Mercredi 2 novembre 2005
Une proposition de loi anti-tabac dans les lieux publics à l'ordre du jour des députés
LEMONDE.FR | 02.11.05 | 10h35 Mis à jour le 02.11.05 | 12h20
Une proposition de loi visant à interdire de fumer dans tous les lieux publics sera présentée mercredi 2 novembre, par Yves Bur, vice-président UMP de l'Assemblée nationale, qui a fait de la lutte contre le tabagisme son cheval de bataille. Dans son texte, le député du Bas-Rhin devrait proposer, selon son entourage, l'interdiction de fumer dans les cafés, restaurants, bureaux, administrations... Il en exposera les articles à l'issue d'un colloque intitulé "Dépendance au tabac : la nécessité d'une loi", qu'il organise dans une salle du Palais Bourbon.
Ce texte est d'actualité, alors qu'un projet de loi anti-tabac a été présenté la semaine dernière en Grande-Bretagne. Fruit d'un laborieux compromis qui ne satisfait personne, le dispositif britannique ne devrait aboutir qu'à une interdiction partielle de fumer sur les lieux de travail et dans les lieux publics. Pour sa part, l'Irlande du Nord s'apprête à s'aligner sur la rigueur de la république d'Irlande, qui avait été la première en Europe, en mars 2004, à bannir totalement le tabac. M. Bur s'était rendu à la mi-octobre à Dublin pour mesurer les effets de cette prohibition.
Selon un observateur à l'Assemblée, le texte du député Bur se prête mal à une inscription dans une"niche" parlementaire, plus volontiers réservée à des sujets consensuels au sein des groupes. Il ne devrait donc pas être repris à son compte par l'UMP, et pas davantage par le gouvernement. M. Bur avait déjà été l'auteur d'un amendement, adopté jeudi 27 octobre, par les députés unanimes, interdisant la détention de plus d'une cartouche de cigarettes. Le but : entraver le trafic aux frontières par des achats massifs de tabac dans des pays limitrophes où il est moins taxé qu'en France.
Mais la guerre que mène Yves Bur au tabagisme va au-delà de cette disposition, d'ailleurs réclamée par les buralistes. Jeudi, ce chirurgien-dentiste de profession avait proposé à l'Assemblée d'instaurer une nouvelle taxe contre les fabricants, dont le produit serait versée à la Sécu. "Rien ne justifie que les cigarettiers, qui contribuent au développement de maladies, ne contribuent pas aussi aux efforts d'équilibre des comptes de la sécurité sociale", avait-il fait valoir. Ses efforts en ce sens sont restés vain puisque la disposition a été repoussée. Deux semaines auparavant, il fulminait contre des"manoeuvres insidieuses" des industriels pour faire baisser les prix du tabac, via de nouveaux produits.
Huit Français sur dix souhaitent une interdiction totale de fumer dans les lieux publics, selon un sondage Ifop/JDD paru le 9 octobre, soit 56 % des fumeurs et 88 % des non-fumeurs.
Le Monde - Avec AFP
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