Mardi 18 juillet 2006 2 18 /07 /2006 19:41
Le comité anti-amiante Jussieu a adressé le 13 juillet une lettre à jacques Chirac pour lui rappeler sa promesse non tenue concernant le désamiantage de Jussieu

ci dessous le communiqué de cu comité

Communiqué de Presse 13 juillet 2006 Jussieu : 10 ans après, l'amiante est toujours là

Lettre ouverte au Président de la République

Il y a exactement 10 ans, le 14 juillet 1996, le président avait annoncé le désamiantage du campus Jussieu en déclarant lors de son allocution qu'« avant la fin de l'année, il n'y aura plus d'étudiants à Jussieu, parce qu'il y a un risque ». 10 ans après, seuls 20% des locaux ont été désamiantés et rénovés, 37% sont en chantier et dans 43% des locaux, l’amiante est toujours là et les activités universitaires s’y déroulent comme si de rien n’était. A l'occasion de ce dixième anniversaire, le Comité Anti­Amiante Jussieu a adressé une lettre ouverte au Président de la République (copie jointe) pour lui demander de rappeler solennellement les obligations de santé et de sécurité et décider de faire évacuer les zones amiantées du campus Jussieu avant la fin 2006.
Par NOUZILLE - Publié dans : AMIANTE et les suites
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Lundi 10 juillet 2006 1 10 /07 /2006 21:49
Le ministère de la santé et celui ministère de l'écologie ont dressé le bilan du plan national santé environnement deux ans après son lancement. Il reste beaucoup à faire!

Plan National Santé Environnement : bilan depuis son lancement en juin 2004 (dossier de presse)

le 5 juillet 2006

Annoncé par le Président de la République en janvier 2003, le Plan National Santé Environnement (PNSE), élaboré sous l’autorité des ministres en charge de la santé, de l’écologie, du travail et de la recherche, a été adopté le 21 juin 2004.

Ce plan s’inscrit dans les orientations de la Charte de l’environnement adossée à la Constitution, qui affirme que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » », et répond à la stratégie européenne de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), réaffirmée lors des conférences de Londres en 1999 et de Budapest en 2004. Depuis la loi relative à la politique de santé publique adoptée en août 2004, il est un des cinq grands plans de santé publique à renouveler tous les cinq ans.
le bilan complet est consultable à l'adresse web:
http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=6044
Par NOUZILLE - Publié dans : Présentation du livre "LES EMPOISONNEURS"
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Samedi 8 juillet 2006 6 08 /07 /2006 10:17
Ci-dessous l'article paru dans le journal de l'environnement du 7/7 sur le risque radon, qui fait le point sur ce risque mécnnu de santé publique, dont nous avons déjà longuement parlé (notamment dans Les Empoisonneurs) et sur ce blog.

Le radon, un gaz qui gagne à être connu

07/07/2006

Il est radioactif et présent sur toute la surface du globe terrestre. Pourtant, peu de gens le connaissent et savent qu’il est dangereux si l’on y est exposé durant une longue période. Son nom: le radon.
par Agnes Ginestet

D’origine naturelle, ce gaz provient de la décomposition de l’uranium 238 présent dans des roches anciennes. Certaines régions comme la Bretagne et le Limousin sont plus exposées que d’autres. Le radon peut pénétrer dans les bâtiments et s’y accumuler, par l’intermédiaire de failles dans les dalles ou à travers les vieux planchers de bois.

Ce gaz a été reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme agent cancérigène pour l’homme. Une étude de 2004 montre qu’en Europe, 9% des cancers du poumon seraient dus au radon (1). Le risque augmente avec la concentration et la durée d’exposition.

Au niveau réglementaire, l'arrêté du 22 juillet 2004 concerne la gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public (2) et s’applique notamment aux établissements d'enseignement. Seuls 31 départements français sont soumis à réglementation. Les campagnes de mesures ont lieu entre septembre et avril, période où le confinement des habitats et l’absence de ventilation sont optimaux, et les mesures sont réalisées par un organisme agréé dans les conditions fixées par le code de la santé publique (3). Bien qu’il n’existe pas de réglementation propre à l’habitat privé, les citoyens peuvent se procurer des dosimètres pour évaluer chez eux la concentration en radon.

Pour prévenir l’introduction de radon, dans les constructions neuves ou anciennes, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) préconise un étanchement et une ventilation efficaces, ainsi que l’instauration d’un système de mise en dépression du sol (SDS). Mais il n’y a pas de règle générale: les moyens à mettre en œuvre dépendent du type de bâtiment.

Des seuils de concentration en radon, mesurée en becquerels par mètre cube d’air (Bq/m3), ont été fixés: entre 400 Bq/m³ et 1.000 Bq/m³, le propriétaire du bâtiment doit mener des actions simples pour réduire l’exposition, et des travaux doivent être réalisés dans les deux ans si nécessaire. Mais ce délai n’est pas toujours respecté. Bernard Collignan, chef du pôle Ventilation et ambiances intérieures au CSTB, confie: «Comme tout système qui se met en place, il y a des retards». Lorsque la concentration est supérieure à 1.000 Bq/m3, les actions simples immédiates sont suivies d’un diagnostic du bâtiment. Selon une campagne lancée en 1999 et réalisée dans plus de 13.000 établissements publics, 8% se situaient entre 400 et 1.000 Bq/m3, et 4% dépassaient le seuil des 1.000 Bq/m3.

La gestion du risque lié au radon fait partie du plan national santé-environnement (PNSE) 2004-2008, qui se décline sous forme de plans régionaux (PRSE). Un plan d’actions interministériel 2005-2008 élaboré par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a également été publié le 31 mars 2006. En Auvergne, où les quatre départements sont classés en zone prioritaire pour la mesure du radon, le PRSE vise essentiellement à vérifier l’application de la réglementation dans les établissements ouverts au public, et à informer le public des moyens pour diminuer l’exposition au radon dans l’habitat. «Nous avons eu quelques appels suite à une conférence de presse organisée pour attirer l’attention sur le radon. Mais cela n’a pas vraiment alerté les foules» commente Jean-Paul Message, responsable du service santé-environnement à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) de l’Allier.

Pour le moment, pas d’arrêté en vue concernant l’habitat privé. Roselyne Améon, chercheure au Laboratoire d'étude du radon et d'analyse des risques de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), s’interroge sur la possibilité de mise en place d’une telle réglementation: «Il faut y réfléchir. La mesure de concentration en radon se faisant sur deux mois, des problèmes d’intégrité sont susceptibles de se poser. Avant la vente d’un bien, les dosimètres pourraient très bien être fermés et les fenêtres ouvertes. De plus, il faudrait savoir où rendre ces mesures obligatoires. Par exemple, doivent-elles concerner uniquement les zones prioritaires?». La tâche s’annonce donc difficile.

(1)Radon in homes and risk of lung cancer: collaborative analysis of individual data from 13 European case-control studies (British Medical Journal, 21 December 2004)

(2)Arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public (J.O n° 185 du 11 août 2004 page 14359, texte n° 25)

(3)Article R 1333-15 du Code de la Santé Publique
Par NOUZILLE - Publié dans : Risques environnementaux
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Mardi 27 juin 2006 2 27 /06 /2006 09:13
L'INRS et le ministère du travail lance une campagne de contrôle sur la présence de produits cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques sur les lieux de travail.

Ci-dessous le communiqué de presse sur le sujet

Paris, le 26 juin 2006

Campagne de contrôle ciblée sur les produits CMR

Comme Gérard LARCHER, ministre de l’emploi, du travail et de l’insertion professionnelle des jeunes, l’a annoncé aux partenaires sociaux, le 24 mai 2006, dans le cadre du Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels, le ministère chargé du travail (Direction des relations du travail), la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) (Direction des risques professionnels) et l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), ont lancé, en juin 2006, une campagne nationale de contrôle ciblée sur l’utilisation en entreprise d’agents cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR).

La méthode des campagnes de contrôles ciblées organisées en 2004 et 2005 sur les chantiers de retrait d’amiante - qui feront l’objet d’une troisième campagne ciblée cet automne - est donc étendue aux agents cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction.

Cette campagne vise à évaluer le respect de la réglementation renforcée relative aux agents CMR de catégorie 1 ou 2 introduite par le décret n° 2001-97 du 1 er février 2001 et notamment la mise en œuvre du principe de substitution. Cette réglementation concerne les agents classés au niveau communautaire en catégorie 1 (risque prouvé chez l’homme) ou 2 (risque prouvé chez l’animal et suspecté chez l’homme). L’enquête SUMER 2003 a révélé qu’un nombre important de salariés se déclarent exposés à ces agents.

Dans la logique du Plan Santé au Travail 2005-2009, face aux enjeux cruciaux attachés à l’amélioration de la santé et de la sécurité au travail, le renforcement de l’effectivité de l’application du droit est tout à fait essentiel. C’est l’objectif de cette campagne qui s’attaque à des risques dont la prise en compte présente des difficultés particulières, en raison de leur caractère diffus et de leurs effets différés sur la santé (risque de cancers professionnels notamment).

En 2006, la campagne est centrée sur certaines substances : le trichloréthylène, les fibres céramiques réfractaires (FCR), les phtalates, les chromates, deux amines aromatiques et les dérivés du plomb. En conséquence, les secteurs d’activité identifiés comme étant utilisateurs de ces substances, c’est à dire la mécanique industrielle, la plasturgie et la fabrication de peintures et de vernis font partie des cibles de la campagne, ainsi que les secteurs dans lesquels des travailleurs sont susceptibles d’être exposés à des FCR. Compte tenu du nombre important d’agents chimiques entrant dans le champ d’application du décret CMR, de nouvelles opérations du même type pourront être conduites dans les années à venir. Les visites, assurées par les agents de l’inspection du travail et des services de prévention des Caisses de Sécurité Sociale (CRAM et CGSS), s’achèveront à la fin du mois de juillet. Les résultats de la campagne sont attendus au dernier trimestre 2006. Le bilan de la campagne sera rendu public par Gérard LARCHER.

Contacts presse : INRS : Marc Malenfer, 01 40 44 14 40, marc.malenfer@inrs.fr Ministère chargé du Travail : Christiane Giraud, 01 44 38 25 15, christiane.giraud@drt.travail.gouv.fr
Par NOUZILLE - Publié dans : Santé au travail
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Vendredi 16 juin 2006 5 16 /06 /2006 08:59
Suite aux études du Pr Viel, dont nous avons parlé la semaine passée sur ce site, celui-ci a annoncé avoir découvert des oeufs contaminés à la dioxine près de l'incinérateur de Besançon. Des mesures d'interditio nde consommation ont été prises. Voir ci-dessous l'article paru ce jour dans le figaro.

Découverte de dioxines dans des oeufs à Besançon

Yves Miserey
15 juin 2006, (Rubrique Sciences & Médecine)

L'autoconsommation des oeufs provenant de poulaillers domestiques est provisoirement interdite à proximité d'un incinérateur.

DES OeUFS collectés dans trois poulaillers domestiques en plein air se trouvant dans la zone située sous le panache de l'usine d'incinération des ordures ménagères de Besançon (Doubs) contiennent des taux de dioxine supérieurs aux normes, et même très nettement supérieurs à la teneur maximale autorisée dans le secteur le plus exposé, au nord-est de l'installation. Les dioxines sont des produits chimiques toxiques essentiellement formés lors de combustions incomplètes, qui s'accumulent dans les graisses tout au long de la chaîne alimentaire.

«J'ai tout de suite alerté la préfecture, la mairie et la direction régionale des affaires sanitaires et sociales», confie Jean-François Viel, épidémiologiste à l'université de Besançon (Doubs). Il avait financé ces analyses dans le cadre des recherches qu'il mène avec son équipe depuis huit ans sur l'impact sanitaire des rejets de l'incinérateur bisontin et il a été le premier surpris de ces taux. En effet, l'incinérateur de Besançon respecte les nouvelles normes de rejet rendues obligatoires depuis le 28 décembre 2005.

Les analyses ont été effectuées par un laboratoire lyonnais agréé par le ministère de l'Agriculture. Hier, lors d'une réunion à la préfecture, il a été convenu d'en réaliser de nouvelles pour vérification. Les services vétérinaires vont également essayer de déterminer avec précision les causes de la contamination (les incinérateurs ne sont pas l'unique source de dioxines). Les résultats devraient être connus dans un ou deux mois. En attendant, les propriétaires des poulaillers vont devoir renoncer à manger les oeufs de leurs poules.

Le scandale suscité par les rejets de dioxines des incinérateurs de Gilly-sur-Isère (Savoie), Gien (Loiret) et Maincy (Seine-et-Marne) avait déjà amené l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire et des aliments) à s'interroger sur tout ce qui pouvait contribuer à aggraver la contamination en dioxines des oeufs produits dans des élevages de plein air de particuliers. Dans une étude rendue publique en décembre 2005, l'Afssa cite notamment l'apport de cendres de bois traité au sol pour renforcer la solidité des coquilles, la nourriture donnée par terre plutôt que dans une mangeoire, le fait de donner des épluchures de fruits ou de légumes non lavés et donc contaminés, le fait que les animaux restent longtemps à l'extérieur, etc.

Pollution longue durée

En conclusion, les experts évoquaient l'hypothèse que si l'on arrivait à fixer des seuils de concentration de dioxines dans les sols, on pourrait parvenir à savoir si, dans ces zones, l'élevage de volailles en plein air et la consommation des oeufs est sans danger. Le problème est complexe, car les dioxines ont une longue durée de vie dans les sols et, dans le passé, les rejets ont été largement plus abondants qu'aujourd'hui.

«Si on avait cherché en aveugle, on n'aurait sans doute rien trouvé», note Jean-François Viel. Après huit ans de travaux sur l'impact sanitaire de l'incinérateur de Besançon, l'équipe qu'il dirige accumule les résultats. En 2000, ils ont mis en évidence un excès de cancer des ganglions (lymphome malin non hodgkinien) à proximité de l'installation. Deux ans plus tard, ils ont calculé que le risque de développer un cancer des ganglions est 2,3 fois plus élevé pour les habitants de la zone la plus exposée aux retombées de dioxines que pour ceux résidant dans le secteur le moins exposé. Ils viennent de démontrer (1) que les sols les plus contaminés se trouvaient au nord-est de l'usine, là justement où les lymphomes sont les plus nombreux et où les oeufs contiennent des taux élevés de dioxines. Il faut aller voir sur le terrain et s'intéresser de près aux habitudes de vie locales chacun et notamment à l'alimentation des populations, principal facteur de contamination. C'est la principale leçon de cet épisode inattendu survenu hier.
(1) Environmental Science and Technology, vol. 40, n°7, 2006.
Par NOUZILLE - Publié dans : Incinérateurs et dioxines
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