Mardi 15 novembre 2005
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La directive Reach divise la gauche européenne
>>>LE MONDE | 14.11.05 | 15h31 Mis à jour le 14.11.05 | 15h31
>>BUREAU EUROPÉEN BRUXELLES>>>
Défenseurs de la santé contre partisans de la compétitivité : une véritable guerre de tranchées se prépare au Parlement européen, où les députés se prononceront, jeudi 17 novembre, sur les contraintes devant être imposées à l'industrie chimique, afin qu'elle teste la toxicité des substances qu'elle produit.
>>Dans un appel à ses collègues de gauche, le 11 novembre, le socialiste italien Guido Sacconi, rapporteur général du projet de directive Reach (qui désigne "l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques"), les supplie de "ne pas prendre de positions radicales" et de soutenir le compromis qu'il a négocié avec le Parti populaire européen (PPE, droite), et qui est contesté par les ONG et les syndicats.
>M. Sacconi explique qu'il a "préservé le pilier central de Reach, à savoir l'inversion de la charge de la preuve", celle-ci devant désormais revenir aux industriels, et non plus aux autorités publiques. Mais les Verts, les communistes, et une partie des socialistes lui reprochent d'avoir fait trop de concessions sur le nombre de substances à enregistrer.
>Monica Frassoni (Verts) voit dans ce compromis "les premiers effets de la grande coalition allemande" mise en place par la CDU et le SPD. Ce sont deux Allemands, Martin Schulz, président du groupe socialiste, et Hans-Gert Pöttering, président du PPE, qui l'ont entériné.
>Au conseil des ministres de l'Union européenne, l'Allemagne, dont l'industrie chimique est la plus puissante du continent, a obtenu que le vote, prévu le 29 novembre, soit reporté en attendant la mise en place du nouveau gouvernement à Berlin.
>>>Rafaële Rivais> Article paru dans l'édition du 15.11.05
Mercredi 16 novembre 2005
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Alors que les représentants de la chimie européenne et française poussent des cries d'orfraie sur les effets économiques potentiellement désastreux de la future réglementation européenne Reach, qui doit être adoptée dans une formule pourtant "light" par le Parlement européen ce jeudi 17 novembre, l'UIC (union des industries chimiques), qui regroupe les fabricants de l'hexagone, a publié ces jours-ci un bulletin de conjoncture qui mérite attention (consultable sur son site www.uic.fr. >>Après des années de déprime, la chimie retrouve le sourire. Selon l'UIC "Sur les 8 premiers mois de l'année 2005, l'activité de l'industrie chimique en France, hors pharmacie, confirme le début d'amélioration constaté en 2004, avec un taux de croissance en volume de 2,9 % par rapport à l'année antérieure. Sur lensemble de lannée 2005, les prévisions de croissance sétablissent à 2,7 %, contre 0,7 % en 2004. Après un début d'année très soutenu, le 2ème trimestre a été marqué par un net ralentissement.". >>Pour l'UIC, la croissance est tirée notamment par le secteur de la chimie organique et des savons-parfums et des produits d'entretien, alors que la chimie minérale et les spécialités sont moins à la fête. >>L'UIC prévoit une croissance de 2,2% en 2006 et espère la mise en oeuvre des propositions du Groupe de réflexion stratégique sur l'avenir de l'industrie chimique « Ces prévisions à moyen terme seront rendues dautant plus difficiles que la mise en oeuvre du futur règlement européen REACH fait peser de nombreuses incertitudes sur les perspectives économiques de lindustrie chimique » a commenté Alain Devic, Président de lUIC. L'organisation patronale ajoute: "Parallèlement, l'ensemble de l'industrie chimique européenne (EU 25), qui a connu une croissance plus vigoureuse que la France en 2004 devrait connaître une croissance plus modeste en 2005 (+ 1,6 % hors pharmacie) et plus marquée en 2006 (+ 2,5 %)." Autrement dit: tout ne va si mal pour les industriels, qui ne cessent de se plaindre de leur mauvais sort.
Jeudi 17 novembre 2005
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Le Parlement européen a adopté ce jeudi le projet de réglement REACH (voir les liens ci-contre). Une majorité, formée des conservateurs, libéraux et socialistes (mené le socialiste italien Guido Sacconi, rapporteur du projet)- a approuvé ce texte, qui a fait l'objet d'âpres discussions depuis des mois. >>Les contraintes d'enregistrement pour les 20 000 produits chimiques commercialisés entre 1 tonne et 10 tonnes par an en Europe ont été allégées, le dispositif se concentrant sur les substances de plus de 10 tonnes. Les substances chimiques présumées les plus nocives feront l'objet d'un enregistrement prioritaire et des tests les plus poussés, avant leur éventuelle limitation ou substitution. >>Des désaccords demeurent sur le projet voté ce jour, justement sur le principe de substitution des produits chimiques les plus dangereux, auquel les industriels ne veulent être soumis de manière obligatoire. Ce point doit encore faire l'objet de discussions, tout comme les contraintes applicables aux produits chimiques importés.
>>>Les industriels de la chimie ont lontemps combattu le projet Reach à coups d'études économiques alarmistes et d'arguments choc sur la "compétitivité" de le la chimie européenne. Ils dénoncaient les coûts jugés trop élevés des études nécessaires à l'évaluation des produits, dont ils auront désormais la charge. Après avoir obtenu des premiers amendements importants, avec l'aide des dirigeants Schröder-Blair-Chirac, au projet de la Commission européenne de 2003, les industriels ont poursuivi leur efforts de lobbying afin de rendre REACH "applicables" à leurs yeux, notamment auprès des députés et des gouvernements. Ils ne sont pas mécontents du texte final.>> Le changement de majorité en Allemagne, où la chimie compte de nombreux défenseurs, a pesé sur l'adoption d'un compromis par le Parlement européen entre socialistes et conservateurs.
>>Les associations écologistes et les Verts au Parlement européen dénoncent un "Reach au rabais".
>>Le conseil des chefs d'Etat et de gouvernements devait adopter le texte fin novembre. A la demande des allemands notamment, le vote a été repoussé en conseil européen en décembre ou janvier. Les tractations se poursuivront ensuite pour un nouveau vote en deuxième lecture du Parlement avant la mise en place de REACH, qui débutera en 2007 et prendra des années.
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