Mardi 13 juin 2006 2 13 /06 /2006 21:33
ci-dessous un communiqué de l'Institut national du cancer, annonçant un colloque prochain sur la santé au travail.

COLLOQUE SANTÉ ET TRAVAIL :
CANCER, MAINTIEN DE L'ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE ET RETOUR À L'EMPLOI

L'Institut National du Cancer organise, le 21 juin 2006, à la bourse du Travail de Paris un colloque « santé et travail : cancer, maintien de l’activité professionnelle et retour à l’emploi ». Ce colloque propose de faire un point sur les problèmes du maintien dans l’emploi et de la reprise du travail des malades et anciens malades du cancer et de lancer un appel à projets de recherche en sciences humaines sur ces questions.

La question de la santé au travail est appelée à se poser avec de plus en plus d'acuité en raison, notamment, de l'allongement des périodes d'activité. L'adaptation des postes de travail s'imposera et la présence de malades au travail sera plus fréquente. C'est particulièrement vrai du cancer, dont l'apparition est fortement corrélée au vieillissement, mais aussi parce que des progrès thérapeutiques autorisent aujourd'hui la reprise ou le maintien des activités professionnelles. De plus en plus d'actifs seront donc, demain, concernés par cette maladie.

Réciproquement, le travail est un levier essentiel de la réadaptation sociale des malades et anciens malades et revêt pour eux une dimension cruciale. Mais les obstacles ne manquent pas dans ce parcours de réinsertion professionnelle, par exemple sous forme de discrimination liée à la maladie. Les difficultés liées à l'évolution de la maladie cancéreuse (traitements lourds, fatigue, anxiété, absences répétées, limitations d'activité ou de capacité, crainte de la récidive…) renforcent la spécificité du problème, même s'il comporte un certain nombre de traits communs à d'autres pathologies chroniques (sida par exemple).

Programme du colloque :

9h30 - 11h15 : Travailler avec un cancer : la situation d’emploi des malades

11h15 – 13h00 : Les expériences du cancer au travail: vécu des malades, pratiques d’entreprises

14h30 – 16h30 : Les acteurs et les partenaires sociaux face à la santé des travailleurs

Contact Presse :

Sophie Decroix Email : sdecroix@institutcancer.fr
Par NOUZILLE - Publié dans : Santé au travail
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Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /2006 17:34
le Comité anti-amiante Jussieu a rendu public le 8 juin un communiqué retraçant l'étrange mic-mac de certains batiments de Jussieu, dont le désamiantage n'est achevé, au bout de 10 ans, que pour 20% de surfaces. Un record de lenteurs et de faux-semblants... On attend avec intérêt la réaction des autres parties prenantes de ce dossier gigogne.

ci-dessous le communiqué du CAAJ du 8 juin 2006

A JUSSIEU, ON INAUGURE, MAIS ON NE DÉSAMIANTE PAS !

Ce jeudi est inauguré un nouveau bâtiment, modestement appelé « Atrium » - sur le campus Jussieu. Ce bâtiment est l’un des plus beaux symboles du détournement de l’opération de désamiantage : officiellement destiné à reloger des activités situées dans les bâtiments amiantés du campus pour pouvoir les mettre en travaux, il va servir en fait à tout autre chose ! L’histoire mérite d’être comptée.

En 1996, a été prise la décision de désamiantage de Jussieu. Un contrat a été signé qui prévoyait de faire le désamiantage en 3 ans. Au bout de 10 ans, seules 20% des surfaces ont été désamiantées et rénovées, 37% sont en chantier et 43%...sont en attente : l’amiante est toujours là et les activités universitaires s’y déroulent comme si de rien n’était. Et cette année, pas une seule fibre d’amiante ne sera retirée du campus Jussieu.

Pourquoi cette situation ? Parce qu’en 1997, le ministre de l’époque, Claude Allègre, opposant déclaré au désamiantage, a décidé, faute de pouvoir arrêter l’opération, de la détourner : le désamiantage est devenu un prétexte pour faire construire à grands frais de nouveaux bâtiments, qui n’étaient pas justifiables au plan strictement universitaire.

En premier lieu, Claude Allègre décida de faire construire un bâtiment avec restaurant panoramique, pour son propre institut, l’IPGP, qui ne représente que 3% des activités présentes à Jussieu ! Il décida en outre de le faire construire rue Cuvier, à 50 m de Jussieu, à la place d’un bâtiment existant (non amianté et récemment rénové) abritant des activités d’enseignement et de recherche de l’Université Paris 6. Il fallait donc, pour pouvoir réaliser l’opération, détruire au préalable le bâtiment existant et reloger les activités présentes.

Ainsi fut donc décidé de construire le nouveau bâtiment Atrium sur le campus Jussieu pour reloger les activités du bâtiment qu’on va détruire rue Cuvier. Officiellement, cette nouvelle construction a toujours été présentée comme étant destinée à reloger des personnels et étudiants présents dans des bâtiments amiantés du campus Jussieu avec comme objectif « l’accélération des travaux de désamiantage ».

C’est même précisément cette justification fallacieuse qui a été présentée à la représentation parlementaire pour le vote du projet de loi de finances (et qui figure explicitement dans les compte rendus). En fait seul 12 % du bâtiment sera utilisé pour le relogement d’activités des zones amiantées. On comprend aisément sur cet exemple comment on peut à la fois ne pas faire le désamiantage de Jussieu tout en dépensant à ce titre des centaines de millions d’euros.
Par NOUZILLE - Publié dans : AMIANTE et les suites
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Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /2006 17:27
Paru aujourd'hui dans la journaldelenvironnement.net cet article sur une étude scientifique américaine corroborant des risques accrus de cancer à la proximité d'usines rejetant des produits chimiques.

Rejets chimiques: risque de cancer près des usines

07/06/2006 14:29
Dans un article scientifique, des chercheurs associent la hausse du risque du cancer du cerveau chez les enfants avec la présence dans leur environnement d’un site industriel émetteur de substances chimiques.
par Claire Avignon

Les scientifiques d’Atlanta (Etats-Unis) ont voulu comprendre le rôle des molécules chimiques dans la survenue des cancers du cerveau chez l’enfant, beaucoup moins connu, selon eux, que le lien entre les substances chimiques et le développement du fœtus. L’étude est parue dans la revue Environmental health perspectives. Elle analyse le cas de 382 enfants de moins de 10 ans qui ont souffert d’une tumeur du cerveau entre 1993 et 1997. Leur taux d’exposition à des produits chimiques pendant la grossesse de leur mère a été étudié grâce à l’inventaire de rejets des substances chimiques ou toxic release inventory. Connu sous son acronyme TRI, il a été créé à la fin des années 1980 par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et rendu obligatoire pour toutes les usines du territoire américain. Il s’agit d’une source d’informations pour les riverains, mais aussi pour les chercheurs qui connaissent ainsi de manière précise le tonnage et le type de substance émise par chaque site industriel.

Selon les résultats, le risque de cancer avant 5 ans augmente de 66% pour les mères vivant à moins d’un mile (1,6 kilomètre) d’une usine qui émet des polluants, qu’ils soient reconnus ou non comme cancérogène. Pour le même périmètre, le risque croît de 72% lorsque les substances incriminées sont reconnues comme cancérogènes par la communauté scientifique.

Toutefois, les scientifiques de Georgie restent prudents. L’étude est une première et doit être confirmée par des travaux ultérieurs. En effet, l’inventaire TRI repose sur des données établies par les entreprises, et non par une source indépendante. D’autre part, les chercheurs n’ont pas vérifié l’exposition des femmes enceintes à leur travail, ou bien à d’autres sources environnementales comme le trafic routier ou les décharges.
Par NOUZILLE - Publié dans : REACH réglementation des produits chimiques
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Mardi 6 juin 2006 2 06 /06 /2006 17:44
Des ex-salariés portent plainte contre X

Quatre anciens salariés d'une entreprise dunkerquoise, FDRS, et le syndicat CFDT Métaux, ont déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui, le 5 juin 2006 devant le tribunal de grande instance de Dunkerque. Les ex-salariés, malades estiment avoir été victimes d'une exposition à l'amiante hors normes. Une expertise réalisée en 2001 avait relevé des concentrations dans l'air de 20,65 fibres par litre, largement supérieure aux normes imposant un confinement et des mesures de protection strictes. Selon la CFDT et son représentant, ancien salarié de l'usine, Pierre Mequinion, 5 ancien salariés sont décédés et 34 sont malades en lien avec leur exposition aux poussières d'amiante.
Durant le premier procès pénal de l'amiante, en mai au tribunal de Lille, une amende de 75.000 euros et de la prison avec sursis ont été requises, respectivement contre la société Alstom Power Boilers et l'ancien directeur du site de Lys-lez-Lannoy. Le jugement est attendu dans quelques semaines.

contact pour la plainte FDRS
Pierre Méquinion
pierre.mequinion@free.fr
Par NOUZILLE - Publié dans : AMIANTE et les suites
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Lundi 5 juin 2006 1 05 /06 /2006 17:58
Dans un article scientifique paru récemment dans la revue "Environmental science et technology", le professeur Jean-François VIEL et de son équipe du CHU de Besançon, complètent les études menées jusqu'à présent, qui avaient mis à jour un excès de cas de certains cancers (principalement les lymphomes malin non hodgkiniens) dans la proximité de l'incinérateur de Besançon (voir le livre Les Empoisonneurs sur toute ces travaux).
Il avait également établi une cartographie de ces cancers qui semblaient augmenter en se raprochant des retombées probables des dioxines, liées aus panaches des fumées de l'incinérateur. Dans sa nouvelle étude, le Pr Viel enfonce le clou: des mesures dans les sols ont permis d'établir des traces de dioxines, le lien entre le risque accru de cancers (lymphomes malins non hodgkiniens) avec les concentrations fortes de dioxines semble de mieux en mieux établie (le risque est de 2,5 fois plus elevé) et la source des dioxines (l'incinérateur) de plus en certaine. Conclusion: sans être une preuve absolue, cette étude importante renforce la probabilité d'un lien entre la survenue de ces cancers et les rejets de dioxines de l'usine.

Contact : Professeur Jean-François VIEL Faculté de Médecine et de Pharmacie, Besançon Téléphone : 03 81 21 87 38 Fax : 03 81 21 87 35 Courriel : jean-francois.viel@ufc-chu.univ-fcomte.fr "Dispersion Modeling as a Dioxin Exposure Indicator in the Vicinity of a Municipal Solid Waste Incinerator: a validation study" Environ. Sci. Technol. 2006, 40, 2149-2155.

ci-dessous le communiqué de presse du professeur Jean-François Viel sur le sujet

Des dosages de dioxines dans les sols autour de l’usine d’incinération d’ordures ménagères de Besançon renforcent l’hypothèse d’un lien avec la survenue de lymphomes malins non hodgkininens.

Par le terme «dioxines», on désigne les polychlorodibenzo-p-dioxines (PCDD) et les polychlorodibenzofuranes (PCDF) qui appartiennent à la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés. Il existe un très grand nombre de formes chimiques (ou « congénères ») dont la plus toxique (la 2,3,7,8 TCDD, appelée également « dioxine Seveso »), est considérée depuis 1997 par le Centre International de Recherche contre le Cancer (OMS) comme une substance cancérigène pour l’homme.

Toutefois, la responsabilité des dioxines à faibles doses environnementales (et non à doses accidentelles ou professionnelles) dans la survenue de cancers à proximité d’une usine d’incinération d’ordures ménagères est toujours débattue.

En 1998, un rapport du Ministère de l’Environnement révélait que les émissions gazeuses de dioxines par l’usine d’incinération de Besançon s’élevaient à 16 ng I-TEQ/m 3 (alors qu’une directive européenne de 1994 fixe le niveau d’émission à 0,1 ng I-TEQ/m 3 ). 1

Une première étude épidémiologique a mis en évidence un regroupement significatif de lymphomes malins non hodgkiniens autour de l’incinérateur d’ordures ménagères de Besançon. 2 Ce résultat a généré une nouvelle hypothèse : outre la source de contamination alimentaire bien documentée pour la population générale, n’y aurait-il pas un risque spécifique pour la population résidant à proximité d’une usine d’incinération via une exposition aérienne directe (par inhalation ou contact cutané) ou indirecte (par la consommation de denrées alimentaires produites localement) ?

Une deuxième étude épidémiologique (de type cas-témoins), a ensuite comparé l’exposition aux dioxines de patients atteints de lymphome malin non hodgkinien et de témoins de population, à partir des coordonnées de leurs lieux de résidence et des rejets aériens de dioxines par l’usine d’incinération d’ordures ménagères bisontine. 3

Un modèle de diffusion atmosphérique, estimant les retombées de dioxines au sol, a permis de définir quatre zones d’exposition croissante. Sur la période 1980-1995, le risque de développer un lymphome malin non hodgkinien était 2,3 fois plus élevé pour les individus résidant dans la zone classée comme la plus exposée aux retombées de dioxines que pour ceux habitant la que ce risque n’était pas majoré pour les deux zones d’exposition intermédiaire.

Une des limites de l’étude était représentée par le modèle de diffusion atmosphérique lui-même, bien qu’il tienne compte de nombreux paramètres, tels que la topographie de la zone, les paramètres météorologiques du site (rose des vents) et les caractéristiques de l’incinérateur (hauteur et géométrie de cheminée, flux et concentration de polluants). En effet, aucun dosage de dioxines dans les sols n’avait été effectué à cette époque pour le valider, faute de moyens.

La pertinence des quatre classes d’exposition et l’existence d’un seul point source de dioxines (l’usine d’incinération) restaient donc à confirmer.

La présente étude, publiée dans la revue américaine « Environmental Science & Technology », permet de répondre par la positive à ces deux interrogations. Soixante-quinze prélèvements de sols ont été effectués selon un plan d’échantillonnage prenant en compte les caractéristiques géologiques et topographiques de la zone considérée, ainsi que le modèle de diffusion atmosphérique (cf. Figure).

Dans ces échantillons, les concentrations en dioxines sont comprises entre 0,25 et 28,06 pg I-TEQ/g de matière sèche. Une interaction inattendue entre les concentrations en dioxines et la topographie est mise en évidence (cf. Tableau). La topographie se révèle en effet assez contrastée à Besançon, simple (pentes modérées et régulières) au Nord-Est et complexe (pentes plus tourmentées) au Sud-Ouest de l’usine d’incinération.

On note une relation croissante entre les 4 classes d’exposition modélisée à partir de la diffusion atmosphérique et la concentration dans les sols, en topographie simple. Par contre, en topographie complexe cette relation n’est pas observée.

La pertinence des quatre classes d’exposition est donc validée uniquement au NordEst de l’usine. Il se trouve que l’enquête cas-témoins précédente a porté très majoritairement sur cette zone (90% des cas et 91% des témoins), et qu’une nouvelle analyse sur ces seules données conduit à un risque de lymphome malin non hodgkinien légèrement augmenté (passant de 2,3 à 2,5).

Par ailleurs, la répartition des 17 congénères toxiques, au sein d’un même prélèvement constitue la « signature » d’une source d’exposition. Les données détaillées recueillies ont permis, à l’aide d’analyses statistiques complexes, de rechercher des profils différents, pouvant caractériser chacun une origine distincte de dioxines. Un profil identique est retrouvé pour tous les prélèvements, montrant sans ambiguïté l’existence d’une unique source d’exposition sur la zone d’étude (l’incinérateur). Toute autre source, ponctuelle ou diffuse (circulation automobile...) ne peut donc pas expliquer les résultats épidémiologiques obtenus.

Cette étude renforce donc l’hypothèse d’une association entre l’exposition environnementale à la dioxine et la survenue de lymphomes malins non hodgkiniens.
Par NOUZILLE - Publié dans : Incinérateurs et dioxines
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