Jussieu: étrange mic-mac

Publié le par NOUZILLE

le Comité anti-amiante Jussieu a rendu public le 8 juin un communiqué retraçant l'étrange mic-mac de certains batiments de Jussieu, dont le désamiantage n'est achevé, au bout de 10 ans, que pour 20% de surfaces. Un record de lenteurs et de faux-semblants... On attend avec intérêt la réaction des autres parties prenantes de ce dossier gigogne.

ci-dessous le communiqué du CAAJ du 8 juin 2006

A JUSSIEU, ON INAUGURE, MAIS ON NE DÉSAMIANTE PAS !

Ce jeudi est inauguré un nouveau bâtiment, modestement appelé « Atrium » - sur le campus Jussieu. Ce bâtiment est l’un des plus beaux symboles du détournement de l’opération de désamiantage : officiellement destiné à reloger des activités situées dans les bâtiments amiantés du campus pour pouvoir les mettre en travaux, il va servir en fait à tout autre chose ! L’histoire mérite d’être comptée.

En 1996, a été prise la décision de désamiantage de Jussieu. Un contrat a été signé qui prévoyait de faire le désamiantage en 3 ans. Au bout de 10 ans, seules 20% des surfaces ont été désamiantées et rénovées, 37% sont en chantier et 43%...sont en attente : l’amiante est toujours là et les activités universitaires s’y déroulent comme si de rien n’était. Et cette année, pas une seule fibre d’amiante ne sera retirée du campus Jussieu.

Pourquoi cette situation ? Parce qu’en 1997, le ministre de l’époque, Claude Allègre, opposant déclaré au désamiantage, a décidé, faute de pouvoir arrêter l’opération, de la détourner : le désamiantage est devenu un prétexte pour faire construire à grands frais de nouveaux bâtiments, qui n’étaient pas justifiables au plan strictement universitaire.

En premier lieu, Claude Allègre décida de faire construire un bâtiment avec restaurant panoramique, pour son propre institut, l’IPGP, qui ne représente que 3% des activités présentes à Jussieu ! Il décida en outre de le faire construire rue Cuvier, à 50 m de Jussieu, à la place d’un bâtiment existant (non amianté et récemment rénové) abritant des activités d’enseignement et de recherche de l’Université Paris 6. Il fallait donc, pour pouvoir réaliser l’opération, détruire au préalable le bâtiment existant et reloger les activités présentes.

Ainsi fut donc décidé de construire le nouveau bâtiment Atrium sur le campus Jussieu pour reloger les activités du bâtiment qu’on va détruire rue Cuvier. Officiellement, cette nouvelle construction a toujours été présentée comme étant destinée à reloger des personnels et étudiants présents dans des bâtiments amiantés du campus Jussieu avec comme objectif « l’accélération des travaux de désamiantage ».

C’est même précisément cette justification fallacieuse qui a été présentée à la représentation parlementaire pour le vote du projet de loi de finances (et qui figure explicitement dans les compte rendus). En fait seul 12 % du bâtiment sera utilisé pour le relogement d’activités des zones amiantées. On comprend aisément sur cet exemple comment on peut à la fois ne pas faire le désamiantage de Jussieu tout en dépensant à ce titre des centaines de millions d’euros.

Publié dans AMIANTE et les suites

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nouzille 13/06/2006 21:38

écrivez-moi à vincent.nouzille@wanadoo.fr

laurent deloire 13/06/2006 09:53

Bonjour,Le 13 octobre 2006, nous organisons une soirée débat "les polluants qui nous empoisonnent".Nous aurions souhaités vous inviter, afin de témoigner autour de votre livre "les empoisonneurs".publié chez Fayard.pourriez-vous me recontacter le plus rapidement afin de déterminer ensembles les modalités de votre éventuelle participation.Cordialement,laurent deloire