Mercredi 28 décembre 2005
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Copie d'un article paru dans OUEST FRANCE le 21 décembre 2005
Ouest-France : Une trentaine d'incinérateurs
hors-normes
Le 28 décembre, plusieurs fours à ordures seront éteints en France Une
trentaine d'incinérateurs hors-normes
Sur les 129 incinérateurs d'ordures ménagères en service en France, une
trentaine ne sont pas aux normes en matière de rejets de dioxines, d'oxyde
d'azote et de poussières. Quatre doivent fermer définitivement, dont deux
dans l'Ouest. Les autres seront suspendus... le temps de faire des travaux
de mises aux normes.
Les exploitants d'usines d'incinération des ordures ménagères étaient
prévenus. À partir du 28 décembre 2005, les incinérateurs doivent respecter
les contraintes fixées par un arrêté du 20 septembre 2002. Ce texte, qui se
plie à une directive européenne de décembre 2000, abaisse les valeurs
limites d'émission de poussières, d'oxyde d'azote et de dioxines.
Détecteur de radioactivité
Conséquences : sur les 129 usi-nes d'incinération en service sur l'ensemble
du territoire, quatre vont s'arrêter définitivement. Elles ne sont plus aux
normes. Deux se trouvent dans l'Ouest, à Cholet (Maine-et-Loire) et
Confort-Meilars (Finistère). Les deux autres sont à Issy-les-Moulineaux
(Hauts-de-Seine) et Moutiers (Savoie). « Ces fermetures étaient programmées,
soit parce que les travaux sont trop coûteux, soit parce que l'usine
d'incinération était trop petite », explique Hervé Vanlaer, sous-directeur
des produits et des déchets au ministère de l'Écologie et du développement
durable.
Sur l'ensemble des 129 usines, « une centaine devraient être prêtes à temps
et une vingtaine devraient s'arrêter provisoirement, le temps de faire ou de
terminer les travaux ». Le 27 décembre, veille de la date butoir, le
ministère doit afficher l'état des lieux sur son site Internet.
D'après les informations des directions régionales de l'industrie, de la
recherche et de l'énergie (Drire), doivent être arrêtés : les incinérateurs
de Concarneau et Briec-sur-l'Odet (Finistère), Rennes (Ille-et-Vilaine),
Plouharnel (Mor- bihan). Trois autres sites sont concernés par des travaux,
mais ne fermeront que partiellement : Caen (Calvados), Angers
(Maine-et-Loire) et Le Mans (Sarthe).
« En règle générale, il s'agit de traiter les fumées, de mettre en place des
brûleurs ou de poser un système de détection de la radioactivité », précise
Hervé Vanlaer. Des travaux pour lesquels les collectivités avaient été
incitées à prendre des mesures. Dans un courrier daté du 10 décembre 2004,
adressé aux préfets des départements où se trouvent des unités
d'incinération, Serge Lepeltier, ministre de l'Écologie et du Développement
durable de l'époque, rappelait « toute l'importance qu'il attachait à ce que
les usines soient mises en conformité dans les délais prévus ».
Pourtant, l'effort pour réduire les pollutions générées par les
incinérateurs a été amorcé il y a près de dix ans. Entre 1995 et 2005, les
taux de rejets ont été divisés par six et on est passé de 300 à 129
incinérateurs sur l'ensemble du territoire.
Les travaux coûtent cher
« Les travaux de mises aux normes coûtent cher », mesure Sébastien Couépel,
président du syndicat de traitement des ordures ménagères dont dépend
l'usine de Planguenoual (Côtes-d'Armor). « Pour traiter nos fumées, nous
avons dû investir 1,8 million d'euros. Cela va augmenter le coût de
traitement de la tonne d'ordures ménagères de près de 30 %. » Et ce n'est
pas fini. « Notre usine traite moins de 6 tonnes/heure. Les petites unités,
comme la nôtre, ont jusqu'à fin 2007 pour réaliser des travaux destinés à
réduire les émissions d'oxydes d'azote. »
Jean-Jacques REBOURS.
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