tchernobyl: l'enquête avance

Publié le par NOUZILLE

Paru dans Le Monde cet article

Cancers thyroïdiens : le professeur Pellerin convoqué par la juge chargée du dossier LE MONDE | 29.05.06 | 15h26 • Mis à jour le 29.05.06 | 15h26

Le professeur Pierre Pellerin, qui, en 1986, lors de l'explosion d'un réacteur de la centrale de Tchernobyl (Ukraine), était en charge des problèmes liés à l'exposition aux rayonnements ionisants, devrait être convoqué, mercredi 31 mai, devant la juge Marie-Odile Bertella- Geffroy, chargée de statuer sur la plainte déposée conjointement en mars 2001 par l'association française des malades de la thyroïde (AFMT) et la commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). En effet, ces deux associations reprochent aux autorités françaises de ne pas avoir suffisamment informé et protégé les populations des conséquences des retombées radioactives du nuage de Tchernobyl. Attitude qui, selon elles, aurait favorisé l'augmentation en France des cancers de la thyroïde.

Selon les auteurs d'un rapport d'expertise rendu public en novembre 2005, le service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) - dont M. Pellerin, 82 ans, était le directeur - "avait pleinement connaissance du dépassement quelquefois très important des valeurs de la radioactivité" sur le territoire. "Les cartes qui ont été fournies par le SCPRI sont inexactes dans plusieurs domaines" et cet organisme "n'a visiblement pas restitué toutes les informations qui étaient en sa possession".

Ce rapport n'a pas permis cependant d'établir un lien de causalité entre la dissimulation des informations et l'augmentation des cancers de la thyroïde. Les plaignants ont donc demandé que le motif de l'infraction retenue soit requalifié en "tromperie aggravée", ce qui pourrait permettre la mise en examen de M. Pellerin. Mais pourquoi lui seul ? Selon Bernard Fau, l'avocat de l'AMFT, "il n'existe pour l'instant aucun élément dans le dossier permettant de remonter plus haut" et l'expertise semble montrer "une tentative de dissimulation aux dirigeants de M. Pellerin lui-même".

En octobre 2003, la Cour de justice de la République avait d'ailleurs classé sans suite une plainte qui visait cinq anciens ministres pour mauvaise information du public en 1986. Quoi qu'il en soit, l'instruction de ce dossier - déposé voilà plus de cinq ans - risque de demander encore du temps. Comme toujours lorsqu'il s'agit d'affaires sanitaires.
(Avec AFP) Article paru dans l'édition du 30.05.06
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