Samedi 8 juillet 2006
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Ci-dessous l'article paru dans le journal de l'environnement du 7/7 sur le risque radon, qui fait le point sur ce risque mécnnu de santé publique, dont nous avons déjà longuement parlé (notamment dans Les Empoisonneurs) et sur ce blog.
Le radon, un gaz qui gagne à être connu
07/07/2006
Il est radioactif et présent sur toute la surface du globe terrestre. Pourtant, peu de gens le connaissent et savent quil est dangereux si lon y est exposé durant une longue période. Son nom: le radon.
par Agnes Ginestet
Dorigine naturelle, ce gaz provient de la décomposition de luranium 238 présent dans des roches anciennes. Certaines régions comme la Bretagne et le Limousin sont plus exposées que dautres. Le radon peut pénétrer dans les bâtiments et sy accumuler, par lintermédiaire de failles dans les dalles ou à travers les vieux planchers de bois.
Ce gaz a été reconnu par lOrganisation mondiale de la santé (OMS) comme agent cancérigène pour lhomme. Une étude de 2004 montre quen Europe, 9% des cancers du poumon seraient dus au radon (1). Le risque augmente avec la concentration et la durée dexposition.
Au niveau réglementaire, l'arrêté du 22 juillet 2004 concerne la gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public (2) et sapplique notamment aux établissements d'enseignement. Seuls 31 départements français sont soumis à réglementation. Les campagnes de mesures ont lieu entre septembre et avril, période où le confinement des habitats et labsence de ventilation sont optimaux, et les mesures sont réalisées par un organisme agréé dans les conditions fixées par le code de la santé publique (3). Bien quil nexiste pas de réglementation propre à lhabitat privé, les citoyens peuvent se procurer des dosimètres pour évaluer chez eux la concentration en radon.
Pour prévenir lintroduction de radon, dans les constructions neuves ou anciennes, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) préconise un étanchement et une ventilation efficaces, ainsi que linstauration dun système de mise en dépression du sol (SDS). Mais il ny a pas de règle générale: les moyens à mettre en uvre dépendent du type de bâtiment.
Des seuils de concentration en radon, mesurée en becquerels par mètre cube dair (Bq/m3), ont été fixés: entre 400 Bq/m³ et 1.000 Bq/m³, le propriétaire du bâtiment doit mener des actions simples pour réduire lexposition, et des travaux doivent être réalisés dans les deux ans si nécessaire. Mais ce délai nest pas toujours respecté. Bernard Collignan, chef du pôle Ventilation et ambiances intérieures au CSTB, confie: «Comme tout système qui se met en place, il y a des retards». Lorsque la concentration est supérieure à 1.000 Bq/m3, les actions simples immédiates sont suivies dun diagnostic du bâtiment.
Selon une campagne lancée en 1999 et réalisée dans plus de 13.000 établissements publics, 8% se situaient entre 400 et 1.000 Bq/m3, et 4% dépassaient le seuil des 1.000 Bq/m3.
La gestion du risque lié au radon fait partie du plan national santé-environnement (PNSE) 2004-2008, qui se décline sous forme de plans régionaux (PRSE). Un plan dactions interministériel 2005-2008 élaboré par lAutorité de sûreté nucléaire (ASN) a également été publié le 31 mars 2006. En Auvergne, où les quatre départements sont classés en zone prioritaire pour la mesure du radon, le PRSE vise essentiellement à vérifier lapplication de la réglementation dans les établissements ouverts au public, et à informer le public des moyens pour diminuer lexposition au radon dans lhabitat. «Nous avons eu quelques appels suite à une conférence de presse organisée pour attirer lattention sur le radon. Mais cela na pas vraiment alerté les foules» commente Jean-Paul Message, responsable du service santé-environnement à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) de lAllier.
Pour le moment, pas darrêté en vue concernant lhabitat privé. Roselyne Améon, chercheure au Laboratoire d'étude du radon et d'analyse des risques de lInstitut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), sinterroge sur la possibilité de mise en place dune telle réglementation: «Il faut y réfléchir. La mesure de concentration en radon se faisant sur deux mois, des problèmes dintégrité sont susceptibles de se poser. Avant la vente dun bien, les dosimètres pourraient très bien être fermés et les fenêtres ouvertes. De plus, il faudrait savoir où rendre ces mesures obligatoires. Par exemple, doivent-elles concerner uniquement les zones prioritaires?». La tâche sannonce donc difficile.
(1)Radon in homes and risk of lung cancer: collaborative analysis of individual data from 13 European case-control studies (British Medical Journal, 21 December 2004)
(2)Arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public (J.O n° 185 du 11 août 2004 page 14359, texte n° 25)
(3)Article R 1333-15 du Code de la Santé Publique
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