La bataille de l'eau
Paru ce jour dans le journal de l'environnement, (journaldelenvironnet.net), un article intéressant sur le projet de loi sur l'eau, en cours de discussions au Parlement
Loi sur leau: lUFC-Que choisir ouvre les hostilités
03/05/2006 11:19
A une semaine des débats de lAssemblée nationale sur le projet de loi sur leau, lUFC-Que choisir demande la création d«aquataxes» pour lagriculture. Une idée qui avait été intégrée à lavant projet de loi de Roselyne Bachelot pour être ensuite abandonnée par son successeur.
par Claire Avignon
Lassociation de consommateurs UFC-Que choisir parviendra-t-elle à réveiller le débat sur le projet de loi sur leau? Cest le pari quelle a fait en présentant, le 2 mai, lors dune conférence, son projet de réforme relatif à la diminution des effets de lagriculture sur les ressources en eau, quils concernent la pollution par les nitrates et les pesticides, ou la sécheresse. «Attention, il ne sagit pas d'exiger plus des agriculteurs pour demander moins aux consommateurs, indique Alain Bazot, président dUFC-Que choisir. Mais nous voulons que largent collecté soit redistribué au sein du monde agricole pour diminuer la pression du monde agricole sur leau. Si nous nagissons pas, nous risquons à terme daboutir à des antagonismes entre les consommateurs privés et les agriculteurs.»
La solution trouvée consiste à créer un «circuit de financement vertueux» en prélevant de largent sur les modes de production agricoles polluants pour les redistribuer à des productions plus favorables à la préservation de la ressource en eau. LUFC préconise entre autres le doublement de la prime rotationnelle (1) ou le développement de la prime herbagère. Le financement ciblerait essentiellement les régions les plus polluées comme le bassin Adour Garonne ou la Bretagne.
Côté financement, lassociation veut rassembler 1 milliard deuros annuel. Pour cela, elle souhaite que lensemble des aides de la politique agricole commune (Pac) soient consacrées aux mesures agro-environnementales. Une mesure qui serait très difficile à faire accepter par de nombreux agriculteurs qui ont, à l'heure actuelle, davantage en tête les problèmes économiques qu'environnementaux. «Comment la France pourra-t-elle être crédible au moment des prochaines négociations sur la Pac, si lon ne donne pas un signe fort lors du projet de loi de notre volonté de préserver nos ressources», plaide le président de lUFC-Que choisir. Quant aux 300 millions restants, ils proviendraient d«aquataxes» liées à lutilisation de pesticides et de nitrates et versées aux agences de leau.
La taxation sur les nitrates avait été envisagée par le ministère en charge de lenvironnement dans lune des multiples versions du projet de loi, a rappelé Roselyne Bachelot, présente à la conférence. Depuis, ce projet a été abandonné par le gouvernement. LUFC-Que choisir espère que les députés voteront un amendement en ce sens. Car pour le moment, lassociation considère le projet comme «une coquille qui sonne creux». «Or, si le Parlement vote le projet tel quil est à lheure actuelle, on est reparti pour 15 à 20 ans à rester sur le statu quo actuel», estime Alain Bazot. Verdict dans quelques jours. (1) La prime doit favoriser lalternance des cultures pour améliorer notamment la fertilité des sols
Loi sur leau: lUFC-Que choisir ouvre les hostilités
03/05/2006 11:19
A une semaine des débats de lAssemblée nationale sur le projet de loi sur leau, lUFC-Que choisir demande la création d«aquataxes» pour lagriculture. Une idée qui avait été intégrée à lavant projet de loi de Roselyne Bachelot pour être ensuite abandonnée par son successeur.
par Claire Avignon
Lassociation de consommateurs UFC-Que choisir parviendra-t-elle à réveiller le débat sur le projet de loi sur leau? Cest le pari quelle a fait en présentant, le 2 mai, lors dune conférence, son projet de réforme relatif à la diminution des effets de lagriculture sur les ressources en eau, quils concernent la pollution par les nitrates et les pesticides, ou la sécheresse. «Attention, il ne sagit pas d'exiger plus des agriculteurs pour demander moins aux consommateurs, indique Alain Bazot, président dUFC-Que choisir. Mais nous voulons que largent collecté soit redistribué au sein du monde agricole pour diminuer la pression du monde agricole sur leau. Si nous nagissons pas, nous risquons à terme daboutir à des antagonismes entre les consommateurs privés et les agriculteurs.»
La solution trouvée consiste à créer un «circuit de financement vertueux» en prélevant de largent sur les modes de production agricoles polluants pour les redistribuer à des productions plus favorables à la préservation de la ressource en eau. LUFC préconise entre autres le doublement de la prime rotationnelle (1) ou le développement de la prime herbagère. Le financement ciblerait essentiellement les régions les plus polluées comme le bassin Adour Garonne ou la Bretagne.
Côté financement, lassociation veut rassembler 1 milliard deuros annuel. Pour cela, elle souhaite que lensemble des aides de la politique agricole commune (Pac) soient consacrées aux mesures agro-environnementales. Une mesure qui serait très difficile à faire accepter par de nombreux agriculteurs qui ont, à l'heure actuelle, davantage en tête les problèmes économiques qu'environnementaux. «Comment la France pourra-t-elle être crédible au moment des prochaines négociations sur la Pac, si lon ne donne pas un signe fort lors du projet de loi de notre volonté de préserver nos ressources», plaide le président de lUFC-Que choisir. Quant aux 300 millions restants, ils proviendraient d«aquataxes» liées à lutilisation de pesticides et de nitrates et versées aux agences de leau.
La taxation sur les nitrates avait été envisagée par le ministère en charge de lenvironnement dans lune des multiples versions du projet de loi, a rappelé Roselyne Bachelot, présente à la conférence. Depuis, ce projet a été abandonné par le gouvernement. LUFC-Que choisir espère que les députés voteront un amendement en ce sens. Car pour le moment, lassociation considère le projet comme «une coquille qui sonne creux». «Or, si le Parlement vote le projet tel quil est à lheure actuelle, on est reparti pour 15 à 20 ans à rester sur le statu quo actuel», estime Alain Bazot. Verdict dans quelques jours. (1) La prime doit favoriser lalternance des cultures pour améliorer notamment la fertilité des sols
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