AMIANTE et les suites

Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /2006 14:32
L'Express (voir www.lexpress.fr ) publie ce jeudi une enquête sur les dessous de l'affaire du Clémenceau, avec de nombreuses informations intéressanes, notamment sur les coulisses du contrat signé en france pour le désamiantage initial, sur les bévues du ministère de la défense, sur les pressions touchant les journalistes indiens, sur les quantités d'amiante restant à bord du porte-avions, ainsi que sur la présence d'amiante sur les autres navires de la flotte... A lire pour s'informer.

article consultable à l'adresse web: http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/armee/dossier.asp?ida=437103
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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /2006 14:37
Ci-dessous le communiqué complet de l'Andeva (association des victimes de l'amiante) et du Comité anti-amiante Jussieu sur le rapport de la mission parlementaire sur l'amiante, rendu public hier 23 février.

ANDEVA-CAAJ

Première réaction : d'excellentes propositions, notamment en matière de prévention, mais aussi de grandes inquiétudes

L’Andeva et le Comité Anti-Amiante Jussieu ont pris connaissance des propositions de la mission d’information de l’Assemblée nationale, sur les risques et les conséquences de l’exposition à l’amiante. On se souvient que les associations avaient réclamé une commission d’enquête, après avoir obtenu la création d’un groupe parlementaire d’étude amiante. Le rapport des députés était donc particulièrement attendu, dix ans après que le scandale de l’air contaminé ait éclaté. Ce document contient d'excellentes propositions en matière de prévention du risque dans les bâtiments et des risques professionnels en général, mais le bilan est plus contrasté en matière d'indemnisation des victimes, domaine dans lequel les considérations budgétaires et l'influence du MEDEF ont visiblement pesé.

Les propositions faites par la mission en matière de prévention du risque amiante dans les bâtiments, qui reprennent en particulier des propositions que nous avions faites dès 1998, constituent des avancées considérables, aussi bien pour la protection des occupants que pour celle des travailleurs intervenants dans ces bâtiments. Parmi les nombreuses mesures proposées ont retiendra tout particulièrement :
– la création d'un registre centralisé de diagnostic amiante des bâtiments facilement accessible ;
– la généralisation de l'obligation de certification à toute la chaîne des intervenants dans la gestion du risque amiante : laboratoires de contrôle, opérateurs chargés du repérage, maîtres d’œuvre, entreprises effectuant le retrait d'amiante (y compris le non friable) ;
– l’abaissement du seuil d'empoussièrement rendant obligatoire les travaux ;
– la formation et la sensibilisation de l'ensemble des ouvriers du bâtiment ;
– la création d'un label « amiante » pour les entreprises du bâtiment. Si l'ensemble des mesures proposées étaient mises en oeuvre par le pouvoir exécutif, cela constituerait un saut qualitatif dans la gestion du risque amiante, le plus important depuis la mise en place de la réglementation il y a dix ans.

Dans le registre de la prévention encore, nous ne pouvons qu’approuver le souhait des parlementaires d’accorder à la santé au travail une priorité de santé publique. Le renforcement des moyens en faveur de la recherche en santé au travail, la proposition d’unifier l’expertise des risques professionnels sous la tutelle de l’Afset, en lui conférant les moyens dignes d’une grande agence européenne, ainsi que la création d’un service public de santé au travail regroupant les médecins du travail et garantissant leur autonomie seraient de nature à répondre aux enjeux de santé publique consécutifs de l’évolution des risques professionnels. Il en va de même des propositions concernant l’évaluation des risques en entreprise, du contrôle plus efficace de la réglementation censée protéger la santé des salariés, ou encore du souhait d’améliorer le suivi médical des personnes ayant été exposées à l’amiante.

Toujours au chapitre des bonnes nouvelles, on retiendra aussi le souhait exprimé par la mission de revoir à la hausse le barème d’indemnisation du Fiva (Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante), de même que le renforcement de l’équipe de juristes pour mener à bien les actions récursoires prévues par la loi, afin que les véritables responsables de la catastrophe - en premier lieu les industriels de l’amiante – soient effectivement pénalisés. La revalorisation du montant de l’allocation de cessation anticipée des travailleurs de l’amiante (Acaata) pour les bas salaires, son ouverture pour les intérimaires et les sous-traitants exposés dans les mêmes conditions que les travailleurs permanents des établissements figurant sur les listes, ou encore la création d’un mode d’accès individualisé à l’allocation en complément des listes d'établissements répondent à des revendications pressantes des victimes.

En revanche l’Andeva et le Comité Anti-Amiante Jussieu déplorent, qu’une fois encore, le passage à la réparation intégrale pour l’ensemble des risques professionnels n’ait pas été retenu par les députés. La déception est d’autant plus forte, qu’en préambule, le rapport admet que l’indemnisation forfaitaire de la branche AT/MP est dépassée et qu’elle est injuste par rapport à l’indemnisation des autres dommages. Mais là où les député méritent un carton rouge, c’est quand ils prônent, dans leur proposition 42, la suppression dans le droit de la Sécurité sociale de la faute inexcusable de l’employeur et son remplacement par une faute d’une particulière gravité. Si cette proposition devait être reprise ainsi dans les textes, sans le passage à la réparation intégrale de droit commun, cela reviendrait à faire annuler le bénéfice de l’évolution de la faute inexcusable de l’employeur, obtenu par les victimes de l’amiante dans la série d’arrêts historiques de la Cour de Cassation en février 2002.
Les associations préviennent qu’une telle régression sociale, qui constitue une véritable spoliation des victimes, serait proprement inacceptable et que ceux qui la tenteront s’exposeront à de très vives réactions.

Elles regrettent également la timidité des parlementaires s’agissant de la loi Fauchon sur les délits non intentionnels. Si la proposition 45 va dans le bon sens, et démontre bien la nécessité de réviser ce texte voté à la sauvette en juillet 2000, elle reste très insuffisante pour ce qui concerne les délits touchant à la santé publique. Les victimes de l’amiante ne peuvent qu’inviter les parlementaires à entreprendre un vrai travail en profondeur d’adaptation du Code pénal pour que celui-ci puisse jouer pleinement son rôle dans les affaires de santé et de sécurité sanitaire.

Au final, l’Andeva et le Comité Anti-Amiante Jussieu estiment qu’il convient maintenant de passer à la mise en œuvre des propositions positives contenues dans ce rapport parlementaire. Elles demandent au groupe d’étude amiante de l’Assemblée, présidé par le rapporteur de la Mission, le député de Cherbourg Jean Lemière, de prendre le relais et jouer un rôle actif dans les adaptations réglementaires indispensables à réaliser.

Les associations sont prêtes à se mobiliser pour apporter leur contribution à cette phase cruciale pour les victimes de l’amiante mais aussi pour la prévention des risques professionnels et la santé publique. S’agissant des propositions inacceptables, incomplètes et imprécises, elles veulent bien croire que la précipitation qui a accompagné la sortie de ce rapport, de même que les difficultés de son adoption, sont responsables de ces malentendus. Nous souhaitons donc être rapidement entendus par le groupe d’étude amiante pour les dissiper au plus vite.
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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /2006 14:44
Lu sur www.liberation.fr, ce jour cet article de Libération sur le rapport parlementaire sur l'amiante, rendu public hier.

L'amiante, un danger toujours vivant

La mission parlementaire propose 51 mesures pour limiter les dégâts de la fibre tueuse.
par Eliane PATRIARCA
QUOTIDIEN : vendredi 24 février 2006

«Crime sociétal» : c'est ainsi que la mission d'information de l'Assemblée nationale sur l'amiante, qui présentait son rapport hier, qualifie la tragédie de la fibre tueuse, utilisée massivement en France jusqu'à son interdiction en 1997. En octobre dernier, les sénateurs, dans leur propre rapport, parlaient de«catastrophe sanitaire» : 3 000 décès annuels par cancer en France, 60 000 à 100 000 attendus dans les vingt à vingt-cinq ans à venir...

Les sénateurs s'étaient axés sur le passé, tentant de comprendre pourquoi l'interdiction avait tant tardé, les députés ont travaillé sur l'avenir. Pour éviter que l'amiante fasse d'autres victimes mais aussi afin de tirer les leçons de cette catastrophe. Constituée en avril 2005, la mission présidée par Jean Le Garrec (PS, Nord) a élaboré 51 propositions.

Savoir gérer «l'amiante en place».
«L'amiante a été utilisé dans les bâtiments, on le retrouve donc partout, et il convient de protéger population et travailleurs de ses effets nocifs potentiels», rappellent les députés. Les députés proposent notamment : la création d'un registre centralisé des «diagnostics amiante» de tous les bâtiments, accessible à tous ; une certification obligatoire pour tous les intervenants dans la gestion du risque amiante, la formation au risque amiante de tous les ouvriers du bâtiment... Des avancées«considérables», saluent l'Andeva (Association nationale des victimes de l'amiante) et le Comité antiamiante Jussieu.

Bannir l'amiante.
Seuls 37 pays dans le monde (dont les 25 de l'Union européenne) ont interdit l'amiante, rappellent les députés. Il existe donc un «marché mondial» de cette fibre cancérigène, caractérisé par un«phénomène de délocalisation des risques des pays développés vers les pays émergents». Avec le Canada en premier pays exportateur, et l'Inde en premier importateur. Les députés donnent deux exemples de ce «transfert de risques» : le démantèlement des vieux navires ­ le cas du Clemenceau fait l'objet d'un long développement ­ et les «pratiques duales d'entreprises européennes qui continuent d'utiliser de l'amiante dans des pays tiers» via des filiales. «L'objectif, pour les députés, est d'interdire partout l'usage et la commercialisation de d'amiante» car l'usage intensif qui se poursuit ailleurs est une «bombe à retardement». Ils préconisent un traité international, du même type que celui élaboré pour l'interdiction mondiale des mines antipersonnel.
Quant aux navires en fin de vie, dont le nombre ne va cesser de croître, les députés jugent «nécessaire la création d'une filière française de démantèlement».

Mieux indemniser les victimes.
Les députés préconisent de donner aux victimes «leur juste place dans la procédure pénale», en plaçant «les affaires de santé publique au coeur des priorités des parquets».«Le drame de l'amiante a révélé que le système de réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles est inadapté car injuste et qu'il doit évoluer vers une meilleure indemnisation», écrit Jean Le Garrec. Les députés prônent le renforcement en juristes du Fonds d'indemnisation de victimes de l'amiante (Fiva), et le relèvement du barème d'indemnisation des victimes.

Mais la mission souhaite aussi «la suppression dans le droit de la Sécurité sociale de la faute inexcusable de l'employeur», obtenue par les victimes de l'amiante dans la série d'arrêts historiques de la Cour de cassation en février 2002, «et son remplacement par une faute d'une particulière gravité», dont l'employeur serait justiciable devant les tribunaux. Ce qui fait bondir l'Andeva et le Comité antiamiante Jussieu. «Une telle régression sociale, qui constitue une véritable spoliation des victimes, serait proprement inacceptable», préviennent-ils.

Améliorer la prévention.
La mission demande au gouvernement de «placer la santé au travail au coeur de la santé publique», d'améliorer le «suivi médical des personnes exposées», d'assurer l'autonomie des médecins du travail, de renforcer les effectifs de l'inspection du travail... La mise en application des cinquante et une recommandations est désormais entre les mains du groupe d'études consacré à l'amiante à l'Assemblée nationale, groupe présidé par le rapporteur de la mission d'information, le député UMP Jean Lemière.
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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /2006 15:02
Le rapport de la mission parlementaire sur l'amiante a été rendu le 23 février. Il est accessible dans son intégralité sur le site de l'assemblée nationale (voir rubrique lien ci-contre) ou à l'adresse web:

http://www.assembleenationale.fr/12/rap-info/i2884.asp
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Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /2006 11:33
L'INRS (www.inrs.fr) lance ces jours-ci une campagne d'information sur les risques liés à l'amiante, principalement à destination des petites entreprises du BTP, dont le personnel est fortement exposés à la présence d'amiante dans les bâtiments. L'INRS évalue entre 1 et 2 millions de professionnels exposés, parfois à leur insu, à de l'amiante résiduel.

voir l'ensemble de la campagne sur le site dédié
www.amiante.inrs.fr
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