Questions sur le risque nucléaire

Publié le par NOUZILLE

En janvier 2003, le Comité européen sur le risque d'irradiation (Ceri-ECRR) publiait un rapport prescrivant une révision des normes de protection sur la radioactivité, dont les modèles, fondés sur l'exposition post-Hiroshima, sous-estimeraient les cancers et autres maladies.
-Dans un rapport rendu public la semaine dernière, l'Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (www.irsn.org), organisme public français critique les travaux scientifiques du Ceri, tout en reconnaissant que les questions posées, notamment sur les expositions chroniques à faible dose durant des années, sont "pertinentes" et nécessitent des recherches plus poussées.
-Selon l'IRSN, "Les dernières études menées sur les personnes exposées au radon-222, au thorium-232 et au plutonium-239, ont permis de calculer des coefficients de risque et de les confronter à ceux prédits par le modèle actuel Hiroshima/Nagasaki. Les résultats semblent rassurants car ils montrent que le modèle en vigueur aurait tendance au contraire à légèrement surestimer le risque d’apparition de certains cancers (leucémies et cancers osseux) après contamination interne par des émetteurs alpha."
-En revanche, les experts de l'IRSN admettent que "ces travaux ne traitent pas de l’ensemble des radionucléides susceptibles de poser des problèmes sanitaires, notamment certains produits de fission tels que le strontium (90Sr) retrouvés sur des sites industriels ou d’autres émetteurs alpha ou électrons Auger."
-Conséquence: l'IRSN recommande notamment " d’initier des recherches afin de répondre aux interrogations des populations vivant sur les territoires contaminés de l’Europe de l’Est. Dans ces régions ont été observées des pathologies cardiovasculaires, baisses de fertilité et troubles comportementaux qui seraient, selon certains chercheurs, directement liés à l’accident de Tchernobyl. Le problème réside dans l’absence de données fiables pour déterminer s’il y a une causalité directe entre le niveau de contamination interne de ces populations et ces pathologies."
- L'IRSN, peu suspect d'antipathie nucléaire, admet ainsi que ces certitudes passées peuvent être faillibles et que les faibles doses d'irradiation méritent des recherches plus poussées...
-Voir le site de l'irsn (www.irsn.org ) rubrique presse, communiqué du 28 novembre 2005, Effets sanitaires de l’exposition aux faibles doses de radiations ionisantes : position de l’IRSN sur le rapport du CERI et recommandations.
- Note du 14/12. Voir l'article du Monde daté du 14 décembre 2005, sur le sujet. "L'impact des contaminations radioactives internes mérite un réexamen", par Hervé Morin, à l'adresse web: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-720586@51-720720,0.html

Commenter cet article