Santé au travail

Mercredi 23 novembre 2005
L'Insitut de veille sanitaire (voir le lien ci contre) a publié fin octobre le résultat des études épidémiologiques réalisées depuis 20 ans auprès de plus de 180 000 salariés hommes d'EDF et de GDF, dont plus de 15 000 sont décédées.
- L’étude montre qu’ils présentent globalement une sous-mortalité prononcée par rapport à la population générale, reflétant un meilleur état de santé moyen, ce qui est courant dans les études portant sur des cohortes de salariés (on appelle l'effet "travailleur sain" car la population générale comporte plus de personnes âgées ou fragiles).
- Mais l'InVS a mis en évidence des inégalités fortes entre catégories professionnelles au sein de l’entreprise, avec une mortalité très supérieure chez les ouvriers. Les analyses concernant le cancer montrent par ailleurs des associations entre la mortalité et le fait d’avoir été exposé à certains produits chimiques utilisés dans l’entreprise, comme les solvants. L'exposition à l'amiante a également un impact significatif sur les cancers.
- Ce type d'étude est encore trop peu fréquente en France. Dans "les Empoisonneurs" nous révélons notamment es études portant sur les anciens salariés des usines sidérurgiques d'Arcelor à Dunkerque, montrant des excès significatifs de cancers de la vessie, en lien avec des expositions aux huiles industrielles.
Par NOUZILLE
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Mardi 29 novembre 2005
La Ligue nationale contre le cancer a lancé, le 28 novembre, une campagne de publicité, pour sensibiliser les chefs d'entreprise aux risques liés aux cancers. Dans une série d'encarts publiés ces jours-ci dans la presse économique, -et destinés à se répéter - la Ligue veut mobiliser les entrepreneurs en leur posant la question: "où en est votre entreprise?".
Elle leur propose de procéder à un état des lieux des risques et des actions de prévention menées auprès de leur personnel et de leurs familles ou de leurs clients. Cette campagne originale, une première, a le mérite de tenter de faire entrer le thème de la prévention du cancer dans les entreprises, que ce soit sur les comportements liés au tabac, à l'alcool, à la nutrition, ou sur celui de la santé au travail.
On sait -le livre Les Empoisonneurs le détaille- que les cancers liés aux expositions professionnelles sont méconnus et sous-déclarés en France. Selon la plupart des experts, ce sont pluieurs milliers de morts qui pourraient évités chaque année par une meilleure information des salariés et une meilleure protection. Près de 4 millions de salariés sont exposés dans leur travail à des produits cancérigènes, selon une récente enquête du ministère du travail (Sumer), publiée cet été. Rappelons également les difficultés d'application de loi sur le tabac applicables sur les lieux de travail.
http://www.ligue-cancer.asso.fr/

Ce soir, sur Radio-Classique entre 18h30 et 19H, la directrice générale adjointe de la Ligue, Anne-Sophie Bouttier-Ory, a longuement évoqué cette initiative, aux côtés de Vincent Nouzille, également invité lors de cette émission pour parler des "Empoisonneurs".
Par NOUZILLE
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Mercredi 30 novembre 2005
Dépêche lue sur l'AFP
-Les cellules d'appui spécialisées dans la prévention des risques professionnels et créées dans le cadre du plan travail de février 2005, seront généralisées à l'ensemble du territoire d'ici fin 2007, a annoncé mercredi le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher.
-Ces cellules d'appui à l'inspection du travail, "expérimentées dans sept régions-pilotes en 2005, seront mises en place dans sept autres régions en 2006, avant d'être généralisées en 2007", a expliqué M. Larcher, qui s'exprimait en clôture d'un séminaire de deux jours sur "la santé et le travail", à l'Institut national du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle de Marcy-L'Etoile (Intefp), près de Lyon.
Le dispositif vise à mettre à disposition des inspecteurs et contrôleurs du travail des spécialistes du risque professionnel, tels que des médecins inspecteurs du travail et des ingénieurs spécialisés (pour exemple, dans les installations à risque Seveso).
AFP 30.11.05 | 19h25
Par NOUZILLE
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Jeudi 16 mars 2006
A lire l'article paru dans le journal de l'environnement rendant compte d'un rapport récemment mis en ligne d'un conseiller de la cour des comptes, Noël Diricq, au ministère de la santé ( www.sante.gouv.fr ) sur la sous-déclaration des maladies professionnelles, dont on sait qu'elle est massive, récurrente et finalement très coûteuse. Exemple: l'écart est enorme entre les cancers estimés d'origine professionnelle (probablement plus de 10 000 chaque année) et le nombre de cancers reconnus comme maladies professionnelles (environ 1400 en 2002).

Le rapport estime que cette sous-déclaration coûte entre 356 et 749 millions à la collectivité. Selon l'auteur du rapport c'est la rigidité du dispositif actuel de reconnaissance qui explique cette sous-déclaration, ainsi que la crainte des salariés de perdre leur emploi. Le rapport explique que «l’ensemble des connaissances permettant d’évaluer la sous-déclaration reste à ce jour lacunaire" que " la connaissance des effets pathologiques des modes de travail manque à la fois de l’étendue et de la précision qui la rendraient vraiment opératoire dans la protection de la santé publique.»

Le rapport Diricq est consultable sur le site du ministère de la santé (voir rubrique liens ci-contre) et l'article du journal de l'environnement est accessible sur le site de journal (voir rubrique liens ci-contre) ou à l'adresse web:
http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=21700&idThema=5&idSousThema=27&type=JDE&ctx=259
Par NOUZILLE
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Vendredi 24 mars 2006
Le 22 mars, l'Arc et la fédération nationale des travailleurs handicapés ont fait le point, lors d'un colloque sur les recherches récentes en matière de cancers professionnels, longtemps "oubliées de la recherche" , qui représentent environ 10% des cancers (soit près de 15 000 décès par an en France) dans le cadre d'un programme pluridisciplinaire lancé en 2002 (Areca) piloté par le Pr Marcel Goldberg (Inserm). Les études les plus récentes montrent que les risques de certains cancers (notamment du cerveau) sont plus élévés (deux à trois fois plus élevés) chez les utilisateurs de pesticides, une donnée que d'autres études laissaient déjà largement entrevoir.
Voici le communiqué commun de l'Arc et de la Fnath sur cette journée:

"-Jacques Raynaud, Président de l'Association pour la Recherche sur le Cancer, Marcel Royez, Secrétaire général de la FNATH, association des accidentés de la vie et Marcel Goldberg, Coordonnateur du Pôle Areca 1 Epidémiologie des cancers professionnels, ont présenté aujourd’hui les premiers résultats de cet important programme de recherche.

- Ce programme engagé depuis 2002, associe les meilleures équipes de recherche françaises pour étudier le rôle de diverses nuisances vis-à-vis des cancers et mettre au point des méthodes d’évaluation des expositions professionnelles.

-Les premiers résultats obtenus sur les produits phytosanitaires et l’amiante, deux agents cancérigènes majeurs, constituent des avancées scientifiques décisives.

- Sur les pesticides et les produits phytosanitaires, l’étude Cerephy a permis de mettre en évidence aujourd’hui que les risques de tumeurs cérébrales sont multipliés par 2,6 pour les populations agricoles les plus exposées à ces produits et par plus de 3,2 pour certains types de tumeurs du cerveau. Au delà des professions agricoles qui utilisent ces produits dans le cadre de leurs activités professionnelles, ces résultats concernent également les personnes amenées à jardiner ou qui entretiennent leurs plantes d’intérieur avec ces produits.
Les résultats confirment donc la nécessité de prendre dès à présent des précautions en diminuant le niveau d’exposition des populations agricoles et des particuliers à ces produits par exemple par le port d'équipements de protection (masque, gants,...), en modifiant les méthodes d’épandage, ...

-L’étude menée par ce pôle de recherche sur le rôle particulièrement cancérigène de l’amiante et d’une vingtaine de fibres de substitution, est la plus vaste jamais initiée au niveau international. Elle va être poursuivie durant deux années encore et a pour objectif d’établir des outils de diagnostic plus précoces qui permettraient de déceler beaucoup plus tôt qu'aujourd'hui les cancers liés à l'amiante afin de mettre au point des thérapies appropriées.

-Pour les poussières de bois qui exposent à un risque de cancer des sinus, l'étude dont l'objectif est particulièrement ambitieux, a déjà permis, grâce à l’utilisation de l’outil Mat Géné - véritable système cartographique permettant d’analyser les risques d’expositions à des agents cancérigènes en fonction des parcours professionnels - de mesurer le niveau d’exposition à des agents cancérigènes et de préconiser les mesures de précaution appropriées.

-Les cancers professionnels représentent actuellement 10% des cancers. Ils étaient jusqu’ici d'une certaine manière, des « oubliés de la recherche » alors qu'ils constituent un intérêt fondamental pour les programmes de recherche sur le cancer, car les populations professionnelles sont une « population sentinelle » vis-à-vis de la population générale pour l’identification de nouvelles substances cancérigènes, compte tenu de l'importance des niveaux d’expositions et de leur durée d'exposition. Sous-déclarés, méconnus, mal pris en charge, ils doivent aujourd’hui être mieux prévenus. Les cancers professionnels méritent donc un effort de recherche accru. "
Par NOUZILLE
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