Hier soir, 12 janvier, à Clermont-Ferrand, j'étais convié à une soirée de débats par la librairie Le Temps des Cerises. A cette occasion, j'ai été longuement interviewé par le quotidien la Montagne sur "Les Empoisonneurs", ainsi qu'en direct sur Radio France Bleu Pays d'Auvergne, durant 40 minutes, sur les raisons de la rédaction de ce livre, ainsi que sur les dangers cachés des pollutions. Puis, dans l'auditorium de l'ESC Clermont-Ferrand, devant une assemblée de près de 200 personnes, j'ai présenté le contenu du livre, en insistant sur les leçons du drame de l'amiante et des autres catastrophes sanitaires en cours. De nombreux témoignages et questions ont ensuite enrichi le débat, notamment sur l'amiante, la dioxines, le formol, les pesticides.
Parmi les témoins, sont notamment intervenus des salariés ou anciens salariés d'Adisseo à Commentry qui se battent pour que soit reconnues leurs maladies professionnelles liées aux produits chimiques: sur place (voir le livre au début du cahpitre 4, l'histoire d'Adisseo), 23 cas de cancers du rein, touchant principalement un atelier de fabrication de vitamines, ont pour le moment été dénombrés, notamment par la médecine du travail, l'institut de veille sanitaire et les syndicats. Un exemple révélateur des problèmes rencontrés par des salariés pour faire reconnaître leurs droits. Des cas de maladies liées à l'amiante ont été constatées parmi les salariés ou anciens salariés, et l'entreprise, qui peut faire appel, vient d'être condamnée en faute inexcusable à son sujet, pour la première fois. Les malades et leurs familles se sont regroupés au sein d'une Association des malades de la chimie, qui veut élargir son combat. "C'est difficile car nous nous heurtons au lobby de l'industrie" a expliqué son président Christian Micaud.
Autre témoin: Josette Roudaire, militante historique des la lutte anti-amiante dans la région, ex-Amisol (une usine textile fermée en 1974 dont les ouvrières ont été particulièrement touchées par l'amiante) responsable du CAPER Auvergne, a rappelé les raisons de son engagement et sa volonté d'aider les victimes. Parmi les autres intervenants, le maire des Ancizes, commune durement frappée par l'amiante puisque 180 cas de maladies se sont déclarées depuis 2 ans, a insisté sur la nécessaire solidarité avec toutes les familles.
Jean-Pierre Sérézat délégué CGT chez Michelin, a, pour sa part, expliqué les difficultés rencontrées pour faire reconnaîtres les maladies professionnelles chez le fabricant de pneumatiques, tant sur l'amiante que sur les autres produits chimiques.
D'autres responsables du monde associatif se sont également exprimés, notamment du collectif Environnement Santé.
Une soirée d'échanges, qui montre que la prise de conscience progresse...
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