Risques environnementaux

Vendredi 17 mars 2006 5 17 /03 /2006 22:20
Selon une étude parue le 15 mars dans la revue de santé publique de Harvard, American journal of respiratory and critical care medicine, la mortalité à long terme des adultes diminue lorsque la pollution de l'air par des poussières utrafines baisse.
Cette relation, jusque-là présumée sur longue période, a été mesurée de manière très précise dans le cadre de l'étude américaine Six Cities, portant sur le suivi de 8 100 adultes de race blanche habitant des villes moyennes américaines. Selon les chercheurs de Harvard, chaque diminution d'un microgramme de poussières ultrafines (dite PM2,5) par m3 d'air a pour conséquence une baisse de la mortalité de 3% dans la population étudiée.
A l'échelle des Etats-Unis, chaque microgramme en moins dans l'air ferait économiser 75 000 décès par an, selon l'une des auteurs de cette étude, Francine Laden, professeur assistant d'épidémiologie environnementale à Harvard.
L'agence environnementale américaine (EPA), qui a cofinancé cette étude, doit se prononcer mi-avril sur le rélèvement éventuel des normes de pollution dans l'air, notamment sur des périodes de 24 heures. Des conseillers scientifiques de l'EPA souhaitent que cet organisme soutiennent le rélèvement de ces seuils. Cette étude de Harvard vient étayer leurs arguments.

En europe, le projet CAFE (clean air for Europe) fait l'objet de discussions du même type, mais la commissions de Bruxelles a, ces derniers mois, plutôt décidé de ne pas imposer de normes trop strictes sur les poussières fines, afin de ne pas gêner les industriels. Plusieurs scientifiques renommés ont vivement critiqué ce revirement européen. (Voir article dans ce site et rubrique liens ci-contre)

En France, comme nous l'avons écrit le 14 mars, les seuils de pollution de l'air concernant les particules sont justement jugés "préoccupant" par le ministère de la santé. Sans plus....

présentation de l'article à la page web:
http://www.hsph.harvard.edu/press/releases/press03152006.html

site de l'EPA avec la page sur les particules fines:
http://www.epa.gov/air/particlepollution/actions.html
Par NOUZILLE - Publié dans : Risques environnementaux
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /2006 14:26
Dans un communiqué publié le 16 mars, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire rend compte des derniers résultats d'un programme de recherche ENVIRHOM démarré en 2002 sur la radioactivité à faible dose. Selon ces travaux, les effets contaminants d'une exposition à faible dose mais chronique ne sont pas les mêmes que ceux liés à une exposition massive et courte (comme une bombe d'Horishima). Ces découvertes devraient conduire à pousser plus loin les études -notamment sur les effets autre que cancérigènes - et à réviser probablement les modèles actuels de radioprotection, basés justement sur les effets constatés parmi les survivants des explosions d'Hiroshima et Nagasaki.

Voir le communiqué de l'IRSN sur www.irsn.org
Par NOUZILLE - Publié dans : Risques environnementaux
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 30 mars 2006 4 30 /03 /2006 19:51
Dans un communiqué paru il y a quelques jours, les ministres de l'agriculture et de l'écologie donnent des délais supplémentaires aux éleveurs polleurs afin de leur permettre de remplir des demandes de subventions destinées à financer des réductions de leurs rejets. Il s'agit d'un aménagement très "politique" afin de ne fâcher personne, notamment à l'approche des élections ou des discussions à venir sur le projet de loi sur l'eau, qui doit revenir à l'assemblée nationale au printemps.

Ci-dessous le communiqué des deux ministres:

Dominique Bussereau et Nelly Olin rappellent aux éleveurs situés en zone vulnérable que la fin de gestion du programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole PMPOA 2 est fixée au 31 décembre 2006

jeudi 9 mars 2006

Ministère de l’Agriculture et de la Pêche

Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable

Dominique Bussereau et Nelly Olin rappellent aux éleveurs situés en zone vulnérable que la fin de gestion du programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole PMPOA 2 est fixée au 31 décembre 2006. D’ici là, le plus grand nombre d’éleveurs doit bénéficier de ce programme, c’est pourquoi ils ont décidé que les dossiers pourront être déposés jusqu’au 31 décembre 2006.

La France s’est engagée à assurer, avant la fin 2006, une application efficace de la directive « nitrates » dans les zones vulnérables. De façon à répondre à cet engagement, le PMPOA 2, programme volontaire, a été mis en place avec une échéance au 31 décembre 2006 pour les éleveurs situés en zone vulnérable.

Les ministres appellent les éleveurs qui ne se seraient pas encore engagés dans la démarche à déposer leur dossier dans les prochains mois. Seule l’implication forte de tous les partenaires permettra à la France de respecter son engagement communautaire et d’avoir un effet significatif sur le milieu. D’ores et déjà les récentes mesures de simplification adoptées et la mobilisation de tous les acteurs ont largement contribué à l’accélération de la mise en œuvre du dispositif. A ce jour, près de 22 000 dossiers ont été engagés, et pour la seule année 2006, plus de 20 000 dossiers sont attendus.

Afin de permettre au plus grand nombre d’éleveurs de bénéficier d’une aide à la mise aux normes de leur outil de production, Dominique Bussereau et Nelly Olin ont décidé d’aménager la fin de gestion du programme. Alors qu’il était prévu de n’accepter en 2006 que les dossiers pouvant être instruits et engagés, les dossiers pris en compte seront ceux déposés jusqu’au 31 décembre 2006.

Cet aménagement de fin de gestion va permettre de faire face dans de bonnes conditions au dépôt massif de dossiers attendus en 2006.
Par NOUZILLE - Publié dans : Risques environnementaux
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /2006 20:08
Dans un article paru dane le numéro d'avril de la revue Environmental Health Perspectives (N°114, N°4,april 2006), des chercheurs américains confirment ce qui était déjà une quasi-certitude: l'ozone, polluant secondaire majeur particulièrement présent dans les zones urbaines ou industrielles en période estivale, a des effets immédiats et mortels sur l'homme. Mais ils insistent notamment sur le fait que ces effets sont sensibles bien au-dessous des seuils d'alerte actuels et même des niveaux traditionnellement considérés comme très bas. Autrement dit: les normes actuelles ne protègent pas la santé.
Ce n'est pas la première fois que les études scientifiques remettent en question les normes en matière de pollution à l'ozone. L'OMS s'est déjà plusieurs fois posé la question, les débats européens sur le sujet sont importants. Mais en France, alors que l'ozone provoque probablement plusieurs milliers de décès par an, le sujet est totalement passé sous silence. Les seuils d'information ou d'alerte de la population sont beaucoup trop hauts puisque les effets sur la santé sont sensibles avec de très faibles quantités. Un scandale que nous avons dénoncé dans "Les Empoisonneurs", en nous basant sur toutes les études disponibles, qui sont particulièrement impressionnantes. Cet article de la revue EHP confirme, une fois de plus, l'ampleur du problème qui reste posé...

résumé de l'article d'Environmental health perspectives, avril 2006

Ozone Overload
Current Standards May Not Protect Health
Ozone is a common urban pollutant that has been linked to health effects such as reduced lung function, increases in respiratory symptoms, and development of asthma. Now a team of researchers reports that ozone may pose a danger to human health even at levels far below the limits set by current U.S. and international regulations [EHP 114:532-536; Bell et al.]. The team conducted a study of 98 U.S. urban communities between 1987 and 2000 to investigate whether there is a threshold below which ozone does not affect mortality, and report that they were unable to identify such a threshold.

Smog alert. A new study was unable to identify a threshold below which ozone no longer affected premature mortality.

More than 100 million Americans live in areas that exceed the EPA's National Ambient Air Quality Standard (NAAQS) for ozone of 80 parts per billion (ppb) ozone averaged over a peak 8-hour time period. The EPA is currently reviewing scientific evidence to determine whether that NAAQS should be revised in order to meet the 1997 Clean Air Act's goal of protecting human health with an adequate margin of safety.

The researchers embarked on this project to better identify that margin. Data were gathered from the National Morbidity, Mortality, and Air Pollution Study, a project launched in 1996 to address questions about the degree to which particulate matter is responsible for changes in daily mortality rates. They also used ozone data from the EPA and weather data from the National Climatic Data Center. Then they applied a Bayesian hierarchical model to mortality data from the National Center for Health Statistics to evaluate the relationship between ambient ozone levels and mortality rates within each community over a 14-year period.

The key finding of their research is strong and consistent evidence that daily increases in ambient ozone exposure were associated with daily increases in premature mortality. This was true even at very low pollution levels, including an idealized scenario in which every community always met current ozone regulations. In that scenario, each daily 10-ppb increase of 8-hour ozone was associated with a 0.30% increase in mortality.

"All results indicate that any threshold would exist at very low concentrations, far below current U.S. and international regulations and nearing background levels," the authors write. They conclude that any reduction in ambient ozone levels, such as through transportation planning in urban areas, could be expected to yield important benefits to public health, even in areas that already meet current regulatory standards.

Richard Dah
Par NOUZILLE - Publié dans : Risques environnementaux
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Vendredi 7 avril 2006 5 07 /04 /2006 19:39
A l'approche du 20ème anniversaire de l'accident de Tchernobyl, à lire cet article du Monde sur le bilan controversé de la catastrophe.

Selon un rapport indépendant, les chiffres de l'ONU sur les victimes de Tchernobyl ont été sous-estimés
LEMONDE.FR | 07.04.06 | 12h55 •

L'organisation internationale "Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire" (IPPNW) a estimé, jeudi 6 avril, que le bilan et les prévisions de l'ONU sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl étaient "sous-estimés" et a appelé à plus de transparence sur le sujet. Le rapport de l'ONU, publié en septembre 2005 (soit quelques mois avant le 20e anniversaire de Tchernobyl, le 26 avril), avait attribué à la catastrophe moins de cinquante morts directes à la date de fin juin 2005. "Ces chiffres sont sous-estimés et absolument faux", a critiqué Angelika Claussen, présidente de la section allemande de l'IPPNW.

A l'occasion de la présentation de son propre rapport sur les "Conséquences de Tchernobyl sur la santé" réalisé avec la "Société pour la protection contre les rayonnements" (GSF), l'IPPNW ne prétend pas vouloir présenter des chiffres absolus, "impossibles à obtenir pour des raisons de méthode". Il s'agit plutôt de "donner un ordre de grandeur des dommages" causés par Tchernobyl, a souligné Mme Claussen. Dans son rapport, l'organisation demande à la communauté internationale "l'accès illimité des citoyens intéressés aux données sur la catastrophe de Tchernobyl", "l'abandon des centrales nucléaires" et une aide "efficace et sur le long terme" aux personnes tombées malades à la suite des radiations dans la région de Tchernobyl.

"UNE MENTALITÉ DE VICTIME"

Selon cette étude reposant sur l'évaluation d'expertises existantes, "plus de 10 000 personnes [seraient] atteintes d'un cancer de la thyroïde et 50 000 cas supplémentaires [seraient] attendus à l'avenir". De son côté, l'ONU fait état de "quelque 4 000 cas de cancer de la thyroïde" imputables à la contamination résultant de l'accident. "En Europe, il y a eu 10 000 malformations chez les nouveaux-nés en raison de Tchernobyl et 5 000 décès chez les nourrissons", affirme l'IPPNW. Par ailleurs, "plusieurs centaines de milliers de membres des équipes d'intervention [sur le site] sont de nos jours malades des suites des radiations, plusieurs dizaines de milliers sont morts", poursuit l'organisation.

"Il est très cynique de reprocher aux personnes en Ukraine, en Biélorussie et en Russie une mentalité de victime et de leur recommander de mieux se nourrir et d'avoir un style de vie plus sain", a affirmé Mme Claussen. En effet, selon le rapport de l'ONU, la population locale "a tendance à mettre tous les problèmes de santé sur le compte de l'exposition aux rayonnements" et "à supposer que les décès imputables à l'accident de Tchernobyl étaient beaucoup plus nombreux qu'ils ne le sont réellement". Réconfortés par le rapport onusien, les académiciens russes continuent de nier l'ampleur de la catastrophe, provoquant la colère des victimes et des écologistes.

UN ANNIVERSAIRE POLÉMIQUE

L'explosion le 26 avril 1986 du quatrième réacteur de la centrale de Tchernobyl (Ukraine, à l'époque république soviétique) "n'est pas une catastrophe, ni même un accident technique grave si l'on juge d'après le nombre de victimes", estime Léonid Bolchov, directeur d'un institut sur l'énergie atomique à l'Académie des sciences. "Les conséquences de Tchernobyl prouvées scientifiquement sont bien limitées : 47 secouristes sont morts des suites de l'exposition aux radiations et neuf enfants de cancers de la thyroïde", souligne le responsable en reprenant le rapport de l'ONU.

L'académicien Léonid Iliine, directeur de l'Institut étatique de biophysique, qui avait déconseillé en 1986 aux autorités ukrainiennes d'évacuer Kiev, distante de 70 kilomètres, alors qu'il y avait une menace d'une nouvelle explosion, pense, vingt ans plus tard, que l'histoire lui a donné raison. Son seul regret ? que les hommes politiques ne l'aient pas écouté quand il avait proposé de "réduire les avantages" sociaux des liquidateurs, ces pompiers, soldats, ouvriers envoyés nettoyer le site après la catastrophe dans des conditions de sécurité dérisoires. Scandalisés par ces propos, les écologistes et les victimes de la catastrophe ont dénoncé mercredi une campagne destinée à faire oublier, selon eux, la plus grave catastrophe de l'histoire du nucléaire civil. "Tchernobyl sombre dans l'oubli en Russie, qui a de grandes ambitions nucléaires", déplore Viatcheslav Grichine de l'Union Tchernobyl, principale organisation des liquidateurs. Selon lui, sur 600 000 liquidateurs envoyés d'Ukraine, de la Russie et de Biélorussie, "25 000 sont morts et 70 000 restés handicapés en Russie, en Ukraine les chiffres sont proches et en Biélorussie 10 000 sont morts et 25 000 handicapés".

"UN SOUTIEN IDÉOLOGIQUE"

La branche russe de Greenpeace a pour sa part vilipendé le rapport de l'ONU qui "a pour objectif de soutenir idéologiquement le programme de construction de 40 nouveaux réacteurs nucléaires en Russie d'ici à 2030". Le rapport "fait partie d'une opération de relations publiques afin de rendre moins aigu le problème [de Tchernobyl] aux yeux de l'opinion alors que 70 à 80 % des Russes s'opposent à la construction de centrales nucléaires près de chez eux", a déclaré le responsable de Greenpeace Russie, Vladimir Tchouprov. Selon l'organisation écologiste, qui cite une étude du centre d'expertise écologique indépendante de l'Académie des sciences, 67 000 personnes sont mortes en Russie entre 1990 et 2004 des suites de Tchernobyl.

Lioudmila Komogortseva, présidente de la commission écologique de l'assemblée régionale de Briansk, la région russe la plus touchée par la radioactivité, a pour sa part déploré que plusieurs programmes d'approvisionnement des écoles en produits alimentaires et eau non contaminés ne soient plus financés depuis plusieurs années. Selon elle, 2 700 cas de cancers de la thyroïde ont été enregistrés entre 1991 et 2003 dans cette région, dont 290 cas chez des personnes qui étaient enfants au moment de la catastrophe. Des académiciens russes ont eux parlé mardi de seulement 226 cas répertoriés au total dans la région de Briansk.

Avec AFP
Par NOUZILLE - Publié dans : Risques environnementaux
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Liens

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus