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Pesticides

Lundi 14 novembre 2005
Avec plusieurs mois de retard, la Commission européene vient de mettre en ligne son rapport annuel 2003, daté du 20 octobre 2005, sur les résidus de pesticides dans les aliments. Concernant les fruits, légumes, céréales, environ 5,5% des 43 500 échantillons analysés dans plus de 15 pays dépassent les limites maximales de résidus autorisés. La France se distingue avec un taux de non conformité de 7%. Le rapport révèle également que 20% des échantillons contiennent plusieurs sortes de pesticides. En France, ce taux atteint 23,7%, l'un des plus élevés d'Europe, derrière le Danemark. >>> voir le rapport sur le site: www.europa.eu.int/comm/food/fvo/specialreports/ pesticide_residues/summary_2003_en.pdf
Par NOUZILLE
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Jeudi 1 décembre 2005
A l'occasion d'un colloque tenu en Avignon du 14 au 16 novembre à l'initiative du ministère de l'écologie, les chercheurs ont fait le point sur leurs travaux concernant les risques des pesticides dans l'environnement. Parmi les principales conclusions qui ont été présentées, on peut citer notamment:
-Les risques de volatilisation dans l'air des pesticides sont probablemet plus importants qu'on ne le croit: 6 jours après leur épandage, on peut retrouver jusqu'à 40% de la dose appliquée dans l'air ambiant! Cette concentration, souvent très locale, est corrélée avec la présence dans les eaux pluviales. Les associations agrées de surveillance de la qualité de lair pourraient donc être de plus en plus mobilisées pour mesurer ces pollutions locales, notamment autour des zones de vignobles, productions fruitières, etc..
-La persistance des pesticides dans les sols, mieux établie, est largement confirmée par de nouvelles études, notamment sur la présence importante de chlordécone dans les sols des bananeries aux Antilles, une substance pourtant interdite depuis plus de 10 ans...
-Les mélanges des herbicides avec des adjuvants (notamment pour la pulvérisation) changent les effets de persistance dans les sols et certains adjuvants peuvent également avoir des effets toxiques propres sur les organislmes vivants.
-Des recherches ont permis de construire des modèles de réactions toxiques des abeilles à la présence de certains pesticides. Des nouveaux tests de toxicité pourraient ainsi être mis au point afin de mieux prévoir ses effets et donc mieux tester les pesticides avant leur mise sur le marché (on sait que la toxicité de certains insectides sur la mortalité des abeilles a fait l'objet de nombreuses polémiques et études contradictoires ces dernières années).
-Des études ont révélé que certaines micro-algues, présentes dans les eaux de rivières, étaient moins sensible à un pesticide lorsqu'elles y ont déjà été exposées. En mesurant la sensibilité biologique des micro-algues dans l'eau, on pourrait donc établir une sorte d'historique de la pollution par certains herbicides et mieux gérer les ressources en eau, très affectées par ces résidus.
-Plus d'informations sur le site du ministère de l'écololgie (www.ecologie.gouv.fr) voir le colloque "Pesticides: comment réduire les risques associés?" novembre 2005, dossier et résultats des programmes de recherche.
Par NOUZILLE
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Vendredi 16 décembre 2005
Une expertise collective de l'INRA (recherche agronomique www.inra.fr ) et du CEMAGREF (eaux et forêts) sur l'impact environnemental des pesticides, dont la France reste un des premiers utilisateurs au monde (voir le livre "Les Empoisonneurs) vient d'être rendu public. Son titre est explicite: "« Pesticides, agriculture et environnement : réduire l’utilisation des pesticides et en limiter les impacts ». Les scientifiques en appellent à une réduction drastique des volumes utilisés, mais ils n'ont pas étudiés l'impact sanitaire. Les ministres reprendront-ils ces idées, au risque de heurter les lobbies agricoles ou de remettre en chantier la loi sur l'eau en cours de préparation? Pas sûr.
En commentant cette expertise, Nelly Ollin, ministre de l'écologie a précisé: "Je compte présenter en janvier, avec mes collègues de la santé et de l’agriculture, un plan interministériel de réduction des risques lié aux pesticides pour la période 2006-2009. Ce plan sera très bientôt mis en consultation. Il s’articulera autour de 4 axes forts :
1.Agir sur les produits en améliorant leurs conditions de mise sur le marché ;
2.Agir sur les pratiques pour réduire l’utilisation des pesticides ;
3.Renforcer la formation des professionnels, la protection des utilisateurs de pesticides et leur information ;
4.Renforcer la connaissance et la transparence en matière d’impact sanitaire et environnemental des pesticides.
Nelly Ollin a également promis que les travaux de l’Observatoire des résidus de pesticides (retardés depuis des mois pour cause de guérilla administrative et de problèmes budgétaires) seront renforcés. Selon la ministre, "l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement (AFSSE) est chargée de la coordination scientifique, et dès le début de 2006 les informations seront accessibles sur le site Internet de l’Observatoire". Un dossier à suivre de près....

-Voir la présentation de l'expertise collective et l'accès au rapport sur le site de l'INRA, à la page web (lien ci contre) :
http://www.inra.fr/l_institut/missions_et_strategie/les_missions_de_l_inra/eclairer_les_decisions/pesticides_agriculture_et_environnement

-Voir aussi discours de Nelly Olllin à la page web du ministère de l'Ecologie:
http://212.23.165.169/article.php3?id_article=4945

-Voir l'article du Monde de ce jour sur le sujet à la page web:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-722042@51-706328,0.html

-Voir également l'article ci-dessous du JOURNAL DE L'ENVIRONNEMENT sur le sujet à la page web:
http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=18285&idThema=5&idSousThema=26&type=JDE&ctx=259

Pesticides: les scientifiques prennent la parole 16/12/2005 15:43

Avant la mise en place du plan interministériel «pesticides» qui devrait prochainement être présenté par le ministère chargé de l'agriculture, les scientifiques français ont publié un rapport visant à réduire l'utilisation des pesticides et à en limiter les impacts environnementaux. Car la France est le 3e consommateur de ces produits dans le monde. par Claire Avignon  

Soutenus par la ministre chargée de l'environnement, Nelly Olin, qui a estimé dans son discours d'ouverture que «la situation environnementale sur le plan des pesticides n’est pas satisfaisante dans notre pays», les scientifiques français réunis lors du colloque sur les pesticides du 15 décembre ont avancé des propositions afin de diminuer l'utilisation des pesticides dans l'agriculture, et donc leurs risques pour l'environnement (1). Inspirés par le sujet, les chercheurs et ingénieurs venus principalement de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) et de l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref) ont publié un rapport de plus de 700 pages ainsi qu'une synthèse à destination des décideurs politiques.

Première conclusion du rapport: la production agricole française est (trop) dépendante techniquement et économiquement des pesticides. «Les systèmes de production sont trop souvent conçus pour maximiser le potentiel de rendement, en considérant que les problèmes phytosanitaires seront ensuite réglés par l'utilisation, facile à mettre en œuvre, de pesticides. Cette logique a conduit au développement de systèmes de culture spécialisés et intensifs, qui favorisent justement le développement des bio-agresseurs», est-il résumé dans le rapport. Ce constat général semble partager par tous. Cependant, lorsqu'il s'agit d'établir un diagnostic précis sur les impacts environnementaux des pesticides, les choses se compliquent du fait d'un manque de données relatives à la vente de pesticides, mais aussi aux contaminations dans l'eau, l'air et le sol. C'est pourquoi les auteurs du rapport demandent la mise en place de dispositifs de surveillance et d'une veille sur les pratiques agricoles.

En ce qui concernent les solutions que les pouvoirs publics pourraient mettre en place pour réduire la consommation de pesticides, les experts n'ont pas été avares de conseils, et ils favorisent non pas une solution mais un ensemble de solutions. Dans cette perspective, la solution consistant à utiliser de façon «raisonnée» les pesticides ne doit pas être surestimée: «Les possibilités de réduction du recours aux pesticides apparaissent […] limitées tant que l'on reste dans des systèmes de culture générant des risques phytosanitaires importants.»

De son côté, Alain Carpentier, de l'Inra, a défendu la mise en place d'une taxe dissuasive sur l'utilisation des pesticides qui reste «le meilleur moyen de diminuer l'utilisation des pesticides selon les publications». Une idée qui n'est pas au goût du ministère chargé de l'agriculture dont le représentant, Gérard Lebourdais, a déclaré: «Nous ne partageons pas toutes les conclusions de l'étude, notamment en ce qui concerne la fiscalité.» Alain Carpentier propose par ailleurs des mesures d'accompagnement pour favoriser la conversion à d'autres stratégies de protection des plantes.

Reste à savoir si ce rapport connaîtra l'avenir de la plupart des autres rapports commandités par le gouvernement, l'empoussièrement, ou si des mesures précises seront prises. «Il y a des ruptures à assumer», a conclu Jean Boiffin, de l'Inra. Nelly Olin et Dominique Bussereau les assumeront-ils?
(1) Les risques concernant la santé humaine n'ont pas été pris en compte dans ce rapport.
Par NOUZILLE
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Mardi 17 janvier 2006
Une étude de scientifiques de Harvard, publiée dans la revue Epidemiology confirme le lien - déjà largement constaté par bon nombre de chercheurs (voir "Les Empoisonneurs, chap 5)- entre la baisse de fertilité masculine et l'exposition à certains insecticides, même à faible doses.
Les dossiers de 268 hommes ayant présenté des problèmes de fertilité dans une clinique du Massachussets ont été analysés et la présence de quelques insecticides ou leur métabolites (TCPY, 1N, carbaryl, naphtalène, etc) dans leurs urines a été comparée à leur niveau de testostérone. Plus certains de ces insecticides sont présents, plus le taux de testostérone est bas.
l'article est le suivant:

Exposure to Nonpersistent Insecticides and Male Reproductive Hormones.
Epidemiology. 17(1):61-68, January 2006.
Meeker, John D. *; Ryan, Louise +; Barr, Dana B. ++; Hauser, Russ *

on peut consulter un résumé de l'article à l'adresse web:
http://www.epidem.com/pt/re/epidemiology/abstract.00001648-200601000-00012.htm;jsessionid=DNj3gCLEG1MVnH5FXTZyk5HdiXptWnXSGx9LYJGtpBq4ZRCvqDv0!1682352220!-949856144!9001!-1
Par NOUZILLE
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Vendredi 27 janvier 2006
Une étude de chercheurs français de l'Inserm (www.inserm.fr) publiée ce mois-ci dans la revue scientifique Occupational and environmental medecine, vient étayer le soupçon d'un lien entre l'exposition aux insecticides domestiques et le risque de leucémies aigües chez les enfants.
Sans établir de lien de causalité formelle, cette étude constate que les enfants atteints de ces tumeurs (280 cas étudiés) ont été deux fois plus exposés aux insecticides que des enfants non atteints (288 témoins). L'exposition aux shampoings anti-poux (qui contiennent plusieurs insecticides) semble également corrélée à ces cancers.
Il faut rappeler que les leucémies des enfants ont probablement une multitude de facteurs de risque (radiations, facteurs génétiques), mais celui de l'exposition aux insecticides ou pesticides a déjà été mis en avant dans plusieurs études nord-américaines et allemandes. Les auteurs de l'article soulignent la nécessité de poursuivre les travaux, notamment sur les shampoings anti-poux, afin de vérifier cette corrélation, qui n'avait pas été étudiée jusqu'à présent
Il faut également ajouter que les insecticides domestiques (appelés biocides) n'ont pas fait l'objet d'études précises ni de réglementation en France jusqu'en 2004. Un nouveau Bureau d'études des risques des produits et agents chimiques (BERPC, www.berpc.fr ) créé conjointement mi-2005 par les instituts de recherches du ministère de l'écologie et de la sécurité sociale (Ineris et Inrs, voir liens ci-contre) ont commencé à étudier la toxicité et l'impact sanitaire ou environnemental des biocides ces derniers mois.

L'étude de l'Inserm est consultable (voir le lien ci-contre) à l'adresse web suivante: http://oem.bmjjournals.com/cgi/content/full/63/2/131

L'étude est titrée: "Household exposure to pesticides and risk of childhood acute leukaemia", Occup Env Med, 2006
Ses auteurs: F Menegaux, A Baruchel, Y Bertrand, B Lescoeur, G Leverger, B Nelken, D Sommelet, D Hémon and J Clavel1
Par NOUZILLE
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