Amiante : Alstom fait appel de sa condamnation par le tribunal correctionnel de Lille
LEMONDE.FR | 13.09.06 | 14h06 Mis à jour le 13.09.06 | 14h06 l
Astom a annoncé, mercredi 13 septembre, qu'il allait faire appel de sa condamnation pour avoir exposé des salariés de sa filiale Alstom Power Boilers à l'amiante sur son ancien site de fabrication de chaudières à Lys-lez-Lannoy, dans le Nord, entre 1998 et 2001. "Alstom va faire appel du jugement, rendu par le tribunal correctionnel de Lille le 4 septembre dernier, qui l'a condamné pour infraction à la réglementation sur les risques liés à l'inhalation de poussières d'amiante", indique le groupe dans un communiqué.
"Le recours d'Alstom vise à rétablir la réalité des faits et des situations. Alstom considère ainsi que plusieurs points d'application de la législation, tels qu'ils ressortent de l'argumentation du tribunal de Lille, appellent un nouvel examen par la justice", explique le groupe. Le groupe entend ainsi "contester l'assimilation, faite à tort par le tribunal, des activités menées sur le site de Lys-lez-Lannoy à "la fabrication ou la transformation de produits à partir d'amiante" ou encore "au confinement et au retrait de l'amiante"".
Mais aussi "faire valider les résultats des mesures d'empoussièrement dans les ateliers - réalisées non par Alstom mais par des organismes indépendants - qui se sont révélés conformes à la réglementation" et "contester la qualification de l'infraction retenue qui accuse sans justification Alstom d'avoir de manière délibérée mis en danger la santé de ses salariés".
Alstom qui juge "contestable" l'"analyse des faits et des principes fixés par la réglementation" ayant entraîné cette condamnation, dit cependant comprendre "l'émotion particulière suscitée par cette affaire (...) compte tenu des graves conséquences que l'utilisation de l'amiante dans le passé a eues dans de nombreux secteurs d'activité".
Alstom Power Boilers avait été condamné le 4 septembre à payer 75 000 euros d'amende et 1,5 million d'euros aux 150 salariés qui s'étaient portés parties civiles, la peine maximale encourue. Un ex-directeur de cette filiale s'était vu infliger neuf mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende. Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, a jugé que cette condamnation n'était "pas scandaleuse".
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eur combat n'aura pas été vain. Alors qu'elles doivent se rassembler à l'occasion d'une manifestation nationale, samedi 30 septembre à Paris, pour réclamer l'ouverture d'un procès pénal, les victimes de l'amiante obtiennent leurs premiers succès sur le terrain judiciaire.
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