Risques environnementaux

Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /2006 19:14

Les émanations d'une petite usine métallurgique sèment le trouble en Lozère

LE MONDE | 09.10.06 | 15h54  •  Mis à jour le 09.10.06 | 15h54
MENDE CORRESPONDANCE
Les habitants de Pont d'Archat, petite zone artisanale du nord de la Lozère, à Rimeize, remuent ciel et terre pour fermer l'entreprise Plasma. Celle-ci, ouverte en février 2005, applique sur des plaques métalliques un revêtement de surface à base de nickel et de chrome. Elle emploie dix salariés et travaille pour le compte de Sollac, une filiale d'Arcelor.

Depuis son installation, les riverains souffrent de troubles de la respiration, de démangeaisons et certains ont la langue gonflée. Selon Marie-Hélène Auguoy, la plus proche voisine de l'établissement, "c'est à cause des poussières rejetées dans l'environnement, qui contiennent ces métaux".

La justice s'est saisie du dossier. En juillet, le procureur de la République à Mende a ouvert une information pour "fonctionnement sans autorisation", mais aussi pour "blessures involontaires", sur la base d'une expertise médicale qu'il avait demandée.

DIRECTIVE SEVESO

A Pont d'Archat, Plasma s'est installée sur une zone artisanale dont le cahier des charges stipule que "seuls des artisans peuvent s'installer à côté de leur maison d'habitation". Les riverains affirment que Plasma n'a pas ce statut même si Brigitte Limagne, l'avocate de l'entreprise, estime que "c'est une entreprise artisanale".

Demandé par Plasma, un rapport récent - mais non contradictoire - de l'Apave, un organisme privé de contrôle, semble aller dans le sens de l'industriel. "Ce rapport lève toute ambiguïté sur la pollution supposée. En revanche, comme mon client n'est pas mis en examen, je n'ai pas accès à l'expertise médicale", ajoute Me Limagne.

Le passé de Plasma ne plaide pas pour elle. L'entreprise est arrivée en Lozère alors qu'elle venait d'être fermée pour pollution excessive dans le Puy-de-Dôme. Le préfet y avait d'ailleurs estimé qu'elle relevait de la directive Seveso sur les installations dangereuses. Le préfet de Lozère devra lui aussi vérifier si une telle entreprise est bien adaptée aux zones artisanales et rurales de son département.

Jean-Pierre Amarger
Article paru dans l'édition du 10.10.06
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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /2006 10:56


Un article du www.lejournaldel'environnement.net fait le point sur les dernières discussions concernant la directive air: c'est peu encourageant!


 

Directive sur l'air: position peu ambitieuse du Conseil

24/10/2006 14:28
Lors du Conseil environnement, lundi 23 octobre, les Vingt-cinq sont parvenus à un accord politique concernant la prochaine directive sur l’air. Leur position, qui va dans le sens des propositions de la Commission, ne prend pas en compte les inquiétudes des professeurs européens de santé publique.

Gouverner
par Claire Avignon



Le 23 octobre, les déclarations du Conseil de l’environnement et de la Commission européenne ont été l’occasion d’assister à un décalage entre les déclarations officielles et la réalité des mesures annoncées. Tout le monde s’accorde sur le diagnostic. Ainsi, selon le Conseil, «il est reconnu que, malgré des améliorations significatives de la qualité de l’air en Europe dues à la législation et d’autres facteurs, la pollution atmosphérique continue à avoir de sérieux effets sur la santé et l’environnement.» De son côté, Stavros Dimas, commissaire européen à l’environnement, explique: «Chaque année, 370.000 personnes en Europe meurent prématurément de maladies liées à la pollution de l’air, 350.000 d’entre elles à cause des particules fines, dites PM-2,5.»

Pour autant, le Conseil a repris la plupart des propositions de la Commission européenne, critiquées par les professeurs de santé publique pour leur insuffisance (1). D’abord, il souhaite garder les normes actuelles pour 7 polluants (dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, plomb, PM-10, monoxyde de carbone, benzène et ozone troposphérique). Ensuite, les Etats membres veulent introduire une norme pour les PM-2,5 de 25 microgrammes par mètre cube (µg/m3) en moyenne annuelle (valeur cible pour 2010, puis valeur obligatoire pour 2015). Un plafond qui ne posera problème que dans les régions européennes les plus polluées. Pour comparaison, la norme américaine est de 15 µg/m3 et la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 10 µg/m3.

Enfin, le Conseil veut rendre plus flexible la directive. «Lorsque les Etats membres peuvent démontrer qu’ils ont pris toutes les mesures raisonnables pour mettre en oeuvre la législation mais qu’ils ont besoin de plus de temps pour atteindre les normes de qualité de l’air dans certaines zones, il est proposé de leur permettre de demander, sous certaines conditions, une prolongation limitée dans le temps pour être en conformité dans ces zones», indique le communiqué du Conseil. Ainsi, certains Etats membres pourront avoir une prolongation de trois ans après l’entrée en vigueur de la directive pour les PM-10, et de cinq ans pour le dioxyde d’azote et le benzène.

En raison du blocage de plusieurs Etats membres (Allemagne, Grèce, Pays-Bas, et Pologne) sur toute sévérisation des normes actuelles et de l’absence de volonté au niveau de la Commission, la directive air ne semble pas à la hauteur des enjeux de santé publique. Et ce, malgré le soutien du Danemark, de la France, du Royaume-Uni et de la Suède à une directive plus ambitieuse. Peut-être parce que les mesures à mettre en place ne pourraient pas se limiter à des normes sur les sites industriels et les véhicules neufs. Des limitations plus strictes exigeraient une refonte de la politique de transports publics, difficile à mettre en œuvre à l’échelle communautaire.

Seule avancée de la proposition de directive de la Commission, les Etats membres devront réduire de 20% l’exposition des personnes aux PM-2,5 entre 2010 et 2019. Un objectif qui devrait rester non contraignant après l'adoption de la position commune, au prochain Conseil de l'environnement, et la seconde lecture, qui devrait aboutir à un accord au premier semestre 2007.

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Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /2006 09:29
Le 9 novembre 2006, des scientifiques de renommée internationale présenteront le Mémorandum de l'Appel de Paris lors d'une conférence de presse qui aura lieu à 12h30 à la Maison de l'UNESCO. Autour du Pr. Dominique Belpomme, Yann Arthus-Bertrand, les Pr. Richard Clapp, James Clark, Marc Dufumier, Philippe Desbrosses et Genon Jensen dévoileront à la presse le contenu du Mémorandum.


Ce document, fruit de la concertation de 68 experts internationaux, propose 164 mesures à mettre en œuvre dans le domaine de la santé environnementale afin d'éviter ou d'atténuer les crises de santé publique dans les Etats membres de l'Union Européenne. Ces mesures concernent les maladies principalement liées à la pollution chimique : cancers, stérilité, malformations congénitales, obésité, maladie du système nerveux, allergies…

Ces mesures proposent notamment :
le retrait du marché des substances chimiques Cancérogènes, Mutagènes et Reprotoxiques (CMR) comme le formaldéhyde, certains phtalates (DEHP), le bisphénol A, le cadmium et le mercure, ainsi que leurs dérivés respectifs, etc. Ces mesures impliquent le renforcement du projet de règlement européen REACH
le retrait du marché des produits organobromés, en raison de la très grande réactivité du brome avec l'ozone et donc de la possibilité d'aggraver la disparition de la couche d'ozone stratosphérique
l'autorisation de mise sur le marché des pesticides, additifs alimentaires et cosmétiques selon une procédure réglementaire comparable à celle utilisée pour les médicaments
la réduction programmée de l'utilisation des pesticides, le développement de l'agriculture biologique, et donc une réforme de la politique agricole commune
la valorisation des déchets par le tri sélectif et le recyclage en remplacement de l'incinération et de la coïncinération
la création d'une agence européenne et d'un institut de recherche pour l'amélioration de la gestion et du traitement des déchets
la nécessité d'orienter le 7ème programme cadre de la communauté européenne pour la recherche et le développement technologique en direction de l'écologie et de la prévention des maladies environnementales, et non pas seulement en direction de la génétique et des traitements
l'enseignement de l'écologie et de l'hygiène dès le plus jeune âge
la création d'une nouvelle discipline médicale : la médecine environnementale.
La version intégrale du Mémorandum de l'Appel de Paris sera remise aux personnes présentes à la conférence de presse, ou sur demande par voie postale à partir du lundi 13 novembre.


Cette conférence de presse est organisée dans le cadre du Second colloque de l'Appel de Paris intitulé "Environnement et santé durable : une expertise internationale" qui s'articulera autour de trois sessions :
        10h-12h      Cancer et autres maladies environnementales
        14h-16h      Protéger la santé des enfants et des femmes enceintes
        16h-18h      REACH, le principe de substitution et la chimie verte


L'Appel de Paris, déclaration internationale sur les dangers sanitaires de la pollution chimique, est aujourd'hui signé par un millier de personnalités scientifiques internationales et par le Comité permanent des médecins européens (CPME), représentant l'ensemble des Conseils de l'ordre et organismes médicaux des 25 Etats membres de l'Union européenne.
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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 19:36
Ci dessous un article paru ce jour dans le Monde
Compte rendu
Scientifiques et ONG dénoncent la "pandémie silencieuse" créée par la pollution chimique
LE MONDE | 10.11.06 | 13h19  •  Mis à jour le 10.11.06 | 14h15

a pollution chimique, du fait de ses effets sur le développement cérébral de l'enfant, a créé "une pandémie silencieuse dans les sociétés modernes", qui concerne des millions d'enfants, mais "n'apparaît pas dans les données statistiques sur la santé", regrettent les docteurs Philippe Grandjean (université du Sud-Danemark) et Philip Landrigan (Mount Sinai Hospital, New York). Dans un article mis en ligne, mercredi 8 novembre, par la revue britannique The Lancet, ils recensent les données connues sur la toxicité neurologique des produits chimiques chez la femme enceinte et le jeune enfant. Leur constat, lourd, plaide pour que des tests renforcés soient menés sur les substances chimiques avant qu'elles ne soient commercialisées.

 
A l'appui de leur travail, les deux chercheurs citent une étude américaine des Centres pour le contrôle des maladies (CDC) datant de 1994. Selon elle, un enfant sur six présentait un trouble du développement de très léger à sévère. Le plus souvent affectant le système nerveux. Selon un rapport du Conseil national de la recherche américain publié en 2000, 3 % de ces anomalies résulteraient directement d'une exposition environnementale. Un quart serait la conséquence d'une interaction entre des facteurs environnementaux et des susceptibilités génétiques individuelles.

A ce jour, des dizaines de milliers de produits chimiques sont disponibles sur le marché : on en comptabilise 100 000 dans l'Union européenne et 80 000 aux Etats-Unis. Or, moins de la moitié ont fait l'objet de tests d'évaluation de leur toxicité. Pour 80 % d'entre eux, aucune information n'est disponible sur les effets que ces substances pourraient avoir sur le développement du cerveau de l'enfant.

Cinq produits - plomb, méthyle, mercure, arsenic, polychlorobiphényle (PCB) - et des solvants, comme le toluène, ont une neurotoxicité connue qui affecte le développement. Trois autres - manganèse, fluorures et perchlorates - sont suspectés de causer des troubles de la mémoire, des troubles du comportement et des retards intellectuels.

"ENORME ICEBERG"

Ces produits pourraient n'être que "la partie émergée d'un énorme iceberg", affirment les auteurs de l'étude, qui rappellent la vulnérabilité du cerveau humain au cours de son développement. La preuve de la toxicité chez l'adulte n'est aujourd'hui connue que pour 202 produits. Pour un millier d'autres, elle n'a été démontrée qu'en laboratoire mais ces tests ne prennent pas en compte les fonctions neurologiques supérieures.

Le plus souvent, une substance est identifiée comme toxique chez l'adulte lors d'expositions professionnelles ou d'empoisonnement et, pour l'enfant, lors d'intoxications aiguës. Ce n'est que dans un second temps qu'apparaissent des données épidémiologiques sur les déficits comportementaux chez les enfants exposés au cours de la grossesse à des concentrations inférieures à celles qui sont toxiques pour l'adulte.

Les effets se font souvent sentir à long terme. Ce fut le cas, soulignent les deux chercheurs, avec "l'exposition au plomb présent dans l'essence des enfants des pays industrialisés nés entre 1960 et 1980". C'est aussi celui des pays en voie de développement, où une réglementation moins contraignante autorise l'exportation, malgré leur toxicité, de certains pesticides.

L'article du Lancet rejoint ainsi les préoccupations de l'Appel de Paris, lancé le 7 mai 2004 et signé par plus d'un millier de scientifiques dans le monde - dont plusieurs Prix Nobel - et 1 500 organisations non gouvernementales. Dans un mémorandum, rendu public jeudi 9 novembre et adressé notamment aux 25 Etats membres de l'Union européenne, les signataires proposent "164 mesures à mettre en oeuvre (...) afin d'éviter ou d'atténuer les crises de santé publique".


Paul Benkimoun

Les mesures proposées par l'Appel de Paris

Le mémorandum de l'Appel de Paris, rendu public jeudi 9 novembre, demande "le retrait du marché" des substances chimiques cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction comme le formaldéhyde, certains phtalates (DEHP), le bisphénol A, le cadmium et le mercure, et de leurs dérivés. L'appel souhaite également le "renforcement du projet de règlement européen" sur ce sujet (Reach). Il préconise une "autorisation de mise sur le marché des pesticides, additifs alimentaires et cosmétiques, selon une procédure réglementaire comparable à celle utilisée pour les médicaments". Les signataires de ce texte appellent enfin à une réorientation du 7e programme cadre de la Communauté européenne pour la recherche et le développement technologique, en faveur de l'écologie et de la prévention des maladies environnementales.

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Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /2006 21:18
article paru dans lemonde.fr


Une trentaine de polluants relevés dans les maisons

LE MONDE | 28.11.06 | 15h44  •  Mis à jour le 28.11.06 | 15h44
De dangereux polluants habitent nos maisons. Selon l'étude réalisée par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI), "une trentaine de polluants chimiques, physiques et microbiologiques" ont été détectés dans 567 résidences, étudiées dans 74 communes réparties sur tout le territoire. L'amiante n'a pas été pris en compte et les niveaux de monoxyde de carbone sont "voisins de zéro". La limite de cette étude réside dans le fait qu'il n'existe pas en France de "valeurs guides" auxquelles comparer les concentrations constatées dans les logements. Ces polluants sont classés en quatre catégories.

Les polluants chimiques. Certains font partie des sept substances particulièrement toxiques, dont l'éradication doit être considérée comme "hautement prioritaire". Il s'agit du formaldéhyde (bougies, produits d'entretien, colles), du benzène (carburants, bricolage), de l'acétaldéhyde (panneaux de particules, isolants), des phtalates (plastiques) et des dichlorvos (insecticides). Ces produits sont suspectés de provoquer des maladies respiratoires ou neurologiques.

Du styrène (matières plastiques, matériaux isolants) et du toluène (peintures, colles, vernis, tapis), qui peuvent créer des troubles neurologiques, ont été trouvés dans un logement sur 541. Du toluène seul a été détecté dans 37 garages attenants à une résidence.

Les polluants biologiques. Chiens, chats et acariens exposent les habitants à des molécules chimiques (allergènes) à l'origine d'allergies ou de crises d'asthme. La moitié des logements présentent des taux importants de ces substances, mais les études scientifiques montrent que près de 80 % de la population n'est pas menacée par les allergènes d'acariens.

Les paramètres physiques. Les teneurs en particules (tabac, combustion, ménage, pollution extérieure) et en radon (gaz radioactif) se situent dans des limites qui ne présentent apparemment pas de danger.

Les paramètres de confort et de confinement. Dans la moitié des logements, la température est supérieure à 21 oC ; 5 % de ces derniers la voient dépasser 25,5 oC dans les chambres à coucher. La moitié des logements présente un taux d'humidité dans l'air de 49 %, une proportion quasiment idéale. Le dioxyde de carbone, au contraire, est excessif dans 5 % des logements.

Conseils pour améliorer la situation. L'arrêt du tabac vient en tête des recommandations, car cigarettes, cigares et pipes dégagent plusieurs de ces substances dangereuses. La fumée est notamment une source de formaldéhyde.

Par ailleurs, l'OQAI recommande de bien lire les consignes d'utilisation des produits et de se renseigner auprès des fabricants et distributeurs sur leur dangerosité, de ne pas les mélanger et de les utiliser dans des endroits aérés. Cet organisme conseille aussi d'éviter l'utilisation intensive des pesticides, parfums d'ambiance, bougies et encens.

Enfin, ouvrir les fenêtres est un geste indispensable. Pour assurer le renouvellement de l'air, il faut aérer pendant une dizaine de minutes, soit après une activité polluante, soit le matin dans les chambres. Mais attention à penser à éteindre le chauffage de manière à éviter le gaspillage énergétique !

Françoise Chirot
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