Tchernobyl: Pellerin en examen
Ci-dessous le communiqué de la CRIIRAD, et de l'AFMT (association française des malades de la thyroïde) parties civiles dans la procédure judiciaire sur les retombées de Tchernobyl en France, où le professeur Pellerin a été mis en examen hier.
Communiqué conjoint de la CRIIRAD et de lAFMT - Jeudi 1er juin 2006
Mise en examen du Pr PELLERIN pour tromperie aggravée dans le dossier Tchernobyl / malades de la thyroïde
Réaction des parties civiles : AFMT et CRIIRAD
LAssociation Française des Malades de la Thyroïde et la Commission de Recherche et dInformation Indépendantes sur la Radioactivité avaient déposé plainte contre X, le 1er mars 2001, conjointement avec une cinquantaine de malades (environ 500 aujourdhui) afin de faire sanctionner lincapacité de lÉtat français à assurer la protection de la population française contre les retombées radioactives consécutives à laccident survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986.
Les deux associations se félicitent de la mise en examen du Professeur Pellerin qui était à lépoque directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants et avait, à ce titre, pour principale mission de surveiller la contamination du territoire français et dalerter si nécessaire le ministère de la Santé afin que des mesures de protection soient prises. Les preuves accumulées depuis 20 ans, et confirmées par linstruction, démontrent quil a complètement failli à sa mission en publiant des chiffres très fortement sous-évalués et en nassurant pas la protection des populations à risque, et en particulier des enfants.
La mise en examen de lancien directeur du SCPRI constitue un geste fort auquel sont sensibles toutes les personnes qui souffrent aujourdhui dune pathologie susceptible davoir été provoquée par leur exposition aux retombées de Tchernobyl et tous ceux qui luttent depuis 20 ans aux côtés de la CRIIRAD afin que toute la lumière soit faite sur ce dossier.
La décision de Mme Bertella-Geffroy intervient alors que les pouvoirs publics couvrent depuis 20 ans les fautes commises en 1986 et que des organismes publics et des personnalités scientifiques de premier plan ont usé de leur notoriété pour réécrire lhistoire et exonérer lÉtat français et le professeur Pellerin de toute responsabilité. Les associations tiennent dailleurs à saluer le travail de la magistrate qui a poursuivi les investigations en dépit des pressions, des obstacles et de lindigence des moyens attribués au pôle santé publique.
La CRIIRAD et lAFMT sont conscientes que la Justice ne pourra sanctionner quune petite partie des fautes commises du fait des contraintes de laction juridique (délais de prescription, définition des chefs dinculpation, caractère non spécifique des cancers radio-induits, modalités de la charge de la preuve, etc). Cependant, dans un contexte de négation totale et systématique des fautes commises en 1986, la décision de mise en examen sur la base du délit de tromperie aggravée constitue une avancée dune extrême importance.
La Justice est en effet, à ce jour, la seule institution à avoir fait un pas vers létablissement de la vérité et la recherche des responsabilités. Du côté des pouvoirs publics, de la représentation nationale et des services officiels, cest la politique de lautruche et le silence qui prédominent ... quand ce nest pas la complicité active.
LAFMT et la CRIIRAD se battent depuis des années pour que la gravité des dysfonctionnements passés soit reconnue et que de telles situations ne puissent pas se reproduire. Elles ne peuvent, malheureusement, que constater quen cas daccident la population na pas plus de garantie quen 1986 que la défense des intérêts sanitaires lemportera sur les considérations financières et économiques. Lincapacité à reconnaître les fautes passées laisse mal augurer de lavenir.
La démarche conjointe de la CRIIRAD et de lAFMT est une démarche citoyenne pour que soient préservés la santé et le droit des personnes face aux intérêts particuliers des lobbies nucléaires ou dune prétendue raison dÉtat. Elles espèrent que lactuelle instruction débouchera sur un procès à la hauteur de ces enjeux.
Communiqué conjoint de la CRIIRAD et de lAFMT - Jeudi 1er juin 2006
Mise en examen du Pr PELLERIN pour tromperie aggravée dans le dossier Tchernobyl / malades de la thyroïde
Réaction des parties civiles : AFMT et CRIIRAD
LAssociation Française des Malades de la Thyroïde et la Commission de Recherche et dInformation Indépendantes sur la Radioactivité avaient déposé plainte contre X, le 1er mars 2001, conjointement avec une cinquantaine de malades (environ 500 aujourdhui) afin de faire sanctionner lincapacité de lÉtat français à assurer la protection de la population française contre les retombées radioactives consécutives à laccident survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986.
Les deux associations se félicitent de la mise en examen du Professeur Pellerin qui était à lépoque directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants et avait, à ce titre, pour principale mission de surveiller la contamination du territoire français et dalerter si nécessaire le ministère de la Santé afin que des mesures de protection soient prises. Les preuves accumulées depuis 20 ans, et confirmées par linstruction, démontrent quil a complètement failli à sa mission en publiant des chiffres très fortement sous-évalués et en nassurant pas la protection des populations à risque, et en particulier des enfants.
La mise en examen de lancien directeur du SCPRI constitue un geste fort auquel sont sensibles toutes les personnes qui souffrent aujourdhui dune pathologie susceptible davoir été provoquée par leur exposition aux retombées de Tchernobyl et tous ceux qui luttent depuis 20 ans aux côtés de la CRIIRAD afin que toute la lumière soit faite sur ce dossier.
La décision de Mme Bertella-Geffroy intervient alors que les pouvoirs publics couvrent depuis 20 ans les fautes commises en 1986 et que des organismes publics et des personnalités scientifiques de premier plan ont usé de leur notoriété pour réécrire lhistoire et exonérer lÉtat français et le professeur Pellerin de toute responsabilité. Les associations tiennent dailleurs à saluer le travail de la magistrate qui a poursuivi les investigations en dépit des pressions, des obstacles et de lindigence des moyens attribués au pôle santé publique.
La CRIIRAD et lAFMT sont conscientes que la Justice ne pourra sanctionner quune petite partie des fautes commises du fait des contraintes de laction juridique (délais de prescription, définition des chefs dinculpation, caractère non spécifique des cancers radio-induits, modalités de la charge de la preuve, etc). Cependant, dans un contexte de négation totale et systématique des fautes commises en 1986, la décision de mise en examen sur la base du délit de tromperie aggravée constitue une avancée dune extrême importance.
La Justice est en effet, à ce jour, la seule institution à avoir fait un pas vers létablissement de la vérité et la recherche des responsabilités. Du côté des pouvoirs publics, de la représentation nationale et des services officiels, cest la politique de lautruche et le silence qui prédominent ... quand ce nest pas la complicité active.
LAFMT et la CRIIRAD se battent depuis des années pour que la gravité des dysfonctionnements passés soit reconnue et que de telles situations ne puissent pas se reproduire. Elles ne peuvent, malheureusement, que constater quen cas daccident la population na pas plus de garantie quen 1986 que la défense des intérêts sanitaires lemportera sur les considérations financières et économiques. Lincapacité à reconnaître les fautes passées laisse mal augurer de lavenir.
La démarche conjointe de la CRIIRAD et de lAFMT est une démarche citoyenne pour que soient préservés la santé et le droit des personnes face aux intérêts particuliers des lobbies nucléaires ou dune prétendue raison dÉtat. Elles espèrent que lactuelle instruction débouchera sur un procès à la hauteur de ces enjeux.
Publicité