Cancers professionnels: des nouvelles études

Publié le par NOUZILLE

Le 22 mars, l'Arc et la fédération nationale des travailleurs handicapés ont fait le point, lors d'un colloque sur les recherches récentes en matière de cancers professionnels, longtemps "oubliées de la recherche" , qui représentent environ 10% des cancers (soit près de 15 000 décès par an en France) dans le cadre d'un programme pluridisciplinaire lancé en 2002 (Areca) piloté par le Pr Marcel Goldberg (Inserm). Les études les plus récentes montrent que les risques de certains cancers (notamment du cerveau) sont plus élévés (deux à trois fois plus élevés) chez les utilisateurs de pesticides, une donnée que d'autres études laissaient déjà largement entrevoir.
Voici le communiqué commun de l'Arc et de la Fnath sur cette journée:

"-Jacques Raynaud, Président de l'Association pour la Recherche sur le Cancer, Marcel Royez, Secrétaire général de la FNATH, association des accidentés de la vie et Marcel Goldberg, Coordonnateur du Pôle Areca 1 Epidémiologie des cancers professionnels, ont présenté aujourd’hui les premiers résultats de cet important programme de recherche.

- Ce programme engagé depuis 2002, associe les meilleures équipes de recherche françaises pour étudier le rôle de diverses nuisances vis-à-vis des cancers et mettre au point des méthodes d’évaluation des expositions professionnelles.

-Les premiers résultats obtenus sur les produits phytosanitaires et l’amiante, deux agents cancérigènes majeurs, constituent des avancées scientifiques décisives.

- Sur les pesticides et les produits phytosanitaires, l’étude Cerephy a permis de mettre en évidence aujourd’hui que les risques de tumeurs cérébrales sont multipliés par 2,6 pour les populations agricoles les plus exposées à ces produits et par plus de 3,2 pour certains types de tumeurs du cerveau. Au delà des professions agricoles qui utilisent ces produits dans le cadre de leurs activités professionnelles, ces résultats concernent également les personnes amenées à jardiner ou qui entretiennent leurs plantes d’intérieur avec ces produits.
Les résultats confirment donc la nécessité de prendre dès à présent des précautions en diminuant le niveau d’exposition des populations agricoles et des particuliers à ces produits par exemple par le port d'équipements de protection (masque, gants,...), en modifiant les méthodes d’épandage, ...

-L’étude menée par ce pôle de recherche sur le rôle particulièrement cancérigène de l’amiante et d’une vingtaine de fibres de substitution, est la plus vaste jamais initiée au niveau international. Elle va être poursuivie durant deux années encore et a pour objectif d’établir des outils de diagnostic plus précoces qui permettraient de déceler beaucoup plus tôt qu'aujourd'hui les cancers liés à l'amiante afin de mettre au point des thérapies appropriées.

-Pour les poussières de bois qui exposent à un risque de cancer des sinus, l'étude dont l'objectif est particulièrement ambitieux, a déjà permis, grâce à l’utilisation de l’outil Mat Géné - véritable système cartographique permettant d’analyser les risques d’expositions à des agents cancérigènes en fonction des parcours professionnels - de mesurer le niveau d’exposition à des agents cancérigènes et de préconiser les mesures de précaution appropriées.

-Les cancers professionnels représentent actuellement 10% des cancers. Ils étaient jusqu’ici d'une certaine manière, des « oubliés de la recherche » alors qu'ils constituent un intérêt fondamental pour les programmes de recherche sur le cancer, car les populations professionnelles sont une « population sentinelle » vis-à-vis de la population générale pour l’identification de nouvelles substances cancérigènes, compte tenu de l'importance des niveaux d’expositions et de leur durée d'exposition. Sous-déclarés, méconnus, mal pris en charge, ils doivent aujourd’hui être mieux prévenus. Les cancers professionnels méritent donc un effort de recherche accru. "

Publié dans Santé au travail

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