Soupçons en Lozère

Publié le par NOUZILLE

Les émanations d'une petite usine métallurgique sèment le trouble en Lozère

LE MONDE | 09.10.06 | 15h54  •  Mis à jour le 09.10.06 | 15h54
MENDE CORRESPONDANCE
Les habitants de Pont d'Archat, petite zone artisanale du nord de la Lozère, à Rimeize, remuent ciel et terre pour fermer l'entreprise Plasma. Celle-ci, ouverte en février 2005, applique sur des plaques métalliques un revêtement de surface à base de nickel et de chrome. Elle emploie dix salariés et travaille pour le compte de Sollac, une filiale d'Arcelor.

Depuis son installation, les riverains souffrent de troubles de la respiration, de démangeaisons et certains ont la langue gonflée. Selon Marie-Hélène Auguoy, la plus proche voisine de l'établissement, "c'est à cause des poussières rejetées dans l'environnement, qui contiennent ces métaux".

La justice s'est saisie du dossier. En juillet, le procureur de la République à Mende a ouvert une information pour "fonctionnement sans autorisation", mais aussi pour "blessures involontaires", sur la base d'une expertise médicale qu'il avait demandée.

DIRECTIVE SEVESO

A Pont d'Archat, Plasma s'est installée sur une zone artisanale dont le cahier des charges stipule que "seuls des artisans peuvent s'installer à côté de leur maison d'habitation". Les riverains affirment que Plasma n'a pas ce statut même si Brigitte Limagne, l'avocate de l'entreprise, estime que "c'est une entreprise artisanale".

Demandé par Plasma, un rapport récent - mais non contradictoire - de l'Apave, un organisme privé de contrôle, semble aller dans le sens de l'industriel. "Ce rapport lève toute ambiguïté sur la pollution supposée. En revanche, comme mon client n'est pas mis en examen, je n'ai pas accès à l'expertise médicale", ajoute Me Limagne.

Le passé de Plasma ne plaide pas pour elle. L'entreprise est arrivée en Lozère alors qu'elle venait d'être fermée pour pollution excessive dans le Puy-de-Dôme. Le préfet y avait d'ailleurs estimé qu'elle relevait de la directive Seveso sur les installations dangereuses. Le préfet de Lozère devra lui aussi vérifier si une telle entreprise est bien adaptée aux zones artisanales et rurales de son département.

Jean-Pierre Amarger
Article paru dans l'édition du 10.10.06

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