Amiante: des victimes dans le Languedoc

Publié le par NOUZILLE

Paru dans le journal Le Midi Libre du 23 janvier, cet article, révélateur du combat permanent des victimes de l'amiante partout en France.

Le combat des victimes de l'amiante

Jean-Luc Damour et Jean-Marc Sastre sont entrés à la Verrerie à sa création en 1974. Ils ont travaillé dans le secteur "bout chaud" où l'amiante était présent dans les plaques ou les gants utilisés pour éviter les chocs thermiques.

Ils comptent aujourd'hui parmi la douzaine de salariés (dont deux retraités) chez qui la présence d'amiante a été détectée dans le corps.

l leur aura fallu attendre 2004, et l'initiative du médecin du travail attaché à l'entreprise, pour savoir. Un peu plus de deux cents personnes ayant été en contact avec l'amiante ont en effet été appelées à passer un scanner en vue de détecter sa présence, voire ses conséquences. Ces consultations devraient arriver sous peu à leur terme.

« Douze personnes touchées, c'est peu mais c'est douze de trop, dit Jean-Luc Damour. Quelques jeunes et des retraités ont refusé les scanners, parce qu'ils ont préféré ne pas savoir... »

Le dossier de l'amiante, en France, c'est l'histoire d'un aveuglement collectif aux motifs divers. « On ne se rendait pas compte, reconnaissent ces salariés de VDL qui exercent ou ont exercé, par ailleurs, des responsabilités syndicales. Le désamiantage est intervenu en 1995. Avec le rachat de Perrier, depuis 1992 nous étions plus préoccupés par les plans sociaux et la défense de l'emploi... »

« Aucune information sur les dangers de l'amiante n'a été faite durant la période d'utilisation de l'amiante de 1974 à 1995, affirment par ailleurs les délégués CGT de VDL. L'ensemble des industriels et la médecine du travail étaient au courant depuis des dizaines d'années de la dangerosité de ce produit et malgré cela, ils l'ont utilisé sans aucune protection pour les salariés. »

Le risque a été identifié dès 1906 tandis que les maladies liées à l'amiante ont été reconnues depuis 1945. Reste la question de la réparation...

A VDL, aujourd'hui, six des salariés touchés ont été reconnus par la Sécu après expertise. Quatre d'entre eux ont entamé un recours au tribunal pour « faute inexcusable de l'employeur ». « Parce ce que la réparation ne doit pas être une aumône », dit Jean-Marc Sastre.

Ce que les salariés demandent : « Le maintien du salaire avec la prise en charge des cotisations de points retraite complémentaire et de la mutuelle jusqu'à la retraite pour les départs anticipés autorisés à partir de 50 ans, les mêmes conditions de primes de départ pour les employés qui sont partis avec les plans sociaux. »

Ce qu'ils craignent : « Voir la direction botter en touche. » (1) Ce serait donner encore du temps au règlement du préjudice. Un temps qui a un peu plus de prix chaque jour.

Pierre RIVAS (1) Interrogée, la direction n'a pas souhaité s'exprimer.

Publié dans AMIANTE et les suites

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