Benzène: la pollution s'étend

Publié le par NOUZILLE

Lu ce jour cette dépêche de l'AFP sur la nappe de pollution au benzène qui progresse de Chine vers la Russie.

Pollution: le benzène venu de Chine a atteint Khabarovsk AFP [ jeudi 22  décembre  2005 - 10h24 ]

KHABAROVSK (AFP) - La nappe polluante de benzène venue de Chine a atteint la ville de Khabarovsk, grand foyer de population en Extrême-Orient russe, a annoncé jeudi le laboratoire d'analyses de l'Académie des Sciences.

L'arrivée de la nappe polluante a été annoncée à la radio aux 600.000 habitants de Khabarovsk. Mais aucun signe de panique n'a suivi. Depuis plusieurs jours, les autorités se préparaient à l'arrivée de la nappe toxique. Un barrage de sable et de ferraille a notamment été achevé mercredi à quelques kilomètres en amont de la ville.

Le gros de la nappe est attendue samedi à Khabarovsk, a précisé Valentina Zozoulina, spécialiste en chef au laboratoire de l'Institut de tectonique et de géophysique de l'antenne d'Extrême-Orient de l'Académie des Sciences. La nappe de benzène, qui a descendu la rivière chinoise Songhua après une explosion dans une usine en Chine en novembre et a rejoint ensuite le fleuve Amour, s'étire sur près de 180 km en territoire russe.

Des milliers d'ouvriers, chinois et russes, ont achevé mercredi un barrage de 300 mètres de long en amont de Khabarovskla cité, après une nuit de travail ininterrompu à pousser sacs de sable, vieux wagons de marchandises et autobus dans le fleuve pour renforcer la digue construite à la hâte à quelques kilomètres de Khabarovsk. Ce barrage a quelque peu rassuré la population car la station de pompage de Khabarovsk (600.000 habitants) est située au bout du chenal de Kazakevitch. L'eau n'a pour l'instant dû être coupée temporairement que dans une banlieue sud de la cité, Krasnaïa Retchka, qui compte 3.000 habitants. Les autorités ont assuré que cette mesure (de quelques heures, afin de vérifier le réseau d'alimentation en eau courante) ne serait pas étendue à l'ensemble de l'agglomération. Dans cette banlieue, des camions citernes ont apporté mercredi de l'eau potable, déjà largement stockée par des habitants qui se préparent depuis un mois à l'arrivée de la nappe de pollution.

Par une température approchant les -15°C, les conducteurs des camions ont dû faire preuve d'ingéniosité pour empêcher l'eau de geler à la sortie de leur citerne, avant de remplir les seaux des habitants venus dans les rues envahies par la neige. Le ministre des Situations d'urgence Sergueï Choïgou a assuré devant les députés à Moscou que "plus de 200 tonnes de charbon actif" avaient été mises en place pour filtrer l'eau. "Si la concentration de benzène dépassait de dix fois les normes, ce volume serait suffisant pour assainir l'eau sans qu'elle ne doive être coupée", a dit M. Choïgou, insistant sur le fait que les résultats des analyses faites dans l'Amour étaient pour l'heure normaux.

"Ce qui est inquiétant, c'est le fait même que ce genre d'incident soit possible", réagit cependant Tatiana Nikolaïeva, une secrétaire de 24 ans. Aujourd'hui, nous sommes parés face à ce malheur, mais on ne sait pas ce qui arrivera demain, quand un accident dans une usine proche du fleuve déversera des matières encore plus polluantes", s'inquiète-t-elle.

Un retraité, Nikolaï Kazakov, relève lui que "les habitants de Khabarovsk se sont habitués depuis longtemps à ce que les eaux de l'Amour soient de plus en plus polluées", évoquant la découverte coutumière au printemps de diverses pollutions dues aux nombreuses usines installées en amont. Les experts craignent que l'on ne prenne conscience de l'ampleur des effets de la pollution au benzène qu'au printemps 2006, à la fonte des glaces sur l'Amour.

Le ministre des Situations d'urgence a dit lui aussi, devant les députés, s'attendre à d'autres catastrophes similaires. "Nous ne pouvons pas empêcher la répétition d'un incident de ce genre, en raison du fonctionnement du côté chinois de l'Amour d'industries polluantes", a-t-il dit, redoutant que le niveau de pollution du fleuve ne continue à augmenter".

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