Le plan européen sur la qualité de l'air en rade

Publié le par NOUZILLE

Le 15 janvier (voir archives de janvier, rubrique risques environnementaux) nous avions évoqué le rapport de l'agence européenne de l'environnement (voir lien ci-contre) sur l'impact de la pollution de l'air sur la santé des européens: elle évaluait à 100 000 morts en 2004 les effets de la pollution de l'air. Un chiffre énorme qui confirme les données d"études précédentes, sans que cela ne semble émouvoir grand-monde.

-Nous avons longuement évoqué ces travaux dans "Les Empoisonneurs", et le débat européen devait rebondir, avec l'examen ces mois-ci par le Parlement européen d'un projet de directive de la commission air pur pour l'Europe (Clean air for europe, CAFE). Ce projet de directive a déjà été sérieusemenr critiqué.

-En juin 2005, le patronat européen (UNICE) avait exprimé les "profondes inquiétudes des industries européennes concernant les niveaux ambitieux proposés" par la Commission. Selon l'Unice, l'actuelle réglementation, qui prévoit d'améliorer la qualité de l'air de 60% d'ici 2020 coûte 66 milliards d'euros par an Le nouveau projet visait à atteindre 80% d'amélioration, avec une facture de 16 milliards supplémentaire, jugée "disproportionnée" par rapport aux gains. De son côté, le Bureau européen de l'environnement (BEE), qui fédère des associations environnementales, avait jugé que les gains sanitaires étaient sous-estimés par la Commission, qui qu'ils pourraient être compris entre 31 et 140 milliards d'euros par an.

-Depuis juin 2005, la Commission de Manuel Barroso a revu discrètement sa copie.

- En octobre, les Suédois ont critiqué le projet de directive révisée, jugée trop peu ambitieux.
En novembre, plusieurs dizaines de scientifiques avaient également critiqué ce projet (voir archives 17 novembre, et lien ci-contre) qui a été revu à la baisse, avec des normes futures de rejets et de pollution moins contraignantes. En jeu: plusieurs de dizaines de milliers de morts chaque année, en plus ou en moins!

-Fin janvier 2006, la commission chargée de l'environnement du Parlement européen a étudié de près ces textes de la commision européenne. Dans un communiqué publié le 31 janvier, les députés européens ont exprimé leur déception. Ils s'interrogent «pourquoi la directive proposée fixe des objectifs si modestes alors que l'étude d'impact montre que même les objectifs les plus ambitieux se traduiraient en bénéfices pour les budgets de santé, sans pertes d'emplois.»
-Voici quelques extraits de ce communiqué:

-"Rapporteur sur la stratégie thématique, Dorette CORBEY (PSE, NL) a cité des chiffres: 48 000 morts prématurées attribuées aux particules fines dans l'UE, 20 000 attribuées à l'ozone, 30 millions d'Européens qui souffrent d'asthme... Aussi s'est-elle demandé, comme beaucoup d'autres députés, pourquoi la directive proposée fixait des objectifs si modestes alors que l'étude d'impact montre que même les objectifs les plus ambitieux se traduiraient en bénéfices pour les budgets de santé, sans pertes d'emplois. Holger KRAHMER (ADLE, DE), rapporteur sur la directive sur la qualité de l'air, a souligné le flou scientifique qui entoure ce projet. Quant à Satu HASSI (Verts/ALE, FI), elle a indiqué que les propositions de la Commission avaient été accueillies "avec horreur par les scientifiques européens". Plusieurs députés ont plaidé pour l'organisation d'une audition publique afin de renforcer les bases scientifiques du dispositif et de mieux définir les mesures à prendre."

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