR en fonction de la distance de la résidence de l’enfant au site nucléaire, quelle que soit la classe d’âge étudiée. Cette étude représente la première analyse de l’incidence des leucémies portant sur 29 sites nucléaires français, y compris l’ensemble des 19 CNPE, et reposant sur des données d’incidence plutôt que de mortalité. La période, les groupes d’âge et les zones étudiées ont tous été choisis a priori, ce qui confère une validité statistique aux résultats obtenus. L’estimation de la population à risque a été effectuée grâce à plusieurs méthodes d’interpolation différentes afin de vérifier la stabilité des estimations. Les différentes méthodes d’analyse statistique utilisées ont conduit à des résultats extrêmement proches, renforçant ainsi notre confiance en la fiabilité de nos estimations. Les excès d’incidence de leucémie observés à Chinon et Civaux et le déficit observé à Bruyères/Saclay/Fontenay perdent leur significativité statistique une fois appliquée la correction de Bonferroni. Ainsi, les analyses globales des 29 sites et les analyses par site n’ont pas montré de différences statistiquement significatives entre les nombres de cas observés et attendus. L’étude des 19 CNPE a donné des résultats semblables, même en tenant compte de leur puissance électrique ou de leur année de mise en service."
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Lundi 30 janvier 2006 1 30 /01 /2006 17:48
Michèle Froment-Védrine, directrice générale de l'agence française de sécurité sanitaire environnementale et du traval (Afsset) livre ses réflexions dans une interview au journal de l'environnement. Elle revient notamment sur les différences de vues qui avaient conduit le directeur scientifique Denis Zmirou à donner sa démission au printemps dernier, ainsi que sur la pauvreté des moyens français en matière de toxicologie. Elle avoue ne pas savoir comment va s'organiser demain l'expertise des produits chimiques dans le cadre du prochain programme européen Reach. Prudente, la directrice ne critique pas trop ouvertement la faiblesse de ses moyens, ni les organismes de recherche ou ministères qui veulent la peau de son agence. Mais, très menacée depuis des mois, elle entend donner son point de vue, afin de défendre sa boutique, avant de subir d'éventuelles fusions ou rapprochements avec d'autres agences.

son interview à l'adresse web suivante:
http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=19762&idThema=5&idSousThema=27&type=JDE&ctx=259

voir également le droit de réponse à cette interview de Denis Zmirou, ancien directeur scientifique de l'Afsset, dans le même Journal de l'environnement à l'adresse:
http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=19937&idThema=5&idSousThema=29&type=JDE&ctx=2
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Mercredi 1 février 2006 3 01 /02 /2006 21:55
Lu ce jour, cette dépêche AFP intéressante.

Montpellier lance "25 actions pour l'environnement"
AFP 01.02.06 | 20h03
L'agglomération de Montpellier prévoit "25 actions" pour l'environnement en 2006-2007 dont une campagne de sensibilisation au tri et à la réduction des déchets, pour en faire "l'une des métropoles les plus vertes d'Europe", a indiqué mercredi Georges Frêche, son président.
Cette agglomération (400.000 habitants sur 31 communes) qui a collecté en 2005 près de 268.000 tonnes de déchets, entend notamment "réduire de 10% le poids" des prospectus et imprimés reçus dans les boîtes aux lettres (41 kg par an et par habitant) et "supprimer les sacs plastique de bouts de caisse".
Une charte a été signée mercredi en ce sens avec trois enseignes de grande distribution qui s'engagent à ne plus distribuer de sacs plastique dès le 20 mars, l'agglomération distribuant pour sa part 175.000 sacs-cabas gratuits.
Des composteurs individuels équiperont 10% des ménages d'ici 3 ans, a indiqué Mme Nicole Moschetti-Stamm, (Verts), déléguée à la commission environnement, lors d'une conférence de presse.
Pour "inciter les habitants à ne pas jeter ce qui peut encore servir", un annuaire des réparateurs et associations va être édité et des "recycleries" créées.
Quatre-vingts "colonnes à verre" vont être installées, en plus de 650 existantes, afin de passer de 15 kg à 25 kg de verre collecté par an et par habitant ainsi que des "colonnes à papiers" provenant des bureaux.
Dix points propreté collecteront le bois pour alimenter une filière de chauffage, des déchets d'équipement électrique-électronique ou le carton.
La collecte d'ordures ménagères auprès de la grande distribution et de la restauration collective, davantage de "messagers du tri" pour expliquer le contenu des poubelles et le lancement en 2007 d'une usine de méthanisation, d'une capacité de traitement de 203.000 tonnes, complètent le dispositif.
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Lundi 6 février 2006 1 06 /02 /2006 16:12
Poursuivant ses études d'impact sanitaire de la pollution de l'air sur la santé des citadins, l'Institut de veille sanitaire (www.invs.sante.fr ) a publié début janvier une étude sur les agglomérations de Tour et Orléans. Cet impact de chiffre à quelques dizaines de décès par an. Et ces travaux confirment ceux réalisés dans la majorité des autres grandes villes: que les pics de pollution, trop médiatisés, ne constituent que 8% de l'impact sanitaire, l'essentiel des malades et des décès intervenant du fait de la pollution de fond. Autrement dit: les vrais dangers sont quotidiens, et non pas épisodiques, ce qui devrait normalement conduire les autorités à rabaisser les seuils d'information de la population, agir davantage en termes de prévention et réduire le niveau global de pollution. Les "gains sanitaires" seraient alors très importants au niveau du pays, pouvant se chiffrer en milliers de vies sauvées... Mais, une fois de plus, les experts, qui répètent ces données depuis quelques années, ne sont guère entendus.

Ci-dessous la présentation de l'étude de l'InVS, consultable sur son site (voir lien ci-contre)

Agglomérations d’Orléans et de Tours
Impact à court et long terme

L’évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique sur les agglomérations d’Orléans et de Tours présentée dans ce rapport s’inscrit pleinement dans la continuité des orientations du Plan régional pour la qualité de l’air de la région Centre, qui fixe les orientations visant à prévenir, réduire ou atténuer les effets de la pollution atmosphérique. L’impact sanitaire à court terme de la pollution atmosphérique a été calculé en termes de morbidité (admissions hospitalières en 2002 et 2003) et de mortalité anticipée.

La mortalité à long terme a également été étudiée. Les nombres de cas estimés sont :
- Orléans : 11 [2-23 = intervalle de confiance à 95%) hospitalisations pour motif respiratoire, 26 [16-36]* pour motif cardiovasculaire et 59 [36-84]* décès long terme ;
- Tours : 11 [3-22]* hospitalisations pour motif respiratoire et 34 [20-48]* pour motif cardiovasculaire et 61 [37-86]* décès long terme.

Le calcul des gains sanitaires associés à différents scénarii de réduction de la pollution atmosphérique montre que c’est le scénario diminution des niveaux de 25 % de la moyenne annuelle du polluant considéré qui constitue la mesure la plus efficace. Cette étude montre notamment que les effets sanitaires apparaissent à des niveaux de pollution inférieurs à ceux pour lesquels les mesures sont prises actuellement et que les actions les plus efficaces seraient donc celles qui associeraient une réduction des émissions à la source de façon quotidienne à une diminution du nombre de pics de pollution.
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Mardi 7 février 2006 2 07 /02 /2006 12:28
Lu, ce jour, cet article sur le www.lemonde.fr, concernant les risques de cancer autour de l'ancienne mine de Salsigne:

Surmortalité par cancer près de l'ancien site industriel et minier de Salsigne LE MONDE | 07.02.06 | 14h37  •  Mis à jour le 07.02.06 | 14h38 CARCASSONNE (Aude) CORRESPONDANT

Les habitants des communes qui entourent l'ancien site industriel et minier de Salsigne, à 15 km au nord de Carcassonne (Aude), sont inquiets. Dans 18 communes du secteur, une surmortalité par cancers (broncho-pulmonaires chez les hommes, digestifs chez les femmes) "probablement explicable par une contamination environnementale" a pu être observée entre 1969 et 1998. Ce risque a été mis en évidence par quatre médecins français, auteurs d'un article publié en juin 2005 par l'European Journal of Cancer Prevention (EJCP). Sur ces trois décennies, le nombre de cancers en général est supérieur de 10 % à la moyenne établie sur une zone test du département. Le chiffre monte à 80 % pour les cancers de la gorge, à 110 % pour les cancers du larynx, et à 30 % pour les cancers du système digestif dans la population féminine.

Cette étude n'est pas la première menée dans le secteur qui a abrité, jusqu'en 2004, la plus importante mine d'or d'Europe occidentale (2,4 tonnes de métal fin par an), et qui a hébergé, jusqu'en 1996, une unité de traitement de déchets industriels.

Depuis 1997, un plan de surveillance des légumes, des fruits et de l'eau d'une vaste zone d'une vingtaine de communes environnantes a été mis en place par les services de l'Etat. Et tous les ans, invariablement, le préfet de l'Aude interdit la mise sur le marché des légumes-feuilles cultivés dans la zone, ainsi que la consommation du thym et des escargots ramassés dans le même secteur. Tous ces produits présentent en effet des teneurs en arsenic (associé à l'or dans le minerai présent à Salsigne), mais aussi en plomb ou en cadmium, qui dépassent largement les normes de consommation.

Mais le risque sanitaire, et notamment la surmortalité par cancer de la population riveraine, était jusqu'ici ignoré. Une première étude, menée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) à la demande de l'Etat en 1997, a bien été présentée au public lors d'une commission locale d'information en 1998, mais elle ne mettait en lumière que les cancers "professionnels" contractés par les mineurs au contact de l'arsenic. Un risque connu depuis longtemps, qui est d'ailleurs à l'origine de la reconnaissance des "cancers de l'arsenic" au titre des maladies professionnelles en 1982.

Mais les anciens mineurs et ouvriers du site ne sont pas les seuls concernés. En novembre 2001, l'InVS a repris les chiffres de la surmortalité par cancer autour de Salsigne en excluant les anciens salariés : c'est cette nouvelle enquête qui a servi de base à l'article paru dans l'EJCP. Le risque de cancers environnementaux est également évoqué dans un rapport établi en mars 2005 par l'ingénieur général des Mines, François Barthélémy. Il cite les "impacts sur la santé publique des activités minières et métallurgiques de Salsigne du fait de transferts d'arsenic par voie aérienne pour les travailleurs, et par voie aqueuse et aérienne pour les habitants du voisinage". Un bureau d'études privé, Burgéap, mandaté par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), arrive aux mêmes conclusions à partir de mesures de l'air réalisées en 2002 : un "excès de risque de cancer du poumon par inhalation d'arsenic, de cadmium, de chrome et de nickel".L'Ademe juge même ce risque "inacceptable au point de vue de la santé publique".

En réponse au député de l'Aude Jean-Claude Pérez (PS), qui s'est ému de la situation, le préfet de la région a indiqué, le 21 novembre 2005, qu'"un cahier des charges a été établi" pour une nouvelle étude. Elle sera lancée, dit le représentant de l'Etat, "dès l'obtention des financements nécessaires".

Laurent Rouquette
Article paru dans l'édition du 08.02.06
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