Clémenceau: un projet industriel français enterré

Publié le par NOUZILLE

La polémique autour du désamiantage du Clémenceau continue.

Dans un communiqué le Comité anti-amiante Jussieu et l'Andeva s'étonnent qu'un projet français de désamiantage complet du porte-avions n'est pas été pris en compte

"Contrairement à ce que prétend le ministère de la défense, il existe un projet industriel pour désamianter et démanteler le Clemenceau en France. L’Andeva et le Comité Anti-Amiante Jussieu ont écrit ce matin au Premier ministre et au ministre de la défense pour leur demander de prendre en considération un projet industriel d'implantation en France d'une unité de traitement des navires en fin de vie pouvant traiter le Clemenceau qui a été soumis aux services du premier ministre en novembre 2003 et n'a jamais reçu de réponse!

Les représentants du ministère de la défense et de la marine ont expliqué, lors de leur rencontre avec l’Andeva et le Comité Anti-Amiante Jussieu du vendredi 23 décembre, que leur volonté au départ avait été de trouver une solution pour désamianter et démanteler le Clemenceau en France, qu'ils avaient demandé à la Direction des Chantiers Navals (DCN) d'effectuer ce travail, que la direction de la DCN ainsi que les syndicats de la DCN avaient refusé, qu'ils avaient ensuite essayé de trouver une entreprise française puis européenne susceptible de la faire, mais qu'ils n'en avaient trouvé aucune.

Or il s'avère qu'en novembre 2003, une entreprise de désamiantage française de taille importante a proposé au Secrétariat Général de la Mer, service du premier ministre, un projet industriel d' « assainissement des navires avant démolition, réhabilitation ou immersion ». Cette entreprise a remis un rapport dans lequel on peut lire « l'actualité du Porte Avions Clemenceau doit être positivée et devenir un facteur déclenchant pour une réforme nécessaire à la mise en oeuvre d'un projet industriel garantissant le traitement et l'éradication totale des déchets et polluants toxiques divers intégrés à la structure des navires, des produits toxiques utilisés à bord et des produits stockés ou transportés ».

Ce rapport contient « un schéma de principe de projet industriel pouvant être réalisé par l'adaptation d'une infrastructure de démantèlement sur un chantier naval choisit par l'Etat pour traiter en priorité les navires de la marine marchande et les bâtiments de la marine nationale. En option, ce schéma peut, pour des raisons techniques et de classification du site, du fait de la similitude des problèmes liés à l’amiante avec les navires, être utilisé pour assainir et décontaminer avant ferraillage, des milliers de voitures, motrices ou citernes de la propriété de la SNCF ou de la RATP ».

La proposition n'a jamais reçu de réponse! Les associations viennent donc d'écrire au premier ministre et au ministre de la défense pour lui demander de prendre en considération cette proposition.

Plutôt que de se débarrasser du Clemenceau dans des conditions désastreuses, il serait en effet judicieux d'en faire le point de départ d'un projet industriel innovant de traitement des navires en fin de vie. La création d'une telle filière en France répondrait au double souci du développement durable et de la création d'emploi. "

Publié dans AMIANTE et les suites

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