Extraits d'articles de presse sur le livre

Vendredi 28 octobre 2005
L'Express du 06/10/2005
- Pollution: Le poison français
par Vincent Olivier

-Solvants, pesticides, hydrocarbures… Dans Les Empoisonneurs, le journaliste Vincent Nouzille affirme que les produits polluants mettent aujourd'hui des milliers de vies en danger. Un risque sanitaire majeur que la France, cancre européen en matière de prévention, préfère pourtant ignorer

--- L'attaque est rude, effrayante même: «Au moins 800 000 personnes devraient mourir en France des effets de la pollution dans les vingt prochaines années.» Elle constitue la première phrase d'un livre choc, Les Empoisonneurs. Enquête sur ces polluants et produits qui nous tuent à petit feu (Fayard), écrit par Vincent Nouzille, journaliste indépendant, et paru le 5 octobre. Remarquablement documenté, sérieux et complet, cet ouvrage est consacré à toutes ces substances dont on commence à peine à mesurer les effets néfastes sur l'organisme: dioxine, benzène, radon, amiante, phtalates, plomb ou hydrocarbures en tous genres… La liste est longue. Nous en publions une partie (A lire : les risques méconnus de 15 polluants), en précisant les risques, envisagés ou avérés, pour la santé ainsi que les endroits où l'on peut trouver de telles substances.

Cette estimation - 40 000 morts par an jusqu'en 2025 - peut sembler extravagante. Celui qui l'avance assure pourtant qu'elle n'a rien d'exagéré: «J'ai travaillé un an sur le sujet, épluché des dizaines de rapports, rencontré plus de 300 personnes et je peux vous assurer que c'est une estimation minimale. A bien des égards, nous avons de dix à quinze ans de retard sur la plupart des pays développés», explique Vincent Nouzille, qui ajoute sans complaisance: «La France n'en a peut-être pas conscience, mais elle fait figure de très mauvais élève de la classe européenne. Interrogez donc ses voisins et ils vous répondront que Paris se conduit comme un multirécidiviste, peu soucieux de ses engagements officiels.»

Un seul exemple: pour l'année 2003, la Suédoise Margot Wallström, commissaire européenne de l'Environnement, a dressé la liste des directives votées mais toujours pas adoptées par les pays signataires. Bilan: quelque 300 cas de non-respect flagrant de ces dispositions. La plus mauvaise place revenait à l'Hexagone, avec 38 citations à lui tout seul. Rappels à l'ordre, avertissements, menaces de sanctions même, rien n'y fait. Ainsi, il y a trente ans (!), notre pays avait approuvé une directive spécifiant que le taux de nitrates dans une eau potable ne devait pas dépasser 50 milligrammes par litre. Dans certains coins de Bretagne, ce taux n'a jamais été respecté. Conséquences: une condamnation en 2001 par la Cour de justice européenne pour une plainte déposée par une association en… 1992. Une nouvelle admonestation de Bruxelles cet été. Et depuis, rien.

Mais pourquoi la France conserve-t-elle cette place de cancre en matière de santé environnementale? Il existe, d'abord, des raisons politiques. La durée de vie d'un ministre chargé du dossier n'excédant guère deux ans, en moyenne, aucun homme politique ne veut prendre le risque d'instaurer des mesures impopulaires dont le bénéfice sera attribué à ses successeurs. Des causes historiques aussi: traditionnellement, les études médicales ont été conçues de telle sorte que l'Hexagone forme virologues et cliniciens de haut niveau (comme dans le domaine du sida), mais peu de toxicologues ou d'épidémiologistes à l'instar des pays anglo-saxons. Ainsi, il n'existe pas, à ce jour, de registre national du cancer digne de ce nom (lire aussi les pages Débats page 106).

Il y a, enfin, des motifs culturels. Jamais notre pays n'a accordé la moindre importance aux notions de prévention et de précaution - au point que 97% des dépenses de santé sont consacrées aux soins, contre 3% à la prévention! «Au premier pic de pollution de l'été, on s'agite, on débat longuement sur les mesures à prendre. On croit régler le problème, on annonce quelques mesures spectaculaires et l'on oublie au passage que 95% des dégâts sanitaires se passent en dehors de ce pic. Tout cela est typiquement franco-français», déplore Vincent Nouzille.

De considérables enjeux économiques
A toutes ces raisons viennent s'ajouter un certain nombre de facteurs aggravants, remarque l'auteur de l'ouvrage. Les syndicats, censés défendre les salariés? «Ils préfèrent souvent l'emploi à la santé des travailleurs.» De fait, 60% des ouvriers retraités ont été, à un moment ou un autre de leur vie, exposés à l'amiante, contre 25% de la population générale au même âge. Les agences gouvernementales? Elles sont nombreuses (14 instances différentes pour aborder les questions alimentaires!) et sans réelle autonomie financière. L'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse), par exemple, créée en 2002, n'a obtenu aucun poste stable cette année et son budget de fonctionnement est dérisoire - 4 millions d'euros, deux fois moins que celui du Conseil supérieur de la pêche. Les médecins du travail? Ils sont 7 000 en France pour des millions de salariés, dépendent de leurs employeurs et n'ont à leur disposition que des moyens dérisoires. Pis: ils doivent désormais délivrer des attestations d' «absence de contre-indication médicale» en cas d'exposition à des agents potentiellement cancérigènes. En d'autres termes, leur fonction consiste à autoriser des salariés à prendre des risques. De la prévention à l'envers en quelque sorte.

Au moins pourrait-on attendre de certains responsables politiques, les Verts notamment, qu'ils fassent preuve de vigilance sur des sujets aussi sensibles. On en est loin: «Beaucoup se focalisent sur les dangers éventuels, liés aux OGM et au nucléaire, et pas assez sur d'autres substances nocives, comme les pesticides de type DDT, qui ont, pourtant, été autorisés jusqu'au début des années 1990», lance Vincent Nouzille.

Les experts officiels ne sont pas plus épargnés, notamment ceux de la Comtox, la Commission d'étude sur les toxiques agricoles, qui émet des avis pour la mise sur le marché des pesticides. Placé sous la tutelle du ministère de l'Agriculture, cet organisme ne fait en tout cas guère d'ombre aux industriels. Son ancien président, le Pr André Rico, ne lançait-il pas au cours d'une table ronde, en juin 2001, que «tous les êtres vivants sont protégés contre les effets des produits chimiques qui nous entourent et [que] nous sommes bien protégés contre les faibles doses»? Ces propos, rapportés par Vincent Nouzille, sonnent étrangement dans la bouche d'un professeur de médecine.

Et puis, comme si cela ne suffisait pas, notre pays se distingue des autres pour au moins deux substances particulières: l'amiante et le gazole contenu dans l'essence des moteurs Diesel. Est-ce un hasard? Dans les deux cas, on découvre des enjeux économiques considérables. De puissants lobbys à la manœuvre. Des pouvoirs publics inconséquents, voire complètement sourds aux avertissements de certains spécialistes. Mais on trouve aussi une parfaite connaissance des risques pour la santé dès la fin des années 1970. Et des calculs cyniques des industriels jouant même la montre comme dans le scandale de l'amiante. «Formol, radon, solvants et autres: nous savons que de nouvelles bombes sanitaires vont exploser prochainement. Les leçons des crises précédentes seront-elles retenues?» A lire Vincent Nouzille, on peut malheureusement en douter.
Par NOUZILLE
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Vendredi 28 octobre 2005
«Le principe de précaution s'applique rarement»
par Eliane PATRIARCA
vendredi 7 octobre 2005

-Avec les Empoisonneurs (1), Vincent Nouzille, journaliste indépendant, recense les dégâts sanitaires dus aux polluants et produits toxiques qui nous entourent.

*A travers les études scientifiques et les témoignages que vous rapportez se dessine une prise de conscience du lien santé-environnement...
-Au fil des crises sanitaires successives, il y a eu une maturation collective sur les thèmes de santé environnementale. Il y a aussi un savoir scientifique important qui permet d'avoir plus que des hypothèses.

*Mais l'écart reste énorme entre ce que l'on sait et ce que l'on fait...
-C'est ce qui est révoltant. En France, le principe de précaution s'applique rarement ou de manière désordonnée. Sur des sujets graves comme la pollution de l'air ou les expositions professionnelles à des produits toxiques, on ne fait rien. Or il ne s'agit pas de risques théoriques : il y a des malades, et il y en aura de plus en plus !

*Vous évoquez notamment l'amiante ?
-C'est comme si on ne retenait pas les leçons du passé. On attend dans les vingt ans à venir 100 000 décès dus à l'amiante. Il est interdit depuis 1997 mais il en reste un peu partout. Un à deux millions de salariés y sont aujourd'hui encore exposés en France, dans le bâtiment, les garages, la maintenance...

*Pourquoi tant de passivité ?
-La santé publique est sinistrée. La veille sanitaire est déficiente, il n'y a pas de registre national des cancers en France, la recherche est mal en point. Et on manque de toxicologues et d'épidémiologistes.

(1) Les Empoisonneurs. Enquête sur ces polluants et produits qui nous tuent à petit feu, Fayard, 2005.
Par NOUZILLE
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Lundi 31 octobre 2005
Voici un ouvrage clair, hyperdocumenté, qui s'avale d'une traite. Trufée de révélations, l'enquête de Vincent Nouzille raconte les effets sur notre santé des produits polluants que nous respirons, touchons ou avalons, de l'amiante aux pesticides, de la dioxine aux hydrocarbures. La thèse, étayée par les analyses d'experts multiples, est effrayante: au moins 800 000 personne, et c'est une "hypothèses minimale", vont mourir en France des effets de toutes les pollutions dans les vingt prochaines années. L'équivalent d'une ville comme Marseille rayée de la carte! Cette estimation tient compte des affaires en cours comme celle de l'amiante -entre 3 000 et 4 000 morts par an- et de celles quui pourraient mal tourner. Exemple: le formol, détecté récemment dans des dizaines de produits et matériaux, des gels douche aux chiases des écoles. Un nouveau casse-tête pour les pouvoirs publics, dont l'auteur souligne les difficultés à agir et souvent, les faiblesses coupables. *Vincent Giret *Le PARISIEN AUJOURD'HUI EN FRANCE, 23 octobre 2005 *"Les Empoisonneurs", Vincent Nouzille, Ed Fayard *Genre: investigation *Intérêt: citoyen.
Par NOUZILLE
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Mardi 1 novembre 2005
Mardi 25 Octobre 2005, "Alertez les bébés", Histoire de vous couper l'appétit, je vous conseille la lecture du dernier livre de Vincent Nouzille, publié par Fayard et intitulé "Les empoisonneurs".On croyait tout savoir sur les pollutions atmosphériques urbaines, sur l'amiante et les pesticides. Vincent Nouzille nous en apprend de belles sur un produit cancérigène que l'on retrouve partout, le formaldéhyde. Retenez bien ce nom. Ce produit est tout bêtement un formol dont l'industrie fait grand usage, que ce soit dans le textile, l'agro-alimentaire ou la construction bois. Vous trouvez aussi ce formol dans les encres d'imprimerie, les vernis à ongles, les produits gel douche....Voir la liste dans le livre de Nouzille. Un constat: nous vivons entouré de formaldéhyde, à la maison comme dans les bureaux et les écoles. Cette substance se dépose sur la muqueuse nasale, ce qui contribue à accroître les cas de bronchites chroniques, allergies, asthmes et cancers. En 2006, une directive européenne s'appliquera en France pour limiter l'utilisation de ce produit qui, s'il était classé cancérigène catégorie 1  mettrait les industriels "dans de graves difficultés" proclamentles patrons du secteur chimique en France. On connaît la chanson:Les profits avant la santé. En attendant, l'Administration n'envisage pas d'interdire ce formol. Nous vivons dans un pays d'exception. A lire donc: Vincent Nouzille  Les empoisonneurs  Fayard Pour les lorrains, entretien avec l'auteur diffusé sur RCF Nancy le mardi 8 novembre 2005 à 18h30. (93,7 et 101,4 FM) le blog de Pierre-Yves Cazin: http://pages.over-blog.net/article-1071757.html
Par NOUZILLE
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Jeudi 17 novembre 2005
20 minutes /Economie/17 novembre/UE:débat chimique au Parlement. >>L’impact des produits est mal connu >>« La liste des effets soupçonnés  des produits chimiques sur la santé et l’environnement est bien plus longue   que celle des effets avérés, comme l’amiante » , explique Philippe Hubert, directeur des Risques chroniques à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques.  >>  Selon les chercheurs, nombre d’effets cancérigènes, toxiques, allergiques ou nuisibles à la reproduction des espèces, sont mal connus. « Jusqu’à aujourd’hui, on a mis 100 000 substances sur le marché, mais on en a évalué très peu » , confirme Vincent Nouzille, qui vient de publier une enquête sur le sujet*. Par exemple, le formol, présent dans les meubles. « On en  respire partout, à la maison, à la crèche, à l’école comme au bureau. On sait qu’il est irritant pour les voies respiratoires, mais en l’absence d’évaluation, il n’existe pas de normes. » Pourtant, des dégâts sanitaires et écologiques commencent à se voir. Des alligators ont changé de sexe. >>   Des espèces d’oiseaux ont disparu. « Des substances contenues dans des détergents, des boîtes de conserve et des plastiques, agiraient comme des hormones et perturberaient l’organisme humain » , raconte encore Patrick Balaguer, chargé de recherches à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.   A. B.      *  Les Empoisonneurs,   Fayard. 22 euros.
Par NOUZILLE
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