AMIANTE et les suites

Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /2006 17:16
Lu cette dépêche AFP ce jour sur le procès de l'amiante à Lille

Amiante: ouverture à Lille du procès d'Alstom Power Boilers

Le procès de la société Alstom Power Boilers, jugée pour mise en danger de la vie de ses salariés pour ne pas avoir respecté la législation sur l'amiante entre 1998 et 2001 sur son site de Lys-lez-Lannoy (Nord) s'est ouvert jeudi devant le tribunal correctionnel de Lille.

Quelque 200 personnes, dont de nombreux anciens salariés d'Alstom et une dizaine de veuves de salariés de l'industrie victimes de l'amiante de Dunkerque, se sont rassemblées devant le tribunal peu avant le début de l'audience.

En présence de la maire PS de Lille Martine Aubry venue apporter son "soutien", des manifestants ont brandi des affiches sur lesquelles était inscrit: "Amiante, Alstom: multinationale française racaille qui méprise les hommes et les lois de la République".

"Ce que je veux, c'est que les gens soient punis parce qu'ils étaient au courant et parce que je veux que cela ne se reproduise plus jamais", a déclaré Freddy Roussen, un manifestant, salarié d'Alstom de 1980 à 1993. Environ 150 ex-salariés de l'usine de Lys sont partie civile au procès.

Alstom Power Boilers, en tant que personne morale, se voit reprocher de ne pas avoir appliqué dans son usine nordiste de chaudières un décret de 1996 sur la protection des salariés contre "les risques d'inhalation de poussières d'amiante".

Poursuivi pour ce même motif, le dernier directeur du site - vendu en 2001 à SI-Energie alors qu'il comptait 360 employés, puis liquidé en 2003 - est également jugé pour "non-respect des règles d'hygiène et de sécurité".

Il encourt un an de prison et 15.000 euros d'amende, tandis qu'Alstom risque des amendes.

Alstom Power Boilers avait été mise en examen en janvier 2005, environ deux ans après l'ouverture d'une information judiciaire. Celle-ci faisait suite à un rapport de l'inspection du travail mettant en évidence des manquements à la réglementation sur l'amiante.
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Jeudi 25 mai 2006 4 25 /05 /2006 10:23
Paru dans le Monde, ce court article sur les réquisitions au procès de l'amiante à Lille.

Amiante : peine maximale requise contre la société Alstom Power Boilers

LE MONDE | 23.05.06 | 14h44 • Mis à jour le 23.05.06 | 14h44

La peine maximale - soit 75 000 euros d'amende - a été requise, lundi 22 mai, devant le tribunal correctionnel de Lille contre la société Alstom Power Boilers, jugée pour mise en danger de la vie des salariés par l'amiante de 1998 à 2001.

Contre Bernard Gomez, directeur à l'époque de cette usine de chaudières de Lys-Lez-Lannoy (Nord), le procureur a requis une peine d'un an avec sursis, assortie d'une "mise à l'épreuve avec obligation d'indemniser les victimes". Le parquet a dressé une liste de "manquements élémentaires" du groupe Alstom dans ce dossier : "Pas d'information des salariés, pas de notice, pas de formation, pas de protection", comme le prévoit pourtant un décret de 1996. Les avocats de la partie civile ont demandé 10 000 euros de dommages et intérêts pour chacun des 150 anciens salariés.

L'avocat d'Alstom Power Boilers, Me Patrick Maisonneuve, a affirmé qu'"Alstom a été dans notre pays un des groupes qui s'est sensibilisé parmi les premiers au problème de l'amiante". Jugement le 4 septembre. - (APF, Reuters.)
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Mardi 6 juin 2006 2 06 /06 /2006 17:44
Des ex-salariés portent plainte contre X

Quatre anciens salariés d'une entreprise dunkerquoise, FDRS, et le syndicat CFDT Métaux, ont déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui, le 5 juin 2006 devant le tribunal de grande instance de Dunkerque. Les ex-salariés, malades estiment avoir été victimes d'une exposition à l'amiante hors normes. Une expertise réalisée en 2001 avait relevé des concentrations dans l'air de 20,65 fibres par litre, largement supérieure aux normes imposant un confinement et des mesures de protection strictes. Selon la CFDT et son représentant, ancien salarié de l'usine, Pierre Mequinion, 5 ancien salariés sont décédés et 34 sont malades en lien avec leur exposition aux poussières d'amiante.
Durant le premier procès pénal de l'amiante, en mai au tribunal de Lille, une amende de 75.000 euros et de la prison avec sursis ont été requises, respectivement contre la société Alstom Power Boilers et l'ancien directeur du site de Lys-lez-Lannoy. Le jugement est attendu dans quelques semaines.

contact pour la plainte FDRS
Pierre Méquinion
pierre.mequinion@free.fr
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Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /2006 17:34
le Comité anti-amiante Jussieu a rendu public le 8 juin un communiqué retraçant l'étrange mic-mac de certains batiments de Jussieu, dont le désamiantage n'est achevé, au bout de 10 ans, que pour 20% de surfaces. Un record de lenteurs et de faux-semblants... On attend avec intérêt la réaction des autres parties prenantes de ce dossier gigogne.

ci-dessous le communiqué du CAAJ du 8 juin 2006

A JUSSIEU, ON INAUGURE, MAIS ON NE DÉSAMIANTE PAS !

Ce jeudi est inauguré un nouveau bâtiment, modestement appelé « Atrium » - sur le campus Jussieu. Ce bâtiment est l’un des plus beaux symboles du détournement de l’opération de désamiantage : officiellement destiné à reloger des activités situées dans les bâtiments amiantés du campus pour pouvoir les mettre en travaux, il va servir en fait à tout autre chose ! L’histoire mérite d’être comptée.

En 1996, a été prise la décision de désamiantage de Jussieu. Un contrat a été signé qui prévoyait de faire le désamiantage en 3 ans. Au bout de 10 ans, seules 20% des surfaces ont été désamiantées et rénovées, 37% sont en chantier et 43%...sont en attente : l’amiante est toujours là et les activités universitaires s’y déroulent comme si de rien n’était. Et cette année, pas une seule fibre d’amiante ne sera retirée du campus Jussieu.

Pourquoi cette situation ? Parce qu’en 1997, le ministre de l’époque, Claude Allègre, opposant déclaré au désamiantage, a décidé, faute de pouvoir arrêter l’opération, de la détourner : le désamiantage est devenu un prétexte pour faire construire à grands frais de nouveaux bâtiments, qui n’étaient pas justifiables au plan strictement universitaire.

En premier lieu, Claude Allègre décida de faire construire un bâtiment avec restaurant panoramique, pour son propre institut, l’IPGP, qui ne représente que 3% des activités présentes à Jussieu ! Il décida en outre de le faire construire rue Cuvier, à 50 m de Jussieu, à la place d’un bâtiment existant (non amianté et récemment rénové) abritant des activités d’enseignement et de recherche de l’Université Paris 6. Il fallait donc, pour pouvoir réaliser l’opération, détruire au préalable le bâtiment existant et reloger les activités présentes.

Ainsi fut donc décidé de construire le nouveau bâtiment Atrium sur le campus Jussieu pour reloger les activités du bâtiment qu’on va détruire rue Cuvier. Officiellement, cette nouvelle construction a toujours été présentée comme étant destinée à reloger des personnels et étudiants présents dans des bâtiments amiantés du campus Jussieu avec comme objectif « l’accélération des travaux de désamiantage ».

C’est même précisément cette justification fallacieuse qui a été présentée à la représentation parlementaire pour le vote du projet de loi de finances (et qui figure explicitement dans les compte rendus). En fait seul 12 % du bâtiment sera utilisé pour le relogement d’activités des zones amiantées. On comprend aisément sur cet exemple comment on peut à la fois ne pas faire le désamiantage de Jussieu tout en dépensant à ce titre des centaines de millions d’euros.
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Mardi 18 juillet 2006 2 18 /07 /2006 19:41
Le comité anti-amiante Jussieu a adressé le 13 juillet une lettre à jacques Chirac pour lui rappeler sa promesse non tenue concernant le désamiantage de Jussieu

ci dessous le communiqué de cu comité

Communiqué de Presse 13 juillet 2006 Jussieu : 10 ans après, l'amiante est toujours là

Lettre ouverte au Président de la République

Il y a exactement 10 ans, le 14 juillet 1996, le président avait annoncé le désamiantage du campus Jussieu en déclarant lors de son allocution qu'« avant la fin de l'année, il n'y aura plus d'étudiants à Jussieu, parce qu'il y a un risque ». 10 ans après, seuls 20% des locaux ont été désamiantés et rénovés, 37% sont en chantier et dans 43% des locaux, l’amiante est toujours là et les activités universitaires s’y déroulent comme si de rien n’était. A l'occasion de ce dixième anniversaire, le Comité Anti­Amiante Jussieu a adressé une lettre ouverte au Président de la République (copie jointe) pour lui demander de rappeler solennellement les obligations de santé et de sécurité et décider de faire évacuer les zones amiantées du campus Jussieu avant la fin 2006.
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